Production audiovisuelle: Bénédicte Linard accueille avec prudence la proposition de faire payer bien plus les géants du web comme Netflix ou Disney+

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Belga

En vertu du décret sur les services de médias audiovisuels (SMA) adopté l’an dernier, tous les éditeurs audiovisuels, qu’ils soient nationaux ou internationaux, en ce compris Netflix, Amazon Prime ou Disney+, qui ciblent le marché francophone belge doivent y financer la production de programmes, films ou séries.

Cette contribution est fixée actuellement à 2,2 % maximum du chiffre d’affaires réalisé chez nous par ces opérateurs. Dans un avis récent, l’Union des producteurs francophones de films (UPFF) recommande de porter cette contribution à 15 % pour les gros opérateurs.

Interrogée mardi en commission du Parlement par plusieurs députés, la ministre écologiste s’est toutefois montrée très prudente envers de tels niveaux de contribution.

Tout en disant vouloir modifier les taux applicables de manière « ambitieuse et structurante » dans un avenir proche, Mme Linard a indiqué que la hausse généralisée proposée par le secteur du cinéma reviendrait pour certains d’entre eux à… quintupler leurs obligations de contribution financière, ce qui pourrait avoir pour effet de les faire fuir, s’est-elle inquiétée.

« Il est donc essentiel d’accompagner une augmentation de ces taux d’une réflexion profonde sur le type d’œuvres éligibles et sur la dimension culturelle de celles-ci afin de ne pas enclencher des effets pervers contre-productifs tel que l’évitement de la Fédération Wallonie-Bruxelles comme territoire de diffusion par certaines plateformes, ce qui pénaliserait le secteur tout comme les spectateurs », a fait valoir la ministre.

Celle-ci a notamment cité le cas de l’éditeur étranger HBO Max qui a décidé récemment de s’implanter sur en Europe, mais pas en Fédération Wallonie-Bruxelles où le marché a été jugé trop exigu et trop complexe d’un point de vue régulatoire, a-t-elle expliqué.

Devant les députés, Mme Linard a précisé attendre à présent l’avis du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) sur cette proposition d’augmentation.

Une fois celui-ci remis, elle soumettra alors au gouvernement de nouveaux taux de contribution. Elle espère les voir d’application dès 2023, a-t-elle conclu.

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