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Kobo nous présente «Anagenèse», son deuxième album: «Sans Damso, je n’aurais peut-être jamais fait de la musique» (interview)

Trois ans après une « Période d’Essai » plus que réussie dans le rap, le rappeur Kobo revient ce 29 avril avec son second album intitulé « Anagenèse ».

À quelques mois de ses 30 ans, l’artiste bruxellois, auteur-interprète et compositeur « sur les bords » s’est ressourcé au Congo, où il a retrouvé sa famille, avant de faire ce qu’il sait faire de mieux : écrire. Nous avons discuté avec lui de son besoin de liberté, de sa prise de risque sur le titre « Fucked UP », de ses parents ou encore de sa relation avec son ami d’enfance Damso, avec qui il a récemment signé en co-édition sur le label « THE VIE ». Entretien long format.

Trois ans après, quel constat fais-tu de ton premier album « Période d’Essai » ?

Je suis plutôt content, c’est un album qui m’a permis de mettre mon nom sur la carte et de me faire connaître non seulement en Belgique, mais en France aussi, de prendre un peu d’expérience au niveau de la scène, des concerts, de la proposition artistique que je fais à mon public, des rencontres avec les médias, et aussi de prendre de l’expérience au niveau du business de la musique, comprendre les rouages et comment ça fonctionne. Globalement, je suis plutôt content des retours que j’ai eus sur ce projet.

Peut-on dire que ta période d’essai dans le rap est réussie ?

Je pense que c’est plus cet album-ci qui va nous le dire ! Je considère chaque album comme une période d’essai parce que c’est toujours un pari. Tu proposes un projet, tu te donnes au max au niveau du travail, mais tu ne sais jamais vraiment ce que ça va donner. C’est le public qui détermine si c’est bon ou pas. Je crois que la période d’essai elle est finie pour le premier projet, mais elle se prolonge.

Trois ans entre deux projets, c’est très long. Que s’est-il passé dans ta vie durant cette période marquée par la crise sanitaire du Covid-19 ?

Les mois qui ont suivi « Période d’Essai », j’ai eu pas mal de concerts. J’ai fait mes premiers concerts, j’ai eu des co-plateaux, c’était vraiment une très bonne expérience. Ensuite, début 2020, on a eu la crise sanitaire qui a commencé et qui a freiné mes activités. Ça a vraiment eu un impact sur mon secteur. Cette crise m’a redonné un peu de temps, que j’ai mis à profit pour justement apprendre, améliorer ma direction artistique, mieux travailler et affiner ma vision.

Quand l’on ouvre un dictionnaire, il y a deux définitions pour « Anagenèse », à savoir « la transformation progressive d’une espèce » et « la régénération des tissus vivants détruits ». Laquelle est la plus appropriée à cet album ?

Les deux. Après il y en a aussi une troisième, qui est la traduction du grec qui veut dire « renaissance ». Ce sont les trois thématiques principales de l’album : renaissance, transformation, régénération. J’aime cette complexité d’avoir trois définitions différentes. Je trouve que quand tu fais un album, ça ne peut pas juste être gravé dans le marbre avec un seul mot, c’est beaucoup trop complexe, surtout quand tu écoutes ma musique, il y a plusieurs émotions qui transparaissent. Je le retrouve dans les trois.

J’ai justement noté le mot « renaître ». Je sais que tu es retourné au Congo durant ces trois années. Avais-tu besoin de ce retour aux sources pour renaître musicalement parlant ?

Au départ, l’intention n’était pas de renaître musicalement, mais juste de renaître intérieurement, de me ressourcer, retrouver ce lien avec ma famille et redevenir un peu le mec que j’étais avant la musique. Quand on fait de la musique et que l’on est exposé aux médias, on devient un peu une espèce de produit et on oublie un peu qui on est. On devient finalement ce que le public fait de nous. J’avais besoin de me détacher de tout ça, surtout du personnage que j’avais créé sur le premier projet avec le masque et tout ce délire Kobo. J’avais besoin de sortir de ça et de redevenir tout simplement la personne que j’étais avant. Et ça m’a vraiment bien aidé ! J’ai passé plus ou moins 8 mois au bled et ça m’a fait vraiment du bien.

