«Star Trek: Strange New Worlds»: que vaut la 11e série d’une franchise aussi illimitée que l’univers?

De retour dans une série rien qu’à eux : les versions jeunes de Number One, Pike et Spock.
De retour dans une série rien qu’à eux : les versions jeunes de Number One, Pike et Spock. - Paramount+

Ce 5 mai, le service de streaming américain Paramount + a lancé « Star Trek : Strange New Worlds », nouvelle série de l’univers Star Trek, précisément le spin off de « Star Trek Discovery », dont les fans attendent la 5e saison l’année prochaine. Souvenez-vous : dans la saison 2 de celle-ci, le Capitaine Pike, interprété par Anson Mount, prenait les commandes de la navette « Discovery ». Il est le personnage central de « Strange New Worlds ». On le retrouve d’abord dans la région enneigée de Bear Creek dans le Montana, où il vient de passer la nuit avec une belle collègue incarnée par Melanie Scrofano. Mais il n’est pas au top physiquement et reprend doucement des forces après avoir subi des radiations qui l’ont notamment laissé en partie paralysé et défiguré.

Des forces, il va lui en falloir ensuite car il se retrouve assez vite aux commandes de l’USS Enterprise, où l’attendent d’autres personnages de la série originale de 1966, à commencer par le Dr Spock bien sûr – toujours incarné par l’athlétique Ethan Peck –, qui vient de se fiancer à sa (froidasse) amie d’enfance vulcaine, T’Pring (Gia Sandhu). Et puis il y a aussi à bord la jeune Uhura (Celia Rose Gooding), que créa l’Afro-américaine Michelle Nichols il y a plus de 55 ans.

Si Pike a été rappelé aussi vite sur l’Enterprise, précisément dix ans avant l’action de la série originale, c’est parce que son amie, l’officier Number One, nom « professionnel » d’Una Chin-Riley (jouée dans la série originale par M. Leigh Hudec et aujourd’hui par Rebecca Romijn) a disparu en mission. Et maintenant, celle de Pike et Spock, mais aussi du Lieutenant La’an Noonien-Singh (nouveau personnage campé par Christina Chong, qui n’est pas sans lien avec Una) est de la retrouver.

Sur la planète Kiley 279 où elle est censée se trouver (sa navette est vide…), l’Entreprise découvre que la société qui l’occupe n’a pas construit de moteur de distorsion nécessaire à tout contact avec la Fédération des Planètes, gérée par la fameuse organisation Starfleet. Rapidement, Pike comprend que Kiley 279 est en guerre et sur le point d’imploser. Avec l’aide du Dr. M’Benga et l’infirmière Christine Chapel (Babs Olusanmokun et Jess Bush, les « touches » résolument kitsch et drôles du premier épisode), qui traficotent leurs gènes, Spock, La’an et Pike se fondent dans les habitants de la planète. Et Pike se présente à ces aliens comme un pacificateur. Il veut les convaincre qu’il leur faut reconstruire leur société sur de bonnes bases. Et pour ce faire – ô surprise –, il leur montre des images des émeutes du 6 janvier 2021 au Capitole de Washington et des protestations du mouvement #BlackLivesMatter. Il leur explique que tout « ça » a mené à une troisième guerre d’envergure sur sa planète à lui, la Terre, qui fit périr des centaines de milliers de gens, mais qu’ils peuvent mettre un terme à leurs propres conflits et rallier la Fédération des Planètes.

Toute cette séquence est une nouvelle preuve de l’aspect politico-social que « Star Trek » a toujours eu. Certes, c’est une série de science-fiction dont on peut sentir les nombreux artifices et effets spéciaux et dont le look de certains personnages peut faire sourire certains. Mais dès le départ, l’objectif de son créateur Gene Roddenberry était d’envoyer des messages, d’abord sur le racisme, mettant en scène des protagonistes d’ethnies et de physionomies différentes, comme pour nous dire que nous sommes tous des aliens, quelque part, et qu’il n’y a rien de mal à cela. Au contraire !

Dans ce premier épisode, on a donc retrouvé cet esprit de conscientisation, mais aussi, dans un registre plus léger, le côté « second degré et humour » de la série originale. De cette dernière, « Star Trek : Strange New Worlds » a également repris, en le modernisant, l’inoubliable générique… Avec la voix d’Anson Mount en « off »… Sans doute aucun, les fans vont accrocher à cette nouvelle série, car elle contient tout ce qu’Ils aiment dans « Star Trek ». Mais (évidemment), elle ne va pas faire changer d’avis ceux qui n’ont jamais compris l’engouement que cette franchise suscite depuis le milieu des années 60.