François Damiens («Fourmi»): «On démarre haut en couleur»

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Mars Films

« Fourmi » vous offre une nouvelle fois un rôle de père après « La famille Wolberg », « Suzanne », « La famille Bélier », « Les cowboys », « Des nouvelles de la planète Mars » et, bien sûr, « Mon ket »…

C’est juste un concours de circonstances, je crois. Ce qui m’a intéressé chaque fois, c’est que ces histoires avaient un prisme différent qui me donnait envie de monter dans l’aventure. Si j’avais eu le sentiment de refaire le même film, j’aurais refusé. Je lis beaucoup de scénarios qui me donnent cette impression, où je me vois trop bien faire le personnage, et ça ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est quand il y a un défi à relever. Ici, c’était que ce père reste attachant malgré ses défauts, qu’on ait envie qu’il s’en sorte, pour lui, pas seulement pour Théo, son fils. Dans la vie, quand je vois un tel père qui fait autant de mal à ses enfants, alcoolo, irascible, je n’ai pas envie de l’aimer, je suis plutôt mécontent.

C’est vrai que ce papa séparé, fauché, alcoolo, sans boulot, sans vrai domicile, paraît en roue libre, s’accrochant à son fils comme à une bouée de sauvetage.

On démarre haut en couleur, c’est vrai, parce que son fils doit se sentir gêné par son comportement. Mais sinon, quand je tourne un film, j’essaye de m’éloigner des « Caméras cachées », de ne pas en faire des tonnes. Sinon les gens n’iront pas voir le film. Ils ne vont pas payer une place pour regarder ce qu’ils peuvent avoir gratuitement sur Internet ! Quand Julien Rappeneau est venu me parler de « Fourmi », « Mon ket » n’était pas encore sorti, et je n’ai pas pensé une seconde à un rapport entre les deux. Ici, on suit tout autant le père que le fils.

Doué pour le foot, il lui fait croire que le Club d’Arsenal l’a choisi pour intégrer leur école, mais que les dirigeants veulent que son père prenne les choses en main. En réalité, il n’a pas été sélectionné…

L’enfant va lui mentir, mais pour son bien, pour l’aider à remonter la pente, et il va se retrouver coincé par son mensonge. Le fils devient un peu le père de son père, mettant en marche toute une machinerie qui le dépasse, car tout l’entourage va se mettre à y croire aussi.

Quand vous jouez le père qui vocifère, insulte les autres parents autour du terrain, ça vous fait quoi ?

Ce genre de comportement, c’est vraiment de la science-fiction pour moi. J’ai un fils qui a joué au foot et que j’ai souvent été soutenir au club d’Ohain. Je suis tout le contraire de ce personnage. Quand je vais le voir jouer, je me fais tout petit, super-discret. Je ne crie même pas quand mon fils marque un but, mais ce n’est pas arrivé souvent ! (Rires.) Je regarde presque plus les parents qui hurlent que les enfants. Je ne comprends pas comment on peut se mettre dans un état pareil pour un match de foot amateur entre mômes. Ils ont peut-être tellement envie d’être à leur place que ça leur monte à la tête. Je n’ai pas de problème avec ça, mais je ne pige pas.

« Fourmi », 3 juillet, 21h05, France 2.