Qu’est-ce qui change entre le Kobo de 2019 et de 2022 ?

La maturité et la prise de conscience entre ce qu’il se passe non seulement en moi-même, mais aussi autour de moi. J’ai pris trois ans de plus, je vais avoir 30 ans dans deux, trois mois (Kobo est né le 2 juillet 1992). J’ai juste grandi, appris à mieux me connaître. J’ai évolué.

Ça te fait quoi d’approcher les 30 ans ?

Peur, très peur (rires) ! C’est un âge où on fait le premier vrai bilan de sa vie. On regarde tout ce que l’on a accompli, où on en est et ce que l’on aimerait devenir sur le long terme. Donc, ça fait peur, mais ça motive aussi vu qu’il y a un album qui sort, je me dis que j’ai quand même fait les bons choix dans l’ensemble.

Il y a 18 titres + 1 bonus dans « Anagenèse ». Tu as décidé de revenir avec « Fucked UP », qui est une prise de risque sur une prod rock. Pourquoi avoir choisi ce morceau en particulier comme premier extrait de l’album ?

C’est le morceau qui se distinguait le plus pour moi dans l’album. J’étais sûr que sur ce morceau-là, personne ne s’attendrait à voir quelque chose comme ça. C’est le genre de chose à faire : il faut toujours aller là où on ne t’attend pas. Chaque album est l’occasion de se renouveler et de proposer quelque chose de différent. À chaque fois, tu as le choix entre faire ce que tu faisais avant ou proposer autre chose. C’était le morceau qui correspondait le mieux à ce que je voulais faire pour redémarrer.

Il y a un point commun entre « Période d’Essai » et « Anagenèse » : la façon d’agencer les morceaux « durs » et « doux ». Est-ce pour continuer à marquer la dualité entre le Kobo masqué, ton alter-égo, et le Kobo un peu plus timide et réservé ?

Tout à fait ! Dans les morceaux plus doux, c’est plus moi. C’est ma personnalité générale. Les morceaux plus durs, c’est une partie de moi. C’est mon ombre. J’ai aussi vraiment voulu jouer sur l’intonation de la voix. Il y en a des beaucoup plus mélodieuses, et d’autres beaucoup plus agressives et aiguës. Tu peux vraiment distinguer les deux facettes de ma personnalité. C’est un trait d’union avec « Période d’Essai ». C’est voulu.

Tout au long de l’album, il y a une trame narrative entre les titres, avec un sujet omniprésent : la liberté. Peux-tu m’en dire plus sur ce que représente la liberté à tes yeux ?

La liberté, pour moi, c’est tout. C’est ma motivation principale dans la vie. Tout ce que je fais, je le fais pour être libre de mener la vie que je veux mener. Je veux juste être épanoui, avoir une famille, faire ce que j’ai envie quand je veux le faire, du moment que ça ne porte pas atteinte aux autres et que ça nuit à personne. C’est ce qui me motive. Quand je me lève le matin, même si je me soumets à des choses difficiles, que je dois faire des heures de studio, en fin de compte c’est juste pour être libre et être bien.

Comment sait-on que l’on est libre ?

Quand on mène la vie que l’on veut, la vie qui nous rend heureux. La liberté s’arrête toujours là où celle des autres commence, mais je pense que quand l’on fait déjà ce qui nous rend heureux et qui nous permet de nous épanouir et de nous sentir bien, on est libre.

Tu as signé chez Polydor, label appartenant à Universal. Est-ce que cette signature en major a eu un impact sur ta liberté artistique ?

