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Dans les Ardennes, l’arbre à vœux émerveille les promeneurs

Dans les Ardennes, l’arbre à vœux émerveille les promeneurs

Au détour d’un virage, après avoir suivi la voie verte et longé la Meuse, il apparaît. Ce sont plutôt les couleurs vives des rubans qui sautent aux yeux. Et la brise qui s’engouffre dans les branches fait virevolter ces bandelettes de tissu, comme un salut, un appel à s’approcher.

Si les fleurs du cerisier bourgeonnent gentiment, ces rubans d’une dizaine de centimètres sont ses nouveaux fruits. L’arbre à vœux compte aujourd’hui près de 6 000 rubans, symboles des désirs secrets des passants et est désormais une attraction à part entière.

Une idée née un soir d’été

L’idée a germé dans l’esprit de Séverine Lune Magin-Revoy un soir d’été. « Le 11 août 2020, j’avais invité quelques amis pour mon anniversaire. Le soir, on a eu l’idée d’accrocher un symbole coloré à cet arbre et de faire un vœu. »

Ce qui ressemble à une blague de soirée ne quitte pas la jeune femme. « Le 12 août, je suis allée à La Foir’Fouille acheter trois bobines de rubans », sourit-elle.

Et dispose un panier plein au pied du fruitier « que je vois depuis mon atelier  ». Une invitation à nouer une bande de couleur autour d’une de ses branches.

Univers magique

Très vite, les promeneurs adhèrent à cet univers un peu magique. Viennent en famille, en amoureux, écrivent même sur les rubans.

« Que chaque matin on s’aime », est-il, par exemple, inscrit sur une bande jaune. « L’été dernier, le cortège d’un mariage est venu jusque-là. Les mariés sont venus, ont accroché leur ruban et ont fait un vœu », s’enthousiasme Séverine.

Ici et là, elle réajuste un nœud afin que la bandelette ne s’envole pas. Observe les différentes techniques d’attaches, imagine les personnes qui sont passées ici.

Plébiscite pour les rubans bleus

Soudain, elle aperçoit une bande dorée avec le nom d’un chocolatier dessus. « Ah mais ce n’est pas un des miens, rigole-t-elle. Certains viennent avec leurs propres rubans. »

Au bord du chemin, Séverine Lune Magin-Revoy a converti une mangeoire à oiseaux en boîte à rubans. Elle veille à ce que toutes les couleurs soient toujours disponibles, en vérifiant « deux à trois fois par jour, surtout l’été  ».

Et constate que « les gens n’aiment pas trop les jaunes. Ils restent souvent dans la boîte. Ce sont les bleus qui partent en premier ».

Une « grotte à rubans »

En près de deux ans, l’attraction pour l’arbre à vœux a quelquefois dépassé les attentes de la Calcéenne. Les rubans ont commencé à être accrochés ici et là, sur le panneau qu’elle a confectionné, sur un piquet ou dans d’autres arbres. « J’en ai même retrouvé un accroché à l’antenne de ma voiture. »

Aujourd’hui, les rubans se nouent sur des cordes, installées « à plusieurs hauteurs, pour les enfants ». Et l’ambition est de former « comme une grotte de rubans. L’arbre à vœux, il faut le penser, le modeler ».

« Autogestion »

En bord du chemin, Séverine Lune Magin-Revoy a aussi installé une petite tirelire. À son grand regret, au départ.

« Certains ont exprimé le besoin de laisser quelques sous en faisant leur vœu, retrace-t-elle. Je retrouvais des sous dans ma boîte aux lettres, au pied de ma porte ou sous l’arbre. Ça m’a un peu choqué, ce n’était pas l’idée de cet arbre. Mais une amie m’a convaincue en me disant qu’ainsi, l’arbre à vœux était en autogestion. »

Ainsi, les deniers déposés servent au rachat de rubans, bleus, jaunes, verts, roses ou violets. Ils ont aussi permis de perpétuer l’imaginaire mystique et féerique.

Bouddhiste

Et les « mercis » abondent sur la page Facebook de l’arbre, les messages saluant le plaisir d’offrir du joli, du simple, exprimant aussi la surprise de cette gratuité.

« On m’a déjà demandé si je venais du Népal ou si j’étais bouddhiste », s’amuse-t-elle. Des messages aussi de personnes qui confient que leur souhait s’est réalisé.

Si l’arbre à vœux s’impose dans le paysage, la créatrice se veut discrète. « Je tiens à ce que les gens vivent leur moment. Je ne vais pas leur parler, sinon certains n’osent pas. Quelquefois, quand des promeneurs sont devant, j’attends pour partir de chez moi. »

Un vœu réalisé pour la créatrice

Patienter le temps que l’un pose pour une photo, l’autre de s’émerveiller devant cet arc-en-ciel. « Les adultes sont souvent étonnés de voir ça ici. Pour les enfants, c’est davantage normal, c’est coloré. Ils ne se posent pas de questions. »

Même les animaux semblent apprécier l’endroit. « Le jour de la Saint-Valentin, deux cygnes sont venus sous l’arbre à vœux et leurs deux cous ont formé un cœur. »

Près de deux ans après sa création, l’arbre à vœux fait la joie de Séverine Lune Magin-Revoy. Et si, normalement, les souhaits ne se racontent pas, elle consent à dévoiler celui qu’elle avait formulé silencieusement, le 11 août 2020. « Que l’arbre ait beaucoup, beaucoup de vœux et qu’il soit beau. » Réalisé.

Sur Facebook : L’Arbre à vœux – Chooz Ardennes.

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