«Yellowstone»: la série de cow-boys qui cartonne aux États-Unis débarque chez nous

«Yellowstone»: la série de cow-boys qui cartonne aux États-Unis débarque chez nous
TMC

Kevin Costner à cheval en plein Far West ? Depuis « Danse avec les loups », qui a valu à l’acteur et réalisateur pas moins de sept Oscars en 1991, ce tableau touche encore profondément les Américains. La preuve avec « Yellowstone », un western moderne dont il est la star depuis quatre ans, et qui rencontre un succès phénoménal au pays du rodéo.

Série prestige par excellence, on y suit le quotidien d’une puissante famille de fermiers dont le patriarche, John Dutton (Kevin Costner, impérial), gère à l’ancienne le plus grand ranch de bétail des États-Unis. Nichée dans le Montana, l’exploitation agricole qui se transmet de génération en génération tape de plus en plus dans l’œil de promoteurs immobiliers, quand les représentants des réserves amérindiennes tentent à leur tour de gratter du terrain. Ce qui, évidemment, n’arrange pas John, une tête de mule qui a d’autres vaches à fouetter. D’un côté, sa fille, Beth (Kelly Reilly, Wendy dans « L’auberge espagnole »), joue les femmes fatales, alcooliques et teigneuses depuis qu’elle a causé sans faire exprès la mort de sa mère. De l’autre, son fils Jamie (Wes Bentley) s’engage en politique. Et au beau milieu, le petit dernier, Kayce (Luke Grimes) n’a pas trouvé mieux qu’épouser une Indienne dont la tribu s’est établie à un jet de pierre du domaine familial.

De la même façon qu’un soap opera à la « Dallas », mais en plus rugueux, le feuilleton plonge ainsi les téléspectateurs dans les drames et tourments d’une fratrie dysfonctionnelle, où tous les coups sont permis pour se faire remarquer. Un peu comme dans « Succession », une autre série de grande qualité, diffusée chez nous sur BeTV. Sauf qu’on quitte cette fois le vicieux quartier des affaires de Manhattan pour les plaines, tout aussi impitoyables, de l’Ouest américain. Dépaysement garanti !

Digne d’un film hollywoodien

L’esthétique de « Yellowstone » est également un point fort de la série. Son créateur, Taylor Sheridan, vient du cinéma et ça se ressent à l’écran. Vu dans « Sons of Anarchy » mais surtout connu comme scénariste (on lui doit notamment l’excellent « Sicario »), le Texan sert un récit à la fois lent et violent, fort de plans contemplatifs et d’une mise en scène léchée. Les paysages filmés sont tout bonnement à couper le souffle et transpirent son amour pour la nature sauvage.

À travers la figure traditionnelle du cow-boy taiseux qu’il vaut mieux laisser tranquille, Sheridan remet aussi au goût du jour l’« American way of life », ou l’art de vivre à l’américaine. Dans un pays politiquement divisé, cette image flatte indéniablement les valeurs conservatrices des Républicains, et séduit les nouvelles générations en manque d’évasion. Petit à petit, « Yellowstone » s’est d’ailleurs imposé comme la série télévisée la plus regardée outre-Atlantique. Avec presque 15 millions de fidèles au lancement de sa quatrième saison, il devance les mastodontes que sont « This is us » et « NCIS », et tutoie les records d’audience de « Walking Dead » et « Game of Thrones ». Un triomphe d’autant plus surprenant qu’il survient en plein âge d’or des plateformes de streaming.

Il n’en fallait pas plus aux producteurs pour étendre l’univers et donner leur feu vert à plusieurs séries dérivées. La préquelle « 1883 » a démarré en décembre 2021 tandis qu’une autre, intitulée « 1932 », est en développement… avec Harrison Ford et Helen Mirren ! La saison 4 de « Yellowstone » (dont le cinquième volet est attendu en novembre) a aussi ouvert la voie à un troisième spin-off, baptisé « 6666 ». Pour tout ça, il nous reste à conclure avec un bon « Yiha » !

« Yellowstone », 23 juin, 21h15, TMC.