Pas vraiment. Au niveau de ma liberté artistique, j’ai toujours le choix de faire ce que je veux. C’est plus au niveau de mes choix au niveau du business en tant que tel. Sortir un son, à quel moment, est-ce ça vaut la peine d’en sortir un à ce moment-là, la sortie de l’album, la promo… C’est tout l’aspect business qui est impacté par cette collaboration parce que je ne suis plus tout seul. Il y a des intérêts qui sont en jeu, il y a de l’argent qui a été investi sur mon projet, ils ont aussi pris des risques pour moi. Finalement, il y a beaucoup de décisions que l’on prend ensemble. C’est un travail d’équipe.

Parler de Kobo, c’est évidemment parler d’une plume. Pour « Période d’Essai », tu expliquais écrire tous les jours. As-tu changé ce processus de travail ? T’es-tu donné un peu de repos avant d’écrire « Anagenèse » ?

Après « Période d’Essai », j’ai eu toute une série de concerts jusque décembre 2019. Une fois que 2020 a commencé, je me suis directement mis dans la création du deuxième album. Entre janvier et mars, j’étais dans le même process que « Période d’Essai » et puis il y a eu la crise sanitaire qui a démarré avec les confinements, les fermetures des studios, etc. Pendant ce temps-là, j’ai eu une longue période pendant laquelle je ne faisais plus de son, en tout cas pas en studio. Je me suis laissé du temps pour écouter d’autres choses, regarder des films, m’inspirer. Il y a eu ce retour au bled aussi. Je suis quelqu’un qui fait tout le temps de la musique en fait. Que j’aille au studio ou pas, j’ai une application pour enregistrer des sons dans mon téléphone, j’écris des trucs, on m’envoie des prod. Donc faire de la musique, j’en fais tout le temps. Mais la faire en me disant que c’était pour l’album, il y a eu quelques mois où j’ai un peu décroché et je pense que c’est ce qui m’a permis de faire cet album.

C’est important de prendre de la distance…

Tout à fait ! Non seulement avec la musique, mais aussi avec tout ce que j’ai vécu. Tu sors un album, il y a des concerts qui s’enchaînent directement, après tu te mets sur d’autres trucs… Tu frôles le burn-out en fait. Je me suis dit qu’il fallait prendre un peu de recul et prendre le temps de réapprendre à vivre simplement. L’inspi vient de là finalement : de la vie. Si tu n’as rien à raconter, c’est parce que tu ne vis pas. Donc, j’ai pris le temps de bien vivre, retrouver ma famille, vivre de vrais trucs, et au moment où je me suis senti prêt, je suis retourné au studio.

Avec quels compositeurs as-tu travaillé pour ce projet ?

J’ai travaillé avec pas mal de monde. Ponko et Prinzly font l’ouverture de l’album, avec les quatre premiers morceaux. J’ai travaillé avec Boumidjal X, avec Joel, qui a fait le prod d’« Amnésie » de Damso, avec Lio, mon manager qui a fait la prod de « Fumée épaisse », le feat avec Damso, avec Ikaz Boi, avec Dolfa… Avec pas mal de tête !

Il n’y a pas de son à sonorité africaine dans le premier album. Tu as passé le cap sur le second avec le titre « Mama ». Est-ce c’était important de rendre hommage au Congo sur un son qui parle de ta maman ?

Oui et il y a vraiment un parallélisme parce que le son s’appelle « Mama », je fais le son pour ma mère, mais aussi pour « Mama Africa », dans le sens où je parle à mes racines et en même temps à ma mère. C’était très symbolique parce que ma mère elle me parle en français et en lingala.

D’ailleurs tu chantes en lingala dans le morceau.

C’est un morceau dans les deux langues. Je voulais tester le truc, voir un peu ce que ça donne. Il y a toujours ce côté un peu éclectique dans ma musique, j’aime bien toucher un peu à tous les styles. C’est une expérience plutôt cool.

Tu te livres dans le titre en disant « Mon cœur bat pour toi mama ». A-t-elle écouté le morceau ?

