«J’ai connu deux Johnny, l’un avant Læticia et l’autre avec Læticia»: Jean-Claude Camus, ancien producteur de Johnny Hallyday, se confie

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Isopix / Reporters

Johnny est un monument, il se devait d’avoir son expo ?

Ça me semble en effet indispensable. C’est quelqu’un qui a eu une carrière absolument unique, qui a touché quatre générations. Quand il a disparu, il y avait un million de gens dans les rues de Paris. On n’avait jamais vu ça.

Qu’est-ce qui, selon vous, marquera le plus les visiteurs de l’expo ?

La reconstitution de son bureau. C’est ce qui reflète le plus ce qu’était Johnny en dehors de la scène. Il était tout le temps enfermé dedans. C’est là aussi qu’il est décédé. La dernière fois que je suis venu, 48 h avant qu’il s’en aille, c’était bouleversant de le voir dans ce bureau qui était devenu une chambre d’hôpital.

On va découvrir aussi l’homme intime. À quel point était-il différent du rockeur sur scène ?

J’ai travaillé 35 ans avec lui. J’ai connu deux Johnny en privé, l’un avant Læticia et l’autre avec Læticia. Quand je suis passé à Los Angeles le voir alors qu’il était déjà malade, j’ai été étonné de le retrouver avec ses deux petites filles sur les genoux, leur faisant des câlins, des choses que ses deux autres enfants n’ont pas connues. Johnny était devenu un papa gâteau. Læticia l’avait amené vers ça. C’était très beau.

L’expo est produite par Læticia. Quel est votre sentiment sur toutes les attaques qu’elle a subies, notamment lors du procès autour de l’héritage ?

Il y a eu une injustice. Le public a été mal informé. Donc, je le dis : non, ses deux autres enfants n’ont pas été déshérités, car ils ont touché beaucoup avant. Et Johnny, dans son esprit, pensait qu’il fallait assurer l’avenir des deux petites, qui ne sont pas majeures. Et puis, il faut signaler que c’est Læticia qui a hérité des dettes fiscales : 34 millions. Comme par hasard, une fois qu’on a su ce qu’il devait, on n’a plus entendu parler de guerre de succession. C’est Læticia qui se retrouve avec le fardeau de la dette fiscale et personne d’autre. Elle a vendu la grande maison de Los Angeles et mis en vente la villa de Marnes-la-Coquette. Tout l’argent va au fisc. La situation de Læticia et des deux petites n’est pas reluisante.

Vous avez vu le documentaire de Netflix, qui montre notamment ses excès. C’est un portrait fidèle de Johnny ?

Oui, le cinquième épisode m’a totalement bouleversé… La seule chose que je n’ai pas comprise, c’est qu’après l’enterrement, on retrouve Johnny dans les bras de Sylvie. Comme si on avait voulu zapper Læticia. Ce n’est pas la réalité. Ça met le documentaire en l’air.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Jean-Claude Camus ainsi que notre article consacré à l’expo-événement autour de Johnny Hallyday dans le Ciné-Télé-Revue en vente ce jeudi 16 juin.