Abonnez-vous au journal de votre région et recevez en cadeau une montre connectée Samsung Galaxy Watch4 ou un robot multifonction Domo

Natation : Claire Hager, la «super mamie» troyenne qui repousse ses limites

Claire Hager posant devant une partie de ses 206 médailles d’or.  A.P.
Claire Hager posant devant une partie de ses 206 médailles d’or. A.P. - A.P.

Reportage

Aymeric Peze

de la rédaction sportive

Les années passent mais Claire Hager poursuit la natation. À 88 ans, la nageuse aux 206 titres de championne de France se rend quatre fois par semaine à la piscine des Chartreux à Troyes. De midi à 14 h, elle parcourt un kilomètre dans les bassins avec les autres « maîtres », quand elle n’est pas présente au secrétariat. Avant cela, Claire a même été entraîneur. Sa vie tourne autour de la natation.

Née de parents maîtres-nageurs, elle a « appris à nager avant de savoir marcher » à seulement 9 mois  et a débuté la compétition à 9 ans. Pourtant, c’est à sa retraite qu’elle a redécouvert sa passion.

« Je nage en voyageant, je voyage en nageant ». Hongrie, Australie ou encore Canada, la doyenne du TOS a sillonné le monde dans la catégorie maîtres (elle est actuellement C13, 85-88 ans). Quels sont les secrets d’une telle longévité ?

Une vie sans excès

Claire Hager a la natation dans le sang. Une passion si débordante que cela agace parfois sa famille, même si ses petits-enfants aiment l’appeler « super mamie ». Elle a, bien sûr, fait attention à son alimentation toute sa vie, évitant de manger « trop gras, trop salé et trop sucré », là où son métier de bouchère, puis de fromagère aurait pu l’inviter à des excès. Pas de tabac non plus et une consommation d’alcool occasionnelle.

Privée d’entraînements dans les bassins pendant près d’un an à cause du Covid, la nageuse a fait preuve d’audace en installant une piscine dans son garage afin de continuer à travailler les « battements de pieds », un geste fondamental en natation. Quitte à «  tourner en rond, accrochée au bord ». Ses autres passe-temps comme le jardinage, la peinture et le tricot lui ont également permis de garder le moral au cours de cette triste période.

Objectif Championnats de France de Mulhouse

La réouverture des bassins a donc sonné comme une délivrance pour elle, même si l’absence de vrais entraînements a affecté son niveau, réduisant ses charges de travail (de 2 à 1 kilomètre par séance), et la faisant douter sur l’âge limite de son investissement en compétition. Son objectif initial était de nager jusqu’à 90 ans et de participer aux prochains Championnats du monde au Qatar. Mais le Covid, contracté en mars, l’a essoufflée. La respiration pose, selon elle, davantage problème que la fatigue musculaire à cet âge.

Néanmoins, Claire se « sent toujours bien dans l’eau », il est plus facile pour elle de nager que de marcher. Elle décrie la natation comme un «  sport doux » pas contraignant pour les articulations et idéal pour la rééducation. Admirative du quadri amputé Théo Curin, ayant traversé les 122 kilomètres du lac Titicaca à la nage, Claire Hager espère s’aligner aux Championnats de France à Mulhouse, du 23 au 26 juin, et elle aussi continuer à repousser les limites de la science, et ce, le plus longtemps possible.

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo