«Meurtres à Cognac»: Jean-Yves Lafesse, une ultime fois

«Meurtres à Cognac»: Jean-Yves Lafesse, une ultime fois
Isopix

La nouvelle a pris tout le monde par surprise en juillet dernier et avait même suscité l’incrédulité tant elle était inattendue. Durant la torpeur estivale, entre deux vagues de coronavirus, on apprenait le décès de Jean-Yves Lafesse à seulement 64 ans. Il n’a pas été emporté par le covid, mais a succombé à la maladie de Charcot, diagnostiquée à peine un an plus tôt. « Son état s’était brutalement dégradé dans les dernières 24 heures », avait précisé un proche de l’humoriste, en ajoutant qu’il s’était engagé dans une association réunissant des personnes atteintes de cette maladie neurodégénérative, qui se traduit par une paralysie progressive des muscles.

De son vrai nom Jean-Yves Lambert, l’humoriste avait choisi le pseudonyme de Lafesse en référence à la partie la plus charnue de son anatomie qui lui a servi à inscrire un unique but lorsqu’il jouait des compétitions de foot durant son adolescence ! Autant dire qu’avec un tel nom de scène, il était prédestiné quelque part à devenir un des rois de la provoc sur le petit écran. Il avait d’abord commencé au début des années 80 sur les ondes au moment de l’explosion des radios libres en France. D’emblée, il se distingue par ses impostures téléphoniques, qui deviendront sa marque de fabrique. De quoi se faire repérer par les chaînes de télévision. On le retrouvera aussi bien sur Canal+ que TF1, France 2 ou M6. Sur France 3, il interviewe des quidams en rue, une carotte à la main. Plus tard, il peaufinera son style, en utilisant son auriculaire comme micro et en concluant ses séquences par son légendaire « Pourvu que ça dure ».

Jean-Yves Lafesse était à ses heures acteur, avec des rôles secondaires dans des films comme « L’arnacœur », en 2010. En 2014, il était la tête d’affiche du téléfilm « La guerre des ondes », où il campait Pierre Dac, un autre maître de l’absurde. Et en 2019, il participait à « Meurtres à Cognac », que rediffuse la RTBF ce vendredi. « Je ne me considère pas comme un comédien ou un comique, mais comme un déconneur professionnel, plus dans l’artisanat que dans un star-system qui ne m’intéresse pas », estimait-il pourtant dans une interview en 2020. « Un peu dans l’esprit de la commedia dell’arte et de ces comédiens qui arrivaient dans un village, s’installaient sur la place et embarquaient le public dans leur farce. »

Revigoré… par le covid

Si, dans la deuxième moitié des années 2000, il commence à être moins présent sur le petit écran, ses impostures ne faisant plus autant recette, il avait connu un regain de popularité au début de la crise du coronavirus, lors des premiers confinements, où il avait retrouvé toute sa verve. « J’ai joué mon rôle, celui de déconneur professionnel », expliquait-il. « J’ai régulièrement mis en ligne des petites vidéos humoristiques sur ma page Facebook. Je suis passé de 180000 à 300000 abonnés durant le confinement. La preuve que le rire reste indispensable en toutes circonstances. » Un rire qui va nous manquer désormais…

« Meurtres à Cognac », 21 janvier, 20h50, la Une.

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