Paris dit adieu à Régine, sa «reine de la nuit»: «J’ai vécu mille vies avec vous. Je n’emporte que le meilleur», avait-elle écrit avant de mourir

Obsèques de la chanteuse et comédienne Régine

L’accès à la salle de la Coupole du crématorium du Père-Lachaise était réservé à la famille et aux invités dont aussi la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, Marc Lavoine, Carole Bouquet, Anthony Delon, Rachida Dati, la maire de Paris Anne Hidalgo, la cinéaste Yamina Benguigui, Carla Bruni ou encore les animateurs Cyril Hanouna et Bernard Montiel.

Selon la tradition réservée aux gens du spectacle, des applaudissements ont accueilli l’entrée du cercueil recouvert de fleurs blanches, avant que Catherine Ringer chante « Les Petits papiers », l’un des grands succès de Régine écrit par Serge Gainsbourg, repris en choeur par l’assemblée.

Sur un chevalet, une grande photo résumant la vie tourbillonnante de la chanteuse décédée le 1er mai à l’âge de 92 ans : au lendemain d’une folle soirée, Régine pose en robe de cocktail, les pieds dans des seaux à Champagne.

Dans le livret d’obsèques, un message de Régine : « Avant que le rideau ne tombe sur toutes ces belles années partagées avec vous, ma famille et mes proches vont vous dire quelques mots de moi… Nous allons chanter ensemble quelques-unes de mes chansons. Alors, il sera temps de décrocher les boules à facettes et de vous rappeler que j’ai vécu mille vies avec vous. Je n’emporte que le meilleur ! À tout de suite ».

« Un jour je quitterai tout »

Jane Birkin, qui avait rencontré pour la première fois Serge Gainsbourg chez Régine, a pris la parole : « Merci d’avoir ouvert tes bras à la nouvelle venue à Paris que j’étais. Merci pour cette drôlerie et cette générosité qui étaient les tiennes. Merci pour ta voix rauque, cette merveille de voix. Merci d’avoir existé, merveilleuse Régine ».

Directeur musical du groupe Radio France, Didier Varrod a de son côté rendu hommage à la chanteuse populaire et réaliste, disciple de Fréhel : « Vous m’aviez confié que vous aimiez l’idée d’appartenir à tout le monde (…) Gamine de Paris et de Belleville, vous avez apporté la lumière dans un Paris populaire. Chapeau Régine ! »

« Au soir de votre vie, seule la chanson comptait. Vous qui ne dormiez que trois heures par nuit, on vous laisse aujourd’hui dormir du sommeil de l’éternité, en vous promettant de continuer à faire vivre vos chansons enluminées par les plumes de la Grande Zoa », a-t-il dit encore.

Au cours de la cérémonie, la voix de Régine a résonné avec la diffusion de plusieurs de ses chansons, dont « Les Lumière de Belleville » et « Azoy » : « La vie, c’est comme ça/Un jour tu t’en viens, l’autre tu t’en vas ».

Après l’ultime adieu, la cérémonie s’est clôturée sur « Un jour je quitterai tout/Pour être seule avec moi-même ».

Icône des années 60 et 70, Régine, qui a enregistré 245 chansons et joué dans plusieurs films, a été propriétaire de 22 discothèques dans le monde entier, à l’enseigne de son prénom. C’est elle qui avait fait remplacer les « jukebox » (distributeur automatique de chansons enregistrées sur des disques) par des tourne-disques et des disc-jockeys.

« Grande figure de la nuit parisienne et de la chanson française, Régine était partout où brillaient les lumières, dans ses clubs, sur les scènes de l’Olympia, de Bobino, des Folies Bergère ou du Carnegie Hall, et jusque sur nos écrans », avait salué l’Élysée après sa disparition.

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