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Titine, la laie de Saint-Valery-sur-Somme, va-t-elle devoir déménager?

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La décision de déplacer Titine dans un par animalier de Seine-Maritime aurait été prise par les autorités.
La décision de déplacer Titine dans un par animalier de Seine-Maritime aurait été prise par les autorités.

Depuis plusieurs semaines, mairie, préfecture tournent et retournent l’épineux problème : un sanglier en liberté parmi les humains, dans une ville touristique très fréquentée qui plus est, cela n’est pas sans risque. C’est la situation à laquelle les autorités sont confrontées à Saint-Valery-sur-Somme, avec la divagation d’une laie au cap Hornu, puis de plus en plus au cœur de la cité médiévale.

L’animal, surnommé Titine, est choyé par les touristes, mais un incident a déjà eu lieu, la bousculade d’un enfant. « Tant qu’il n’y a pas d’accident, on ne nous reproche rien, mais nous sommes obligés de nous prémunir », nous confiait Stéphane Haussoulier, président du Département et premier adjoint de Saint-Valery-sur-Somme, début mai.

Le parc de Roumare prêt à l’accueillir

En mairie de Saint-Valery-sur-Somme, le maire, Daniel Chareyron, refuse de s’exprimer sur le sujet. En sous-préfecture d’Abbeville, on parle « d’embargo » et on ne lâche aucune information. La popularité de la laie rend toute décision politiquement sensible.

La décision a pourtant été prise mercredi 11 mai lors d’une réunion en préfecture, suivie d’un arrêté : Titine va être déplacée dans un parc animalier, le parc de Roumare, à Canteleu, en Seine-Maritime.

La décision de déplacer Titine dans un par animalier de Seine-Maritime aurait été prise par les autorités.
La décision de déplacer Titine dans un par animalier de Seine-Maritime aurait été prise par les autorités.

L’animal doit être capturé sous trois semaines, à l’aide de fléchettes pour l’endormir. Des tests sanguins seront pratiqués par un vétérinaire de la direction départementale de la protection des populations, nécessaires pour la faire franchir la frontière départementale.

Titine intégrera ensuite un enclos de quarantaine au parc de Roumare, qui comprend déjà un parc à sangliers avec une cinquantaine d’individus semi-domestiques et un parc à daims et chevreuils. Ce parc accessible gratuitement attire chaque année 600 000 visiteurs. « Le parc compte 26 hectares au cœur de la forêt domaniale, précise Jean-Édouard Marchand, agent forestier de l’ONF en charge du parc. Les animaux y sont bien, je les nourris, je les connais, ils ont leurs petits noms. Ils vivent ici toute leur vie. Titine sera identifiée pour que les personnes qui veulent venir la voir le puissent. On a compris que beaucoup d’habitants y étaient attachés. Elle sera bien. »

De confidentielles, les visites à répétition de l’animal sont vite devenues populaires, notamment grâce à la diffusion fréquente de photographies et de vidéos sur les réseaux sociaux.

Forte émotion attendue

La mobilisation sur place s’annonce intense pour garantir la liberté de Titine, comme l’animal est désormais surnommé. Les membres de son fan-club, désormais nombreux, se retrouvent via un groupe public Facebook créé pour défendre la liberté de Titine et une pétition est diffusée sur le site Change.org. En attendant une manifestation sur site samedi 28 mai à 17 heures.

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Faire entendre la voix de Titine

Wimm Goossens, un Belge qui se rend en baie de Somme chaque semaine depuis 20 ans, connaît bien Titine. Il a créé un groupe public sur Facebook, Titine de la baie, qui a réuni plus de 300 personnes en seulement quatre heures et continue d’attirer les fans de l’animal. Il explique son initiative : « Quand j’ai vu que Titine apparaissait dans les agendas politiques, j’ai pris peur et me suis dit qu’il fallait un mouvement citoyen pour la défendre. Je veux donner une voix à Titine. C’est un animal sauvage qui a droit à sa liberté. Je ne comprends pas qu’on veuille l’entraver. On ne peut pas la déménager dans un parc ».

Confronté à la dangerosité de la situation, notamment lors des périodes de fréquentation intense de Saint-Valery-sur-Somme, Wimm Goossens ne désarme pas : « On ne peut pas contrôler tous les risques, il faut vivre avec, arrêter de créer des règles et vivre avec la nature. Titine peut être une menace pour une personne, mais pas pour toute l’humanité. Ce qu’il faut c’est que les gens ne la nourrissent pas et ne l’approchent pas de trop près. Le problème, ce n’est pas Titine. »

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