Pas encore. J’étais un peu timide et je me suis dit que j’allais attendre que ça sorte. Imagine je lui fais écouter et elle me dit qu’elle n’aime pas ? En plus, avec ma daronne, on a beaucoup cette relation où elle aime bien me tailler, très second degré. Je lui enverrais certainement le lien, mais j’attends d’abord que ça sorte parce que là je suis un peu dans la pression d’avant la sortie.

Que pense-t-elle de ta carrière ?

Ma mère, elle est de la vieille école. Elle, c’est vraiment les études, le diplôme et après tu peux lui parler de ce que tu veux. Mais si tu n’as pas ramené ton diplôme, c’est chaud ! On a une relation complexe en ce moment où elle est à la fois contente pour moi, mais un peu fâchée parce qu’elle veut ce fameux diplôme. Il y a toujours un rappel qui vient où elle me dit « oui, force à toi, c’est bien, mais n’oublie pas la school. N’oublie pas que c’est ça le plus important, il faut avoir un diplôme, un bagage, parce que si la musique ne fonctionne pas, surtout dans ces trucs de show-biz, on ne sait jamais comment les choses peuvent se passer. Il faut toujours avoir quelque chose sur quoi se reposer ».

Après, il n’est jamais trop tard pour avoir un diplôme !

Oui, les unifs ne fermeront jamais ! Par contre, l’opportunité de sortir des albums, c’est qu’une fois dans la vie. C’est ça qui est un peu difficile à comprendre pour elle.

Il y a trois feats dans l’album : la chanteuse belge K.Zia sur « Âme Sœur », « Mama » avec le trompettiste Rémy Béesau et « Fumée épaisse » avec Damso, que tu connais depuis longtemps puisque vous étiez ensemble à l’école au Congo. Est-ce que c’était logique qu’il soit la première collaboration « rap » dans l’un de tes albums ?

C’était logique et c’était ce que je voulais. C’est principalement grâce à Damso que j’ai commencé à faire de la musique. Je l’accompagnais au studio, il m’appelait, il me donnait des conseils pour que je m’y mette moi-même une fois qu’il a découvert que j’écrivais. Pour moi, c’était important. C’est une manière de la remercier pour toute la force qu’il m’a donnée. Sans lui, je n’aurais peut-être jamais fait de musique, du coup ma vie n’aurait peut-être pas été la même. C’était donc une manière de le remercier et de la collaborer. C’est un morceau que j’adore, il y a une très bonne énergie dedans, sans ce côté « qui a tué qui en feat ». C’est un feat très naturel. L’énergie est vraiment positive. Il n’y a pas ce côté « il faut que ça soit patate, du sale, la violence ». Je sais que les gens nous attendaient au tournant par rapport à cette collab, mais ce que j’aime c’est qu’on l’a abordée de manière différente. Je ne pense pas que les gens s’attendent à ce feat.

Quelle est votre relation à l’heure actuelle ?

On est toujours en étroite collaboration et on a toujours ce côté personnel où on s’appelle et s’envoie des messages. On est aussi en train de se focaliser sur des projets. Il va y avoir des projets en commun que l’on va présenter, on va faire des annonces un peu plus tard. Tu peux déjà dire qu’il va y avoir des collaborations assez importantes entre nos deux projets respectifs. Sur le long terme, ça va être intéressant !

A-t-il joué un rôle, comme celui de DA par exemple sur « Anagenèse » ? On peut d’ailleurs très bien imaginer Damso poser sur « Studio ».

« Studio », il y a aussi le fait d’avoir bossé avec Prinzly, qui a fait quasi tout QALF (le dernier album de Damso). Je pense qu’il y aura toujours cette empreinte dans les prod de Prinzly où on se dit « ça ressemble un peu aux prod de Damso ».

En fait, j’ai travaillé l’album et quand j’ai fini, Damso m’a appelé, il m’a dit « j’ai écouté l’album, c’est lourd, mais j’ai des prod que je voulais te proposer. Je n’ai pas eu le temps, ça serait cool que l’on se voit en studio ». On s’est vu deux fois, on a écouté des prod, et sur les deux fois j’ai fait des sons, directement. Il m’a fait écouter la prod de « Frénésie », la prod de « Liberté », et un autre son qui n’est pas sorti.

