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Canal Seine-Nord Europe: c’est parti pour le chantier du siècle

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A proximité de la RD 66, entre Ribécourt-Dreslincourt et Cambronne-lès-Ribécourt, quatre maisons ont été démolies. Ici trois ponts seront construits et un bassin sera creusé pour permettre aux péniches de faire demi-tour.
A proximité de la RD 66, entre Ribécourt-Dreslincourt et Cambronne-lès-Ribécourt, quatre maisons ont été démolies. Ici trois ponts seront construits et un bassin sera creusé pour permettre aux péniches de faire demi-tour. - (Photos FRED HASLIN)

« Le temps où l’on creusait des canaux avec des chevaux, en mettant la terre de déblai de chaque côté du canal, est bel et bien fini. » Debout au bord du canal latéral à l’Oise, entre Cambronne-lès-Ribécourt, Montmacq et Ribécourt-Dreslincourt, Pierre-Yves Delporte, directeur technique adjoint du secteur 1 de la Société du canal Seine-Nord Europe (SCSNE), embrasse du regard cette zone où seront construits trois ponts au-dessus de la future voie d’eau et creusé un bassin de virement permettant aux péniches de faire demi-tour.

Un premier marché de 60 millions d’euros attribué

Près de 40 ans après son inscription au schéma directeur national des voies navigables, le canal Seine-Nord Europe devient réalité. Les premiers chantiers se mettent en place et l’ouverture du canal à grand gabarit est prévue pour 2028. Le mercredi 22 juin, un marché de 60 millions d’euros pour les premiers grands travaux, dans le secteur de Ribécourt-Thourotte, a été attribué au groupement d’entreprises Nord Confluences, qui compte dans ses rangs l’entreprise beauvaisienne Oise TP.

À partir du mois de septembre, et pour une durée de 26 mois, il va s’agir de créer une nouvelle route qui enjambera le canal et permettra la jonction entre la RD 40 et la RD 932 à Pimprez et bouclera le contournement de Ribécourt ; de construire trois nouveaux ponts sur la RD 66 entre Montmacq et Cambronne-lès-Ribécourt et déconstruire les deux existants ; de déplacer la rivière Oise entre Thourotte et Montmacq et de créer un déversoir toujours à Montmacq.

« Le secteur 1 (NDLR : 18 km entre Compiègne et Passel, au sud de Noyon) est le plus complexe, observe Lina Pobeda, directrice du territoire Compiègne-Noyon à la SCSNE. Il cumule de nombreuses contraintes et difficultés, au contraire du secteur 2 qui mesurera 46 km et consistera essentiellement à creuser. » Le canal s’élance en effet depuis Compiègne, au niveau de l’usine Colgate dans la zone industrielle nord, dans un secteur urbanisé et va suivre et croiser le lit de l’Oise naturelle et son canal latéral. S’ajoute la proximité de zones industrielles, à Ribécourt-Dreslincourt et Thourotte, d’une voie ferrée.

« Nous sommes dans la vallée de l’Oise, où il y a des contraintes écologiques fortes, poursuit Lina Pobeda. Il comporte également sa propre écluse et sera, pour la société, le secteur pilote pour la mise en œuvre de tous nos dispositifs. » En particulier la concertation et l’information au public, qui ont guidé les premières étapes du projet, pour aider les riverains à accepter cette nouvelle voie d’eau, qui va profondément modifier le territoire pour les décennies à venir.

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Des aménagements pour compenser l’impact écologique

Remettre des rus en circulation. Empêcher les espèces végétales invasives de proliférer à cause des travaux. Planter des arbres. Dans le Compiégnois, le chantier du canal Seine-Nord Europe a commencé il y a cinq ans avec la plantation de peupliers, à proximité de la voie rapide entre Compiègne et Noyon. Il s’agit en effet de compenser l’impact écologique de la construction de cette gigantesque infrastructure. « Ces compensations sont mesurées en termes de fonctionnalité », détaille Lina Pobeda, directrice du territoire Compiègne-Noyon à la Société du Canal Seine-Nord Europe (SCSNE). « Il ne s’agit pas juste de replanter des arbres. Il faut que les zones retrouvent le même usage. »

En plus des plantations d’arbres, la société a par exemple l’obligation de maintenir la circulation des petits cours d’eau qui seraient coupés par le canal. C’est le cas du ru du Matz à Cambronne-lès-Ribécourt, pour lequel un microtonnelier devra être utilisé pour creuser sous le canal et assurer le passage de l’eau sur 170 m. Sur le terrain, à proximité des premiers chantiers, des filets de couleurs différentes doivent attirer l’attention des ouvriers. Les plantes protégées qu’il ne faut pas détruire sont entourées de filets verts. Les zones humides sont signalées par des filets jaunes. Et les filets orange délimitent les zones où se trouvent des espèces invasives, comme la renouée du Japon, qui fait l’objet de mesures spécifiques pour sa destruction.

Dans l’est de la Somme, un futur pont-canal unique en Europe

Avec 61 km des 107 km du tracé sur son territoire, l’est de la Somme sera le plus impacté par le chantier du canal. Lundi 27 juin, les entreprises ont eu à se positionner pour candidater à la conception-réalisation du futur pont-canal qui va franchir la vallée de la Somme à Cléry-sur-Somme. Un ouvrage unique en Europe, long de 1,3 km et suspendu à 30 m au-dessus du fleuve. La sélection de quatre candidats sera faite en septembre. Une phase d’échanges et de co-construction avec la Société du CSNE aura lieu pendant deux ans avant le dépôt des offres en 2024. L’heureux élu entamera le chantier en 2025.

400 000 m3 de déblais pour l’Entente Oise-Aisne

Le canal Seine-Nord Europe va s’étirer sur 107 km entre Compiègne et Aubencheul-au-Bac, dans le Nord. Son creusement va nécessiter le déplacement de milliers de mètres cubes de terre. Des terres excédentaires que la société du canal souhaite valoriser. Une convention a été signée le mardi 14 juin, à Laon, entre la société du canal et l’Entente Oise-Aisne pour la réutilisation de 400 000 m3 de déblais. L’Entente Oise-Aisne, syndicat mixte dont la mission est de réduire les risques d’inondation dans les bassins de l’Oise et de l’Aisne, pourrait utiliser ces matériaux pour la construction d’ouvrages d’écrêtement des crues à proximité de Longueil-Sainte-Marie, au sud de Compiègne.

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