Frédérique Bel sur la montée du tapis rouge à Cannes: «En France, il y a le truc du ‘on ne va pas en faire trop’. Mais si, il faut en faire trop!»

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Au Festival de Cannes, la montée du tapis rouge est scrutée. Et vous, vous l’avez très souvent foulé ce tapis et vous vous retrouvez toujours dans le top 10 des tenues du « Vogue » américain…

C’est très bizarre parce que je ne me reconnais pas dans la mentalité française. C’est-à-dire que quand mes copines réussissent je ne suis pas jalouse ; Quand quelqu’un a de l’ambition, je ne trouve pas ça négatif,... Cette espèce de pyramide sociale en France, cette échelle de valeurs qu’on fait ressentir, je ne me reconnais pas dedans, au contraire du courage et de la ténacité mis en valeur dans certains pays anglo-saxons. Ce n’est pas étonnant que je sois plébiscitée par les magazines américains ! J’aime le total look sur le tapis rouge, comme quand je m’étais habillée en Audrey Hepburn avec une robe jaune et un chapeau rouge de chez Julien Fournié…ça a relancé sa maison de couture ! Je sais que Cannes offre une super visibilité…

Mais comment être sûre qu’on ne tombe pas dans le « too much » sur le tapis rouge?

Moi, je raconte une histoire dans mon attitude, dans ce que je porte. Et je suis ma propre styliste, je me maquille, me coiffe, je choisis mes bijoux. C’est une passion. Je le fais sur sur les longs-métrages aussi. Beaucoup de stylistes ne font d’ailleurs que copier les autres looks…C’est marrant parce que je me souviens d’une robe de chez Paule Ka, j’en avais fais une mini robe blanche, façon inspiration Balmain, avec une coiffure et un look un peu « Blade Runner » pour Deauville. Les photos ont voyagé et Amber Heard a repris la robe – je me demande si ce n’est pas la mienne après que je l’ai rendue… Elle avait les mêmes chaussures, c’était très joli ! Huit mois plus tard, la styliste de Virginie Efira lui a fait un look exactement pareil ! Parfois, ça peut être presque too much, comme quand je m’étais fait un look à la Xéna la guerrière, avec des écailles sur la robe, il ne manquait plus que le sceptre ! Pour le prochain Cannes, j’aurai un look flamenco et mon deuxième look sera spatial avec une tenue de Jean-Claude Jitrois…

Comment choisissez-vous vos couturiers ?

J’aime le cuir, les choses moulantes, j’aime les choses un peu folles. Il y a des Maisons où on ne peut plus rentrer, et quel intérêt de porter des marques que tout le monde porte ? Je ne veux pas être la énième à m’habiller comme les nanas de téléréalité ou les Kardashian. J’aime bien découvrir des marques, être un peu précurseur. Cela fait partie de mon ADN aussi d’être un peu une « it girl », même si je n’aime pas trop ce mot, d’arriver élégante. Un jour, je me suis fait « bijouter » par Avakian, des Libanais qui ne bijoutent aucune Française. Ils m’ont dit que les actrices françaises montaient le tapis trop vite, regardaient par terre et étaient mal coiffées. Les Américaines, elles, montent le tapis pendant 15 minutes …Et moi, je me cale entre deux Américaines qui prennent le temps… et donc je prends le temps aussi ! (sourire) En France, il y a le truc du « on ne va pas en faire trop ». Mais si, il faut en faire trop ! Ca fait partie du jeu. Moi, je ne m’excuse de rien du tout. On me dit que j’en fais des caisses…et j’adore ça ! J’ai ma personnalité, j’ai cette chance d’avoir un joli corps et je m’habille comme je veux.

Votre rapport au corps a-t-il changé ? Vous a-t-on contrainte à le changer?

Oui. Je me suis teinte en brune pour avoir des rôles de femme intelligente, d’avocate ou de serial killer aussi dans « La mante ». Les premiers rôles que j’ai eus étaient très basés sur le corps. C’était rigolo à faire mais je ne voulais pas nourrir la misogynie ambiante ou alors autant me faire mon propre programme en short, avec cette voix réjouie et jouissante, « La minute blonde ». J’ai eu la chance que Canal rachète mon programme. Puis, j’ai fait du cinéma d’auteur alors que tout le monde prédisait que je ne ferais pas de cinéma après de l’humour à la télé. Après le cinéma d’auteur, on m’a dit que je ne ferais plus de comédie,…A chaque fois qu’on me dit que je suis dans une impasse, ça me donne un but. Qu’on continue donc à me jeter des sorts, ça m’aide énormément ! C’est très bizarre ce besoin en France de vouloir réduire les gens, les limiter. Et moi, je n’ai aucune limite.

Vous parlez de la misogynie. Y a-t-il tout autant de jalousie féminine ?

Oui, il y a ce manque de sororité. Il y a des femmes qui jouent et avancent avec ça. Je me suis toujours dit que j’ai carte blanche : si un jour j’ai besoin de coucher pour réussir, j’y pense ! (rire) Mais quand on a épuisé cette carte là et qu’on a que celle-là, qu’est-ce qu’il reste ? (rire) Je suis assez fière de mon parcours, d’être toujours là et de ne pas avoir eu besoin de jouer cette carte-là.

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