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Ribécourt-Dreslincourt (Oise): Yula, lycéenne de 19 ans, témoigne de sa transition d’homme à femme

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Depuis deux ans, Yula, 19 ans, participe aux journées de lutte contre la discrimination au sein de son établissement.
Depuis deux ans, Yula, 19 ans, participe aux journées de lutte contre la discrimination au sein de son établissement.

Depuis deux ans, Yula Inacio, 19 ans, participe aux journées de lutte contre la discrimination au sein de son établissement, le lycée professionnel Arthur-Rimbaud de Ribécourt-Dreslincourt, dans l’Oise. Mardi 17 mai, elle répondait aux questions des élèves de seconde. « Je les ai informés sur les différences entre le genre et le sexe ou encore comment éviter les remarques désobligeantes. »

Un entourage bienveillant

Yula, cheveux longs bouclés aux reflets blonds et casque autour du cou, est une jeune fille à l’aise dans ses baskets. Cette confiance en elle, elle le doit à l’amour de ses proches. À l’âge de 11 ans, Yula, mal dans sa peau, se rend chez un thérapeute, sur les conseils de sa mère. «  Après un travail d’introspection de sept à huit mois, je me suis découverte fille. »

Sur l’ordinateur de la maison, la famille, originaire de Villers-Cotterêts (Aisne), se met à naviguer sur le net, à la recherche des mots « LGBT » ou encore « trans ». « On partait de zéro ! J’étais dans l’incompréhension totale », se souvient Yula. À Reims, ils prennent attache avec l’association Exaequo où les bénévoles l’aiguillent vers un psychiatre, à consulter à l’âge de 15 ans. « Au lieu de me faire souffrir, j’ai décidé de mettre en pause ce projet de transition. Je ne voulais pas que cela influe sur ma scolarité. » Mais au moment de souffler ses 15 bougies, le sujet revient au cœur de la conversation. Pendant six mois, le psychiatre lui explique le parcours pour transitionner, les hormones à prendre. Après un rendez-vous chez l’endocrinologue, elle obtient le changement de prénom et choisit de s’appeler Yula. «  Ma mère a choisi mon nouveau deuxième prénom, Gabrielle. Mon grand frère aussi m’a fait des suggestions. » Un entourage bienveillant que Yula retrouvera à son arrivée au lycée professionnel Arthur-Rimbaud de Ribécourt-Dreslincourt.

Des installations adaptées au lycée

«  J’ai eu une réunion avec le CPE avant mon arrivée dans l’internat, chez les filles. Il était très à l’écoute, il voulait savoir comment m’accueillir au mieux. Ils ont fait un beau travail de pédagogie auprès des élèves et tout s’est très bien passé. »

Au côté de sa meilleure amie Amélie, Yula se fait sa place au sein du lycée. Elle utilise des installations, déjà présentes avant son arrivée, qui lui facilitent son quotidien comme des toilettes mixtes ou un vestiaire distinct des autres élèves. Au cours de sa scolarité, Yula n’a jamais été victime de harcèlement de la part de ses camarades ou de l’équipe pédagogique. « Quand je vois que des jeunes de mon âge se suicident, comme dernièrement au Mans, alors qu’ils souhaitent juste être eux-mêmes, ce sont des nouvelles dures à entendre. »

« Pour l’instant, tout se passe bien »

Depuis 2021, Yula, la « gameuse », suit un traitement hormonal. « Pour l’instant, tout se passe bien. C’est comme si je vivais une deuxième puberté. Je me rase tous les matins. J’ai encore beaucoup de souvenirs qui me rappellent mon ancienne vie. »

Après le baccalauréat, Yula souhaite rejoindre l’Espagne, avec le projet de devenir monteuse dans l’audiovisuel. « Là-bas, personne ne vous juge sur votre tenue. Même si les mentalités évoluent en France, notre pays est encore en retard sur ces questions de transidentité. » Sa grand-mère, espagnole, est aujourd’hui très fière de sa niña.

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