Ludivine Dedonder: «Je déconseille aux Belges de prendre les armes pour aller se battre pour l’Ukraine, il y a d’autres moyens d’aider le pays.»

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Belga

« Il y a une crainte dans la population de voir une guerre sur le continent européen. Cela ne doit pas être une psychose. Nous n’avons pas de signalement d’un risque de guerre sur notre territoire à ce stade. Nous n’allons pas en Ukraine, nous restons à l’intérieur des frontières de l’Otan et nous nous déployons pour protéger. La cible russe reste l’Ukraine. »

Nos troupes sont prêtes ?

« Elles s’entraînent à longueur d’années pour protéger les frontières de l’Otan et prêtes à être déployées de manière rapide (Voir édition de vendredi de sudinfo). Nous partons dans le cadre d’un bataillon belgo-français avec un commandement français sous la responsabilité du commandant militaire de l’Otan (pour la Roumanie). Pour l’Estonie, notre mission a été étendue. Nous y étions déjà. Ils vont couvrir une partie plus large au niveau aérien notamment en allant jusqu’en Pologne. Nous avons 4 F16 là-bas. »

Les familles des militaires pourront communiquer avec les militaires ?

« Il y aura notamment un groupe Facebook fermé pour les familles tout en tenant compte des mesures de sécurité. »

Vous allez vous rendre sur place ?

« Je vais leur rendre visite une fois qu’ils seront installés. Je vais aller en Estonie le 16 mars et après en Roumanie. La date n’est pas encore arrêtée. »

L’hôpital militaire est prêt ?

« Il pourra accueillir des blessés ukrainiens. Si les blessés sont des grands brûlés, ils seront gardés à l’hôpital militaire… s’il s’agit, par contre, d’autres pathologies, ils seront réorientés vers d’autres hôpitaux civils qui correspondent le mieux à la pathologie (cardiaque…). À ce jour, nous n’avons pas encore été sollicités pour en accueillir. »

Avons-nous des bunkers ou des protections particulières contre le risque nucléaire à l’hôpital militaire ?

« Nous ne communiquons à ce niveau. »

Pourquoi ne pas avoir livré des armes tout de suite à l’Ukraine ?

« Au tout début, avec le gouvernement, nous prônions la désescalade dans cette crise. Dès que la situation s’est dégradée, nous avons revu notre position avec l’entrée des troupes russes en Ukraine. Avec d’autres pays, nous avons fourni le matériel. »

Va-t-on fournir des armes de la FN ?

« Actuellement, nous ne fournissons que des stocks de la Défense (fusils, missiles anti-chars). Par contre, le gouvernement, suivant les demandes, pourrait décider d’aller plus loin, mais ce n’est pas encore le cas actuellement. Tout cela se fait en coordination avec les autres pays. »

Au niveau de la cybersécurité, l’attaque de décembre contre la Défense provenait de la Russie ?

« Nous avons pris des mesures pour renforcer la protection de nos systèmes. À ce jour, nous ne savons pas encore avec certitude si l’attaque provenait de la Russie ou pas. L’enquête se poursuit. »

On ne fait que se défendre en matière de cybersécurité ?

« Nous sommes proactifs aussi. Nous pouvons aussi faire de « l’infiltration » pour nous défendre. »

Que pensez-vous de la défense des Ukrainiens ?

« Que cela soit le Président ou le peuple ukrainien, on voit que les Russes ont sous-estimé leur force, leur résilience et leur capacité de défense. On voit un peuple qui tient à son pays. Par ailleurs, l’OTAN et l’UE n’ont jamais été aussi unis. »

Certains partent se battre pour l’Ukraine ?

« Je déconseille aux Belges de prendre les armes pour aller se battre pour l’Ukraine. Il y a d’autres moyens d’aider le pays. »

V.Li.

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