Les radios indépendantes veulent plus de soutien et moins de concurrence de la RTBF

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«Nous sommes aujourd’hui menacés de disparition par manque de synergies avec des acteurs comme la RTBF ou les télévisions locales», ont déploré Philippe Sala et Nicolas Boulart, coprésidents de Radio Z, la fédération qui représente 47 des 80 petites radios indépendantes du sud du pays.

Auditionnés au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui se penche actuellement sur le futur contrat de gestion de la RTBF (2023-2027), les coprésidents de Radio Z ont défendu le rôle des petites radios locales «qui font la diversité et le pluralisme» du paysage radiophonique, ont-ils insisté.

Disposant souvent de peu de moyens, ces radios vivent mal la pression exercée trop souvent, selon elles, par la radio-télévision publique pour être l’unique partenaire médias d’événements publics locaux.

«Le problème, c’est que la RTBF dit aux organisateurs: ’Écoutez, si jamais vous prenez un local alors nous on ne vient pas’», a dénoncé M. Sala.

Sur le terrain éditorial, les radios indépendantes voient aussi d’un mauvais œil la diversification de la RTBF sur une série de niches déjà occupées par des acteurs indépendants, comme notamment la création de Tarmac alors qu’existait déjà Radio KIF, spécialisée elle aussi dans la musique rap et le RnB.

«Il ne devrait pas y avoir pour la RTBF la possibilité de créer un programme lorsqu’il existe déjà quelque chose du même style dans le domaine privé», a défendu Philippe Sala.

«Ça n’a pas de sens d’aller faire avec de l’argent public quelque chose (qui existe déjà et) qui ne coûte rien aux citoyens! Pourquoi cette concurrence alors que ça ne relève pas du service public en matière musicale ? «

Enfin, Radio Z estime que la RTBF, en tant que service public, devrait aussi davantage aider les radios indépendantes dans leur transition vers le DAB+, en partageant ses pylônes pour y placer également les émetteurs des radios indépendantes, mais aussi en leur apportant son expertise technique en la matière.

Outre les radios indépendantes, les députés ont auditionné jeudi Kim Beyns, le tout nouveau patron de NGroup (Nostalgie, NRJ, Chérie).

Ce dernier s’est dit favorable à un une radio-télévision publique performante, ciblant une audience large et diffusant de la publicité. «Nous ne sommes donc pas de ceux qui veulent interdire des choses à la RTBF. Mais nous demandons juste de l’équité», a-t-il insisté.

Et celui-ci de pointer notamment le plus grand nombre et la qualité des fréquences FM accordées à la RTBF par rapport aux opérateurs privés, ainsi que sa plus grande latitude à lancer des chaînes en DAB+.

M. Beyns a aussi préconisé l’élaboration de quotas de diffusion spécifiques à la RTBF qui, en tant que service public, devrait être incitée à faire découvrir plus d’artistes émergents de la FWB, selon lui.

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