«Je suis harcelée, humiliée, menacée tous les jours»: le calvaire d’Amber Heard dans le procès qui l’oppose à Johnny Depp touche à sa fin

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C’est le point final de six semaines de débats et de dizaines d’heures de témoignages dans ce procès tenu à Fairfax, près de Washington, et diffusé en direct à la télévision. L’audience a commencé ce vendredi à 9h locales (13h chez nous) et les sept jurés se retireront dans l’après-midi pour délibérer. S’ils ne s’accordent pas sur un verdict, ils reviendront mardi, lundi étant férié aux Etats-Unis.

Pour rappel : la vedette de la saga « Pirates des Caraïbes » poursuit en diffamation son ex-femme, qui avait estimé dans une tribune publiée dans le Washington Post en 2018 être devenue « une personnalité publique représentant les violences conjugales », sans nommer Johnny Depp. L’acteur de 58 ans dénonce des accusations « ahurissantes ». Il réclame 50 millions de dollars en dommages et intérêts, estimant que cette tribune a ruiné sa réputation et sa carrière.

Amber Heard, apparue notamment dans « Justice League » et « Aquaman », a contre-attaqué et demande le double. Selon elle, cette plainte « futile » prolonge « les abus et le harcèlement » de son ex-mari et a mis sa propre carrière entre parenthèses.

Famille, amis, collaborateurs, agents, dirigeants de studios, psychologues, chirurgiens, experts financiers… Plusieurs dizaines de témoins ont défilé à la barre, dressant un portrait du couple très éloigné du glamour d’Hollywood.

« Humiliation mondiale »

Dans le grand déballage de leur vie privée, on trouve des enregistrements audio et vidéo de disputes où les insultes fusent, des textos remplis d’injures, des photos de Johnny Depp inconscient ou d’ecchymoses sur le corps et le visage d’Amber Heard qu’elle impute à son ex-mari. L’ancien couple a aussi passé plusieurs jours à raconter une idylle née en 2009 et qui s’est rapidement transformée en calvaire, jusqu’au divorce demandé par la jeune femme pour « violences conjugales » en mai 2016. Le divorce a été prononcé début 2017.

L’acteur de 58 ans a assuré qu’il n’avait « jamais (…) commis de violences sexuelles ou de violences physiques ». Il affirme -- et fournit des enregistrements audios censés le prouver -- que c’est sa femme qui était violente. La comédienne a, elle, raconté que Johnny Depp devenait un « monstre » sous l’emprise d’un cocktail explosif de drogues et d’alcool, résistant à toutes ses suppliques pour se faire soigner. Jonnhy Depp lui aurait promis une « humiliation mondiale » si elle le quittait et, quand elle l’a fait, elle est devenue la cible d’une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux. «  Je suis harcelée, humiliée, menacée tous les jours, juste parce que je suis dans cette salle d’audience », a-t-elle dit jeudi, très émue, ajoutant recevoir « des milliers » de menaces de mort « depuis le début de ce procès ».

Johnny Depp, lui, peut compter sur le soutien de centaines de fans qui l’acclament chaque jour depuis le 11 avril devant le tribunal.

Rumeur

L’actrice de 36 ans assure que les violences qu’elle attribue à Johnny Depp ont débuté en 2012 avant de devenir de plus en plus brutales et fréquentes. Elles auraient atteint leur paroxysme, un viol à l’aide d’une bouteille d’alcool, en mars 2015, un mois après leur mariage, quand l’acteur tournait l’épisode 5 des « Pirates » en Australie. Lors de cette dispute, Johnny Depp a eu l’extrémité d’un doigt sectionnée et a été hospitalisé. Il affirme que c’est à cause d’un éclat d’une bouteille lancée par Amber Heard. Elle défend qu’il s’est blessé tout seul.

Seules deux autres célébrités ont témoigné : l’actrice Ellen Barkin, ex-petite amie de Johnny Depp à la fin des années 1990, a décrit un homme « ivre presque tout le temps », jaloux et possessif et qui, de colère, avait lancé une bouteille dans sa direction. La top model britannique Kate Moss, autre « ex » de l’acteur, a démenti une vieille rumeur selon laquelle il l’aurait un jour poussée dans les escaliers.

Johnny Depp avait déjà perdu un premier procès en diffamation à Londres en 2020, contre le tabloïd The Sun, qui l’avait qualifié de « mari violent ». Les deux acteurs ont affirmé avoir perdu entre 40 et 50 millions de dollars de cachets depuis la parution de la tribune du Washington Post.