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Standard: Luka Elsner n’a pas résisté à un bilan catastrophique

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Photo News

À peine la vente du Standard à 777 Partners a-t-elle été clôturée qu’une première décision, purement sportive, est tombée : Luka Elsner et son adjoint Serge Costa ont été remerciés mercredi. Sans aucune surprise tant il était clair que le sort du technicien franco-slovène était scellé et que sa mission s’arrêterait ici. « Si les trois semaines et demie qui viennent doivent servir à préparer la saison 2022-2023, est-il opportun de maintenir en place un coach et un staff qui, de toute évidence, seront appelés à céder le relais ? », nous interrogions-nous dans nos éditions de mercredi, ajoutant que la situation de l’ancien T1 de Courtrai serait un point sur lequel 777 Partners allait « devoir rapidement statuer, si ce n’est déjà fait… » Comme nous le pensions, le couperet est effectivement rapidement tombé. Du coup, c’est Will Still qui assurera la conduite des entraînements jusqu’au 13 mai et coachera les matches amicaux face à Virton (ce vendredi) et Roda JC (le 29 avril), soutenu par le reste du staff en place, dont Jean-François Gillet et les deux préparateurs physiques, Renaat Philippaerts et Kevin Miny.

Dans les couloirs du Stayen, où la saison du Standard s’était officiellement achevée le 10 avril, Luka Elsner était resté longtemps immobile, perdu dans ses pensées, les yeux rivés sur le sol avant de remplir ses obligations médiatiques. Un petit peu plus de six mois après son engagement et sa volonté de vivre « une aventure exceptionnelle » au sein d’un club qui le faisait rêver tant « il fait vivre des émotions fortes », le constat d’échec est retentissant. Dans la foulée de Mbaye Leye, remercié sur un bulletin de 43,3 % des points, le technicien franco-slovène a fait bien pire, avec un score de 31,9 %. La marche était-elle trop haute ? Ou le mal trop profond pour espérer inverser le cours des choses ? Un peu des deux sans doute.

Toujours est-il qu’après s’être fait un nom à l’Union Saint-Gilloise, qu’il avait amené sur la troisième place du podium de la division 1B derrière Malines et le Beerschot et en demi-finale de la Coupe de Belgique 2018-2019 après avoir éliminé Anderlecht et Genk, Luka Elsner a vu, depuis son départ du Parc Duden, son étoile pâlir. Il avait d’abord quitté Amiens par la petite porte, limogé après un mauvais départ en Ligue 2 française, dans la foulée d’une relégation attendue et d’un bilan comptable de 28,3 % des points. Recasé à Courtrai, il avait, à cheval sur deux saisons, empoché 36,8 % des unités avant que Mogi Bayat ne l’embarque à Sclessin, où la greffe n’aura jamais pris.

« On ne sort pas indemne d’une telle expérience et d’une saison aussi catastrophique », confiait Elsner à Saint-Trond, « mais cela n’enlèvera rien à mon enthousiasme de continuer à faire ce métier et à ma volonté de réussir. Cela façonnera par contre mon travail futur et la façon dont je vais voir mon rôle à l’avenir… » Un peu, qui sait, à la façon de Felice Mazzù, qui après s’être pris les pieds dans le tapis à Genk, en a tiré les leçons pour revenir plus fort et rebondir, et de quelle façon, du côté de l’Union. Ou de Hein Vanhaezebrouck qui, après un échec à Anderlecht, est vite redevenu le King à Gand.

S’il ne peut endosser à lui seul tout le poids de tous les maux, le technicien franco-slovène, arrivé en bord de Meuse avec des étoiles plein les yeux, a, et il est le premier à le reconnaître, sa part de responsabilité. Celle d’avoir, dès le départ, mal évalué le potentiel du groupe mis à sa disposition, en affirmant qu’il recelait suffisamment de qualités pour viser plus haut, avant de vite réclamer du sang neuf lors du mercato de janvier, sur lequel il aura pleinement pesé. En précipitant notamment le départ de Jackson Muleka, dont la réussite à Kasimpasa (9 buts et 3 assists en 9 sorties) aura contrasté avec l’animation offensive inexistante d’une équipe liégeoise qui n’aura trouvé l’ouverture qu’à… 3 reprises depuis le départ de l’international congolais.

« Je ne peux ignorer ma part de responsabilité dans cet échec », avait déjà reconnu Elsner. « On en a tous une. Moi, mon staff, les joueurs. Je n’ai jamais réussi à trouver les solutions et ce n’est pas faute d’avoir essayé… » Quitte à changer complètement, sans être contredit par qui que ce soit, les plans et le projet établis quelques semaines plus tôt en concertation avec Mbaye Leye, en réhabilitant du jour au lendemain Dussenne, Carcela et Lestienne et en reléguant à l’inverse dans la hiérarchie plusieurs jeunes prometteurs, comme Ameen Al-Dakhil, incitant du coup celui-ci à s’en aller et à accepter la proposition de Saint-Trond.

À Sclessin, où les émotions sont toujours vécues plus fortement qu’ailleurs, le charme de Luka Elsner, pourtant très attachant sur le pan humain, n’aura jamais opéré. Parce que l’intéressé n’a jamais su imposer de ligne directrice dans le jeu proposé, à insuffler son énergie et à dynamiser un groupe dont la seule régularité, à quelques soubresauts près, aura été dans la médiocrité. Ses méthodes de management, axées sur l’échange et le dialogue, n’auront pas davantage fonctionné, donnant au final le sentiment d’avoir sans cesse tenté des expérimentations, sur et en dehors du terrain, sans jamais pouvoir poser des bases solides. Tout à l’opposé d’un Mbaye Leye mort avec ses principes, qui partait du constat que le renouveau du Standard devait passer par une phase à la dure, par plus d’autorité, avec des joueurs qui avaient oublié que l’intérêt du club passait devant les leurs. À l’arrivée, l’approche plus participative de Luka Elsner, avec son lot de changements et d’adaptations permanents, aura donné de moins bons résultats encore.

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