Un prêt de 30 millions d’€ et une taxe sur les déchets nucléaires pour sauver Huy

Christophe Collignon et eric Dosogne.
Christophe Collignon et eric Dosogne. - D.R.

On le sait, depuis des années, la centrale nucléaire est la vache à lait de la Ville de Huy. Les taxes imposées par la Ville à Engie rapportent chaque année 15 millions (sur un budget de global de 45 millions).

Le calendrier de sortie du nucléaire prévoit la fermeture d’une première unité dès février 2023 et des deux autres en septembre et octobre 2025. Certes, un accord politique serait intervenu pour prolonger Tihange 3 de 10 ans, mais ce dernier n’a, à l’heure actuelle, pas encore été formalisé.

En outre, comme l’ensemble des communes wallonnes, Huy est confrontée à des enjeux financiers majeurs. Il s’agit notamment du financement de la police, de la sécurité civile, de l’aide sociale et du financement des pensions.

S’il veut éviter le crash, le Collège doit anticiper. Un fonds nucléaire a été mis en place en 2013 : depuis, 16 millions ont été récoltés. Ils ne suffiront pas à équilibrer les pertes… Voilà pourquoi le Collège a décidé d’actualiser son plan de gestion. Il sera examiné ce lundi par le conseil communal.

Plan Oxygène

« Nous ne voulons licencier personne à la Ville de Huy et nous voulons continuer à assurer les différents services à la population sans augmenter les taxes. C’est pourquoi nous avons mis en place une série de mesures dans le cadre de l’actualisation de notre plan de gestion », annonce le bourgmestre f.f. Eric Dosogne (PS).

L’une des mesures principales a été obtenue dans le cadre du plan « Oxygène ». Ce plan de soutien aux communes a été mis en place par la Région Wallonne sur proposition du ministre des pouvoirs locaux, à savoir… Christophe Collignon (PS).

Grâce à ce plan Oxygène, les communes vont pouvoir emprunter pendant 5 ans pour faire face à l’explosion des coûts.

Pour la ville de Huy, le soutien apporté consiste en l’octroi de prêts, entre 2022 et 2026, pour un montant total de 27.845.541euros à 31.331.513 euros. « Nous pourrons bénéficier chaque année d’un prêt d’environ 6 millions d’euros. Cela nous permettra d’atterrir en attendant que les différentes mesures d’économie prévues soient mises en place », commente Éric Dosogne. Il ajoute que ce prêt d’environ 30 millions est remboursable en 30 ans, sans intérêt, à hauteur de 85 % de la somme globale. « C’est une réelle bouffée d’oxygène pour les finances communales », se réjouit-il.

5 millions d’euros

L’autre nouvelle mesure phare consiste en la création d’une taxe « sur le stockage des déchets nucléaires. » Jusqu’à présent, cette taxe n’existait pas et ce, même si certains déchets nucléaires sont temporairement entreposés à Tihange dans des piscines ultra-sécurisées.

En février 2020, en vue notamment du démantèlement, Engie a cependant obtenu un permis pour construire un nouveau bâtiment destiné à entreposer « à sec » des conteneurs de combustible nucléaire usés. C’est ce nouveau centre d’entreposage, prévu pour une durée de 80 ans, que le Collège souhaite taxer. « Il s’agirait d’une taxe annuelle de 5 millions d’euros par an », annonce Éric Dosogne.

Même si elle ferme partiellement, la centrale de Tihange devrait continuer à être un élément essentiel des finances hutoises.

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