Comment écris-tu quand tu as une prod qui te plaît ? Est-ce que tu arrives avec un sujet et recherche un beat qui ira avec, ou, à l’inverse, c’est le beat qui t’inspire un sujet ?

Ça dépend ! Vu que j’écris beaucoup, j’ai souvent plein de textes dans mon téléphone déjà quasi prêts, ou en tout cas des brides de textes. Pour « Période d’Essai », on m’envoyait des prod et j’écrivais tout de mon côté. Donc je les écoutais et ensuite j’écrivais. Pour « Anagenèse », c’est différent. C’est un album beaucoup plus intuitif et créatif. Tous les sons du projet sont nés au studio. J’allais au studio, on faisait la prod et le son le même jour. C’était beaucoup plus éprouvant parce que je me disais que je ne sortais pas du studio tant que le son n’était pas fini. C’est comme ça que l’on a bossé chaque truc et c’était lourd à gérer en termes d’inspi. Les sujets venaient juste en fonction de la prod, mais parfois un peu avant. Ça dépendait de l’alchimie qu’il y avait.

Tu faisais un son par session ou tu en enregistrais plusieurs ?

Plusieurs ! Ça dépend des jours, parfois un, mais souvent plusieurs. Par exemple, avec Ponko et Prinzly, on en a fait cinq en deux jours. Le premier jour on en a fait trois et le deuxième jour on en a fait deux.

C’est comme un séminaire au final…

De ouf, c’est quasiment ça. C’est vraiment booker le studio pour une grosse période de temps et ensuite on voit tout le monde. Ce sont des périodes où tu vis en studio en fait. Tu arrives le matin, tu pars très tard le soir, parfois tu arrives à 13h, tu pars à 4h du matin. C’est un cycle. Tu bosses de manière assez industrielle, sans oublier le côté passion.

Dans l’intro et l’outro de l’album, on peut entendre une voix te parler. Qui est cette personne ?

Dans l’intro, c’est ma mère, et dans l’outro, mon père. Il y a ce côté renaissance. Pour qu’il y ait renaissance, il faut que les deux parents soient là. Ma mère c’est l’intro parce que c’est « Prénatalité », je suis dans le ventre de ma mère et j’explique en 1’30 tout ce que sera ma vie, ce que sera l’album en fait. Je t’explique que je vais arriver dans un monde violent, « Fucked UP », que je vais me perdre dans la musique, mais que je vais devoir apprendre à vivre, à garder un équilibre, que je vais me perdre pas le chant des sirènes, « Âme sœur », les femmes, tout ça. J’avais besoin qu’il y ait ce côté un peu plus humain.

Tu as une vision assez pessimiste de l’amour. Crois-tu encore au grand amour ?

Bien sûr, pas d’amour, pas de vie ! J’y ai toujours cru, mais c’est juste que j’ai vécu des expériences assez difficiles, qui font que j’ai une vision très réaliste de l’amour. Je ne vois pas l’amour comme un truc rose, ce n’est pas la disquette qu’on nous vend dans les films. L’amour, le vrai amour, c’est difficile. Ça se construit sur la durée. C’est des hauts et des bas, des épreuves… C’est deux vies différentes qui essaient d’en former une seule et ça implique tout un tas de remises en question, d’épreuves, etc.

