Bref essai DS 9 E-Tense 250 Performance Line + : la plus déesse des DS ?

Techniquement parlant, la DS 9 c’est une 508 chinoise recarrossée. D’ailleurs, cette grande berline qui se réclame du savoir-faire français est fabriquée en Chine. Esthétiquement, le résultat est très convaincant. Incontestablement, la DS 9 est une voiture imposante, élégante et statutaire. A notre grand étonnement, plusieurs personnes ont même manifesté une certaine curiosité à notre passage. Il faut dire que des DS 9, on n’en voit pas à tous les coins de rue ! Sous son capot, cette grande berline de près de 5 mètres de long n’accueille qu’un petit seize-cents à 4 cylindres accouplé à un moteur électrique. Certes, l’ensemble développe 250 ch, mais on ne peut s’empêcher de se dire que ce manque de noblesse mécanique est incompatible avec un prix de base frôlant les 56 000 €.

A bord

Certes, le tableau de bord n’a pas le charme et l’audace stylistique de celui d’une Peugeot 508, mais quand on prend place à bord de la DS 9, on est tout de même très agréablement surpris par la présence généreuse de l’alcantara. Et puis, au moment de mettre le contact, le déploiement de la monte B.R.M. au milieu de la planche de bord fait toujours son petit effet. Un autre point positif est que les rangements sont vastes et nombreux. Dans la DS 9, on a aussi droit à une instrumentation (numérique) digne de ce nom. Voilà qui fait autrement plus sérieux que celle, tout rikiki de la DS 4. En revanche, la DS 9 étant de conception plus ancienne, son système d’info-divertissement ne propose pas d’affichage multiple (il faut choisir d’afficher la radio, la navigation ou les réglages de climatisation) de même qu’Android Auto ne fonctionne pas sans fil et que la taille de l’écran paraît assez petite en regard de ce qui se fait aujourd’hui. Difficile en revanche de ne pas être séduit par les magnifiques sièges en alcantara disposant de réglages électriques et pouvant être chauffants et massants.

A l’arrière, les passagers sont installés comme des rois. La place pour les jambes est tout simplement incroyable. Le coffre manque de hauteur mais il est très profond et peut engloutir 510 litres de bagages.

Sur la route

Nous disposions pour cet essai de la version de base, à savoir celle à 2 roues (avant) motrices combinant un 4 cylindres de 1,6 litre développant 200 ch et 300 Nm et à un moteur électrique de 110 ch et 320 Nm. L’ensemble donne des valeurs cumulées de 250 ch et 360 Nm. Il existe aussi une version équipée de 2 moteurs électrique forte de 360 ch. Dans ce cas, le second moteur électrique est installé sur l’essieu arrière, il s’agit donc d’une 4 roues motrices.

Les démarrages se font toujours en mode électrique. Si vous ne voulez pas vider rapidement la batterie, il faudra donc penser à chaque fois à passer en mode hybride. Car avec 15,6 kWh de capacité, la batterie n’offre qu’une autonomie limitée. Au cours de notre essai, elle a varié de 36 à 40 km.

Ce groupe motopropulseur hybride « de base » s’avère largement suffisant au quotidien. Très silencieux, il ne donne de la voix que lorsqu’on écrase l’accélérateur. C’est précisément à ce moment qu’on se souvient de la présence d’un petit 4 cylindres sous le grand capot.

En matière de confort, alors que la DS 4 nous avait vraiment déçus (à cause de ses roues de 20 pouces), la DS 9 fait un carton plein avec une caisse qui respire mais sans être excessivement relâchée, et un excellent bilan vibratoire malgré des roues de 19 pouces. Pour une voiture « à batterie » on appréciera aussi le parfait accord vertical entre l’avant et l’arrière, comprenez que l’essieu arrière ne provoque jamais de relances. Mais le véritable point fort de la DS 9, c’est son insonorisation. Sur autoroute, on n’entend absolument aucun bruit parasite. Voilà qui est remarquable.

Quelques détails cependant nous ont irrité : le système d’aide au stationnement est tout simplement inutilisable tellement il est lent, et le dispositif de détection de somnolence est vraiment trop intrusif. Il suffit de quitter la route des yeux quelques secondes (ne serait-ce que pour changer de station de radio) pour qu’il se signale visuellement et acoustiquement. Dans le même ordre d’idée, l’aide active au maintien dans la voie est tout aussi sensible : sans mouvements réguliers du volant, vous aurez rapidement droit à un rappel à l’ordre.

Budget

Au terme de 790 km d’essai, notre DS 9 nous a laissé une consommation moyenne de 3,8 l/100 km. Un joli résultat, qui aurait été meilleur encore si nous avions pu recharger plus souvent. Mais on l’a déjà dit, l’autonomie électrique est assez limitée et donc forcément, il nous est arrivé à plusieurs reprises d’entamer un parcours autoroutier avec une batterie vide. La recharge peut s’effectuer sous une puissance de 7,4 kW. Comptez donc environ 2h30 pour recharger complètement une batterie vide.

Affichée à 55.990 €, la DS 9 E-Tense 250 n’a pas vraiment de concurrente directe, du moins pour ce qui concerne les hybrides rechargeables, bien plus chères si on considère les constructeurs allemands.

Conclusion

Cette DS-9 n’a pas manqué de nous séduire par sa prestance et son confort (habitabilité et insonorisation), au point de nous faire oublier son manque de noblesse mécanique. Reste que comme beaucoup d’autres sans doute, nous ne pouvons nous empêcher de nous poser la question : serions-nous prêts à mettre plus de 50.000 € dans une Française fabriquée en Chine, fusse-t-elle hybride rechargeable ? Une chose est sûre en tout cas, rouler en DS 9 vous assurera une belle exclusivité !

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