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Présidentielle 2022: Marine Le Pen, battue par Macron, voit dans son score «une éclatante victoire» (vidéo)

Présidentielle 2022: Marine Le Pen, battue par Macron, voit dans son score «une éclatante victoire» (vidéo)

« Les idées que nous représentons arrivent à des sommets (…) Le résultat représente en lui-même une éclatante victoire », a-t-elle déclaré depuis son QG électoral dimanche soir, peu après la publication des estimations qui donnaient Emmanuel Macron réélu.

« Nous lançons ce soir la grande bataille électorale des législatives. Je mènerai cette bataille aux côtés de Jordan Bardella, avec tous ceux qui ont eu le courage de s’opposer à Emmanuel Macron au second tour, avec tous ceux qui ont la France chevillée au corps », a-t-elle ajouté.

« Je poursuivrai mon engagement pour la France et les Français », a promis la candidate du Rassemblement national. « Je mènerai cette bataille ».

« Le RN oeuvrera à unir tous ceux d’où qu’ils viennent qui veulent se rassembler et rassembler leurs forces contre Emmanuel Macron afin de présenter ou de soutenir des candidats partout », a-t-elle lancé.

« Je n’ai aujourd’hui aucun ressentiment dans cette défaite » et « je ne peux m’empêcher de sentir une forme d’espérance (…) Cette France trop oubliée, nous, nous ne l’oublions pas », a souligné Mme Le Pen.

Marine Le Pen essuie sa troisième défaite mais avec un score historiquement haut

Marine Le Pen a essuyé dimanche sa troisième défaite à la présidentielle, mais avec un score historiquement haut pour l’extrême droite, qui devrait rester une force dominante de l’opposition à Emmanuel Macron.

La candidate du Rassemblement national a réuni autour de 42% des voix selon les estimations, soit environ 8 points de plus qu’en 2017, quand elle avait déjà affronté le même adversaire.

«Les idées que nous représentons arrivent à des sommets» et «le résultat de ce soir représente en lui-même une éclatante victoire», a estimé Marine Le Pen depuis le pavillon d’Armenonville, dans le 16e arrondissement de Paris, où était organisée sa soirée électorale.

Elle a assuré qu’elle «poursuivrait (son) engagement» politique et appelé à la «bataille» des législatives en juin «avec tous ceux qui ont eu le courage de s’opposer à Emmanuel Macron au second tour» et «qui ont la France chevillée au corps».

Elle-même devrait se représenter à la députation dans le Pas-de-Calais, a indiqué sur TF1 le président par intérim du RN, Jordan Bardella.

«Marine, marine», criaient ses partisans, qui ont hué Emmanuel Macron quand son visage est apparu sur les écrans. Certains sont furieux, d’autres émus.

Olivier Monde, cadre infirmier de 62 ans, est énervé: «Les Français vont avoir ce qu’ils méritent, cinq ans de galère supplementaire».

«Bipolarisation»

«C’est une grande victoire d’arracher un 2e tour alors qu’il y avait Eric Zemmour», qui a réuni 7% des voix, «la bipolarisation se confirme», a estimé Philippe Olivier, beau-frère et proche conseiller de Marine Le Pen.

En outre-mer, où la candidate RN est arrivée largement en tête, «la diabolisation ne semble pas avoir pris», selon lui.

«Hélas, c’est la huitième fois que la défaite frappe le nom de Le Pen», a attaqué son rival Eric Zemmour, qui n’avait cessé pendant la campagne de dire que la candidate RN ne gagnerait jamais.

Il a pourtant appelé le «bloc national» à s’unir pour les législatives, alors que Marine Le Pen de son côté a plutôt ignoré le candidat Reconquête! entre les deux tours.

Pour accéder à ces altitudes et hisser le parti d’extrême droite pour la 3e fois au second tour de la présidentielle (après 2002 et 2017), Marine Le Pen a beaucoup «dédiabolisé» son image pendant la campagne afin de «rassurer». Et s’est concentrée sur le pouvoir d’achat, faisant passer au second plan ses projets controversés contre l’immigration et l’islamisme.

Mais entre les deux tours, Marine Le Pen a dû s’expliquer plus en détail sur ses propositions et n’a pas bénéficié de la «radicalité» d’Eric Zemmour, rival mais aussi «paratonnerre» qui la faisait apparaître comme «rencentrée».

Opposante en chef

S’il s’agit bien de sa dernière campagne présidentielle, comme Marine Le Pen elle-même l’avait suggéré, va se poser rapidement la question de son avenir et celui de son parti.

Laurent Jacobelli, un de ses porte-parole, pense qu’avec environ 42% des voix «on ne peut plus parler» d’un plafond de verre, parce qu’elle a «progressé dans beaucoup de catégories».

Pour ce qui est du RN, Marine Le Pen en a confié, le temps de la campagne, les rênes à son fidèle lieutenant Jordan Bardella.

«Le destin de ce parti c’est peut-être d’être, comme le MSI italien (ancien parti fasciste) pendant des décennies, le pôle exclu de la vie politique», avance le politologue Jean-Yves Camus.

Soit une famille politique qui «recueille un pourcentage considérable de voix, qui infuse dans la société mais qui n’arrivera jamais au pouvoir parce qu’elle n’a pas d’alliés» et risque d’obtenir peu d’élus aux législatives avec un scrutin majoritaire à deux tours. Le RN compte actuellement 6 députés.

Le RN est en outre «né à l’extrême droite, ça repousse encore des gens», selon ce spécialiste, tandis que son mode de fonctionnement a été critiqué en interne.

Pour le politologue Pascal Perrineau, au bout d’une troisième défaite, l’électorat «peut se lasser et aller voir ailleurs» mais «dans le paysage des oppositions très éclaté», Marine Le Pen occupe «la position dominante» et «restera l’opposante en chef».