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Élargissement de l’Union européenne: au-delà de Kiev, Chisinau et Tbilissi, les 27 entrouvrent la porte à la Bosnie

Dans la foulée de la rencontre avec les dirigeants des Balkans occidentaux, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE ont réaffirmé jeudi leur « engagement plein et non-équivoque » à la perspective d’adhésion à l’UE de ces pays partenaires, et ont appelé à une « accélération » de leur processus d’adhésion

La Bosnie-Herzégovine a droit à une mention spéciale dans les conclusions validées jeudi par les 27 dirigeants, lors de leur première journée de sommet : le Conseil européen « est prêt à octroyer le statut de candidat » à ce pays, est-il indiqué.

La Bosnie-Herzégovine avait officiellement demandé d’adhérer au bloc début 2016. La Commission européenne avait adopté en mai 2019 son avis sur cette demande d’adhésion. Elle avait alors défini 14 priorités essentielles auxquelles le pays doit se conformer en vue de l’ouverture des négociations. « On ajoute une étape, on précise désormais qu’ils peuvent avoir le statut de candidat, mais que cela se fera sur base de ces 14 critères. La décision devrait avoir lieu avant la fin de l’année », a indiqué le Premier ministre Alexander De Croo à ce sujet, jeudi soir.

Autriche, Croatie, Hongrie et Slovénie insistaient pour donner sans attendre un statut de candidat à la Bosnie, un point qui n’était pas prévu à l’ordre du jour du sommet, selon une source proche des discussions. Mais beaucoup d’autres pays ne souhaitaient pas d’emballement, parmi lesquels la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark ou encore le Portugal.

Finalement, le Conseil européen renvoie le dossier bosnien à la Commission, lui demandant de faire rapport « sans délai » sur l’état de mise en œuvre des 14 priorités qui avaient été définies.

Le Conseil européen salue déjà « l’accord politique » conclu entre différents représentants de Bosnie-Herzégovine le 12 juin dernier, alors que le fonctionnement particulier de ce pays fait encore l’objet de désaccords entre l’entité serbe, les Croates bosniens et les Bosniaques.

Également dans les Balkans occidentaux, les Premiers ministres d’Albanie et de Macédoine du Nord, ainsi que le président de Serbie avaient été fort critiques face à la presse, à leur arrivée à Bruxelles puis dans une conférence de presse commune après la rencontre avec les 27. Alors que les portes semblent s’ouvrir à une vitesse record pour l’Ukraine, ils n’ont pas été tendres au sujet de l’Union, accusée d’avoir lancé de belles promesses qui tardent à se concrétiser, que ce soit pour les visas des Kosovars ou l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord (bloquée par la Bulgarie) et l’Albanie (couplée à la Macédoine du Nord).

Plusieurs sources européennes affirment cependant que l’ambiance n’était pas agressive lors de la réunion UE-Balkans occidentaux. « Les dirigeants des Balkans occidentaux voient ce qu’il se passe avec l’Ukraine et veulent d’une certaine manière utiliser cela à leur avantage. Et cela fonctionne, car les lignes bougent un peu », note une source diplomatique.

Il y a un sentiment, partagé par une majorité des 27 selon cette source, qu’il faut désormais que l’UE passe à l’action avec les Balkans occidentaux, n’en reste plus au stade des mots et des réaffirmations. Ce qui a été confirmé par Alexander De Croo jeudi soir. « Tout le monde comprend bien que l’on doit avancer dans ces dossiers-là », indique-t-il.

À la table européenne, le Premier ministre bulgare Kiril Petkov, qui vient de perdre la confiance de son parlement, a expliqué que ce même parlement se prononcera malgré tout, sous peu, sur un compromis proposé par la France dans le différend avec la Macédoine du Nord, ce qui pourrait esquisser une piste de déblocage. Le vote aurait même lieu demain, vendredi.

Sur l’Ukraine, à laquelle le statut de candidat est octroyé (ainsi qu’à la Moldavie), « le signal que l’on donne d’un point de vue géopolitique est clairement un signal fort », souligne Alexander De Croo. Mais ce ne sera certainement pas « pour demain » ni même « dans 5 ans », répète le Premier ministre, qui martèle l’importance de « maintenir le processus d’adhésion » dans son intégrité. « Ils ont tout à faire ».

En soirée, les dirigeants abordaient, pour un premier tour de table, le concept d’« Europe élargie », à savoir la proposition du président français Emmanuel Macron d’une communauté politique européenne. Plusieurs pays des Balkans ont fait part de leur intérêt, tout en soulignant que cette coopération ne devrait pas se substituer au processus d’élargissement.

Devant la presse, le président français a expliqué que la communauté politique européenne était là aussi pour les processus d’élargissement qui « peut-être, n’aboutiront pas ». « On n’a pas tous vocation à habiter la même maison, mais on partage la même rue. On n’a sans doute pas tout à fait les mêmes standards sur l’État de droit, on a des situations très lointaines sur le plan économique et social, qui ne permettent pas le marché unique, mais on doit renforcer nos liens stratégiques, en matière de défense, géopolitique, énergie, infrastructures, des projets de circulation de personnes… », a-t-il exposé. Sur la forme que cela prendrait, Emmanuel Macron évoque « de vraies discussions géopolitiques deux fois par an ».

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