Oli à l’aventure dans «Rendez-vous en terre inconnue»: «Je suis redevenu un adulte qui écoute»

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Adenium TV

Chez les Ordonez, le jour de diffusion de « Rendez-vous en terre inconnue », c’était quelque chose. Papa argentin, maman d’origine algérienne et petits bouts calés devant la télé, les yeux écarquillés. La légende veut qu’un jour, l’un ait dit : « Quand je serai célèbre, moi aussi, j’irai ! » Autour de la table du salon, on a ri, puis on s’est pincé quand l’invitation de Raphaël de Casabianca est arrivée, enfin on a flippé. Flo, trop anxieux, a décliné, c’était pas pour lui le dépaysement.

A Oli, ce qui a fait le plus peur n’a pas été de partir à 8500km pendant trois semaines, faire 18h de vol, 6h de route et 1h30 de pirogue. Non, le pire était de se séparer de son frère, son binôme à qui il envoie des textos toutes les deux heures en moyenne. « C’est un cadeau de fou, mais cela va être difficile d’être loin de lui, cela n’est jamais arrivé », a-t-il confessé.

Puis, là, au bout du bout sud-ouest de Madagascar, accueilli par les Vezo, une communauté de pêcheurs semi-nomades, échoué sur un lambeau de terre léché par le détroit du Mozambique, il a revu son opinion : « Je n’avais plus l’habitude de me mettre en danger et d’être face à moi-même, de savoir de quoi je suis capable. C’est sensationnel de pouvoir vivre cela », a-t-il lâché à Raphaël, réfrénant son mal de mer.

Fragile paradis

Sensationnel, ce numéro l’est pour les téléspectateurs, plongés eux aussi dans ce bleu hypnotique de l’océan et bercés par le bruit constant des vagues. C’est de loin le « Rendez-vous » le plus aquatique, avec des prises de vues assez spectaculaires, le réalisateur ayant filmé à hauteur des flots et même en plongée. Un décor paradisiaque pour une réalité qui l’est beaucoup moins. Les discussions avec les Vezo nous apprennent qu’ils sont en première ligne des fléaux de notre époque. Il y a la surpêche qui raréfie leurs richesses, et les cyclones, signaux du réchauffement climatique, qui les inondent. Famine et épisodes de sécheresse sont leur quotidien. La prise de conscience d’Oli l’a battu de plein fouet, surtout devant la rareté de l’or bleu. Pour s’alimenter en eau douce, il faut creuser dans le sable à 2m et souvent recommencer…

Oli a retroussé ses manches et s’est mis « en mode machine, tu vois », autant qu’il a été fasciné par les rencontres et la nécessaire solidarité mise en place pour la survie. « Moi qui ai une facilité pour écrire des textes, ici, je n’ai pas trouvé les mots devant leurs histoires. Ma timidité et mon humilité sont ressorties, je suis redevenu un adulte qui apprend et écoute. »

Cette émission a le don de dévoiler une facette intérieure d’un artiste, Oli n’a pas échappé à cette magie. Heureusement, il avait emporté sa trompette, et cela a rythmé les longues journées de partage dans la langue universelle de la musique. Mais à l’inverse de Vianney, il n’a pas mis à profit les moments d’ennui redécouvert pour composer. Il a juste pris conscience que gagner sa vie avec sa passion, cela valait de l’or.

« Rendez-vous en terre inconnue », 14 juin, 21h10, France 2.