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Cent dix ans après son naufrage, le «Titanic» fascine encore

Réel ou fictif, tout ce qui touche de près ou de loin au «Titanic», déchaîne les passions. L’histoire de Franck Lefebvre, la découverte de sa tombe, de son visage, et même la lettre de Mathilde dans la bouteille à la mer, qui serait un faux, en sont des preuves, cent dix ans après le naufrage.

Canular ou pas? C’est le débat qui anime les passionnés du Titanic depuis que l’affaire de la bouteille à la mer a fait surface. Retour en arrière. En 2017, sur une plage canadienne, une famille découvre une petite bouteille en verre contenant un message daté du 13 avril 1912 et signé Mathilde Lefebvre. Cette jeune Liévinoise de 12 ans, fille de Franck Lefebvre, enterré à Haillicourt, a disparu dans le naufrage du Titanic avec sa mère et trois de ses frères et sœurs, alors qu’elle voyageait en troisième classe.

Il y a 110 ans, le 14 avril 1912, dans la nuit, le «Titanic» percutait un iceberg. Le lendemain, il sombrait.
Il y a 110 ans, le 14 avril 1912, dans la nuit, le «Titanic» percutait un iceberg. Le lendemain, il sombrait. - AFP

L’an dernier, nous avions découvert l’histoire de Franck Lefebvre. Un récit qui allait nous emmener dans un émouvant voyage. Parce que le destin de cet homme, mineur liévinois, parti chercher des jours meilleurs aux États-Unis avant d’être expulsé par les services de l’immigration… nous semblait incroyable.

Suite à la parution de cet article, le neveu de Franck, Jacques, qui vit à Aix-en-Provence avec son épouse Hélène, nous racontait donc l’improbable découverte, de cette lettre dans une bouteille, signée de la fille de Franck, et datée de la veille du naufrage. De quoi monter d’un cran dans l’extraordinaire.

La lettre retrouvée dans la bouteille à la mer, sur une plage du Canada, en 2017.
La lettre retrouvée dans la bouteille à la mer, sur une plage du Canada, en 2017.

«Jamais vu son visage»

Puis le lendemain, cet appel d’une octogénaire haillicourtoise, Paule: «J’ai connu Franck, je sais où est sa tombe à Haillicourt et je crois bien que j’ai une photo de lui», assurait cette ancienne voisine. «Oh mon dieu, nous n’avons jamais vu son visage, quelle émotion!» avait réagi Hélène. L’histoire devenait alors presque épidermique.

Le visage de Franck Lefebvre.
Le visage de Franck Lefebvre.

De surprise en surprise, le récit s’est enrichi. D’autres interlocuteurs sont venus alimenter le débat: Simon Delattre, journaliste à l’Acadie nouvelle, Luc Bureller, passionné de généalogie, Antoine Resche, président de l’association française du Titanic

«Proche d’un faux»

Mais une psychomotricienne originaire de Lille et installée à Prague, Caroline Haudsenblas, s’est penchée sur la question. «Dans le cadre de ma profession, je suis formée au développement de l’écriture et à la rééducation de ses troubles. Passionnée par l’histoire, je mène des recherches sur le “Titanic” depuis 2014. Ces faits m’ont donc amenée à étudier la lettre.»

Caroline Hausenblas parle, dans son analyse, d’usurpation d’identité.
Caroline Hausenblas parle, dans son analyse, d’usurpation d’identité.

Dans un rapport de 51 pages, elle conclut que «l’analyse tend à montrer que cette lettre est bien plus proche d’un faux que d’un document authentique». D’abord, «la graphie manuscrite du document ne correspond pas aux standards et normes de l’écriture» de 1912 et aurait tout «d’une écriture moderne». Et puis, il semble que l’auteur de la lettre soit trop dans le contrôle et «tente de dissimuler les caractéristiques propres de son écriture pour endosser une autre identité, celle de Mathilde». Il y a aussi le vocabulaire utilisé, «certains mots traduisent la présence de connaissances anachroniques des événements». Même la déchirure du papier «bien contrôlée» est troublante.

Caroline Hausenblas a entendu parler de la lettre en mai 2021, elle a fait une analyse très rigoureuse.
Caroline Hausenblas a entendu parler de la lettre en mai 2021, elle a fait une analyse très rigoureuse.

«Buzz»

Selon elle, «nous pouvons conclure que, jusqu’à preuve du contraire, ce document n’a pas été écrit par Mathilde Lefebvre (…) Tout laisse à penser qu’il relève d’un vol d’identité en vue de réaliser un canular autour d’un sujet historique». Pour elle, «il s’agit plutôt d’un canular en vue de créer le buzz et/ou de voir le document vendu aux enchères ou acheté par un musée ou un particulier pour une forte somme. Ce procédé est retrouvé dans de nombreuses histoires de faussaires d’objets d’art ou d’objets historiques et archéologiques».

Frise

Pour les descendants des Lefebvre, cette étude est un nouvel élément, mais n’apporte toujours pas de certitude qu’il s’agit d’un faux. Jacques et Hélène Lefebvre continuent de penser «qu’on ne saura peut-être jamais la vérité». Luc Bureller «aurait quand même bien aimé y croire», mais doute depuis le début de cette histoire et encore plus face à cette étude.

Fin de l’histoire? Pas si sûr, car vraie et fausse, la lettre a fait le buzz… et est entrée, «malheureusement» pour certains, dans la légende du « Titanic ».

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