«Je suis choquée qu’on puisse mettre en doute sa sincérité»: Anne-Claire Coudray répond à la polémique sur l’interview de Stromae au 20h de TF1

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Un moment de télévision dont on se souviendra longtemps. © Christophe Chevalin/TF1
Un moment de télévision dont on se souviendra longtemps. © Christophe Chevalin/TF1

Le dimanche 9 janvier, Stromae donnait une interview au JT de TF1 qui a fait date et restera sans doute dans les annales du petit écran. Alors qu’Anne-Claire Coudray lui posait une question sur son mal-être, il a répondu en chantant l’une de ses nouvelles chansons, « L’enfer », qui parle du suicide. Un instant de télévision comme on n’en voit quasi plus. Anne-Claire Coudray elle-même n’est pas près d’oublier cette interview, dont elle dévoile les coulisses cette semaine dans « Ciné-Télé-Revue ». Mais si, dans un premier temps, l’intervention de Stromae a conquis le public, il n’a pas fallu attendre longtemps pour que quelques grincheux viennent s’en offusquer, notamment des éditorialistes français estimant que la frontière entre l’information et la promo avait été franchie et qu’on était de plain-pied dans ce qu’on appelle l’infotainment. Des accusations que balaye d’un revers de la main Anne-Claire Coudray.

« Sincèrement, je ne vois pas où est le débat. Il suffit de voir la réaction du patron de l’OMS, qui a remercié Stromae d’avoir abordé le sujet difficile du suicide. Notre mission, c’est d’apporter quelque chose aux téléspectateurs et ça a été le cas. On est là aussi pour apporter des moments de vérité et là encore c’est ce qui s’est passé. J’ai été choquée que certains puissent mettre en doute la sincérité de Stromae. Pour parler de sujets aussi personnels devant sept millions de téléspectateurs, il faut du courage. Je pense que s’il a choisi le journal télévisé, c’est pour sa sobriété et sa solennité. Je ne vois pas comment on n’aurait pas pu accepter cela, car il vient tout de même évoquer des choses pas faciles. Il n’aurait d’ailleurs pas pu nous chanter une autre chanson. Ce morceau est légitime, car il nous parle de choses qui lui sont très personnelles. S’il était venu avec une chanson qui n’avait rien à voir avec le sujet, on n’aurait pas accepté. Pour moi, la frontière est assez claire. Le journal télévisé, on n’en fait pas ce qu’on veut. C’est une institution. Et je suis contente qu’on ait été capable d’offrir ce genre d’audace tout en répondant à notre mission, parler de notre société, de ce qu’on est, de notre humanité. »

On remarquera au passage que l’interprète de « Formidable » est venu en costume-cravate. « Il s’est vraiment adapté aux codes du journal télévisé. S’il a choisi le J.T., ce n’est pas anodin. Il avait conscience que son interview n’était pas juste celle du retour d’un artiste, mais aussi celle d’un homme qui a eu besoin de se poser, de prendre du recul. Et pour toutes ces raisons, il a trouvé que le plateau du journal était le bon endroit. » Pour le reste, Anne-Claire Coudray a fait son job de journaliste sans entrave. « La question sur son mal-être est la seule que je lui ai soumise à l’avance, car il fallait qu’elle corresponde totalement aux premiers mots de sa chanson, pour qu’on comprenne tout de suite qu’il me répondait en chanson. Mais il n’a pas eu les autres questions au préalable. D’ailleurs, il ne les voulait pas. Il a joué le jeu de l’interview comme peu le font. C’était une vraie conversation, qui a préparé à la sincérité du passage chanté. » Et la journaliste de rappeler que l’interview avait fait l’unanimité sur les réseaux sociaux. « Ce qui est rarissime. C’est la meilleure preuve que ce moment, c’était un instant de vérité. »

Retrouvez l’intégralité de l’interview d’Anne-Claire Coudray dans le Ciné-Télé-Revue sorti ce 20 janvier.