Je crois en l’amour. J’ai fait le morceau avec K.Zia qui s’appelle « Âme sœur ». Le refrain, je le fais en lingala, mais il veut dire « laisse-moi t’aimer ». J’ai essayé de montrer la dynamique que je retrouve dans mes relations où je suis un gars qui préfère vivre l’amour. J’aime le vivre simplement et je tombe souvent sur des femmes qui veulent des garanties et des engagements, un truc bien précis : est-ce qu’on est ensemble, est-ce qu’on n’est pas ensemble, est-ce que tu te projettes avec moi ou pas… Moi, ça, c’est la partie que je trouve très superficielle. Je me dis que c’est trop facile de rencontrer quelqu’un et de se dire « Ok, on est ensemble ». C’est quoi le délire ? Si tu veux tu te mets en mode « femme bien » ou si tu veux tu te mets en mode « salope » ? C’est superficiel. Moi, ce que je te propose, c’est laisse-moi juste t’aimer, vivons l’histoire comme on la vit, et on verra ce que le temps fera de notre relation. Ce n’est pas une vision pessimiste, juste réaliste.

Il n’y a pas qu’« Âme sœur », mais aussi le son « Lover » sur l’album.

« Lover », c’est pessimiste (rires) ! Mais, tu sens que dans le refrain il y a toujours cette recherche d’espoir. C’est en mode « dis-moi que tu seras là pour moi, dis-moi que notre histoire ne va pas s’arrêter ». Moi, je mets mon avenir entre tes mains et j’ai foi en notre relation. Mais dans les couplets, ce que je vois, c’est que notre relation elle devient compliquée. Plus on avance et plus elle devient compliquée. C’est surtout à cause des attentes que tu as, à cause de cette vision bien carrée de l’amour, qui est fausse en fait.

On parlait de ta maman, mais tu as aussi une phase sur ton père (« Soit meilleur que moi m’a dit mon père »). Est-il fier de te voir réussir dans le monde de la musique ?

C’est un peu la même position que la daronne, pareil avec les diplômes d’abord. Ce ne sont pas des darons que tu vas impressionner. Aujourd’hui, je peux venir et leur dire que je me suis fait beaucoup d’argent, ils n’en ont rien à foutre. C’est les diplômes et les connaissances d’abord. C’est ce que tu as là, c’est ton bagage, et après, si tu te fais du biff, c’est bien. Il est vraiment comme la daronne, la vieille école.

Tu faisais partie de la line-up des Ardentes en 2019. Tu y seras de retour en 2022 sur la scène Konbini. As-tu hâte de retrouver ton public, dans un festival aussi important ?

J’ai vraiment hâte ! Ça fait longtemps que je ne suis plus remonté sur scène. J’ai vraiment hâte et je crois que j’en ai besoin aussi parce qu’à un moment, on fait tellement de musique… Il y a un aspect très virtuel, tu es sur les réseaux, tu publies ton truc, tu réponds aux commentaires, aux messages, mais c’est virtuel, tu ne vois pas les gens.

C’est toi qui réponds à tes fans sur les réseaux sociaux ?

Quand je réponds en DM, c’est moi. Après, les posts en tant que tels, c’est parfois mon community manager qui les faits parce que je ne peux pas les faire sur tous les réseaux, sinon ça devient compliqué. Mais quand je prends le temps de répondre, c’est vraiment moi.

À quoi doit-on s’attendre du retour sur scène de Kobo ? Une entrée sur « Boyzoo » ou « Fucked UP » ?

Certainement ! En tout cas, ça sera intense. Je pense qu’il y aura aussi beaucoup d’émotions. Je suis aussi quelqu’un de très physionomiste donc je pense que je peux même reconnaître certaines têtes avec qui je parle sur les réseaux. Quand ils viennent en concert et que je les vois, ça me touche. Je pense que ça sera un très bon show. Après, il faut qu’on passe un beau moment aussi.

On parlait de la dualité entre le Kobo réservé et son alter-égo masqué. Lequel des deux a répondu à mes questions tout au long de l’interview ?

C’est moi, Kobo, le vrai (rires). L’alter-égo, il est souvent là pendant les clips et dans d’autres secteurs de la vie. Il s’exprime rarement. C’est mon ombre, une partie de moi que je n’ai pas forcément envie de mettre en avant. Je préfère mettre en avant le côté plus humain, plus cool, plus détendu.

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