Abonnez-vous au journal de votre région et recevez en cadeau une montre connectée Samsung Galaxy Watch4 ou un robot multifonction Domo

Policier et champion de bobsleigh, la vie à 100 à l’heure de Jérôme Laporal

Âgé de 28 ans, Jérôme Laporal est originaire de Marie-Galante, une des îles de la Guadeloupe, qu’il a quittée il y a 11 ans pour tenter sa chance comme footballeur dans l’Hexagone. C’est à Lille qu’il débarque, parce qu’il y a un ami. Mais assez vite, il bifurque vers l’athlétisme.

Une bonne intuition : au sein du LMA, le jeune ultramarin collectionne les performances. En 2017, il se positionne dans le top 20 des meilleurs sprinteurs français sur 60 m avec un record en 6”83.

Mais le très haut niveau n’est pas encore à sa portée quand Jérôme Laporal reçoit un message sur Facebook de Max Robert, troisième des JO 1998 et champion du monde 1999 de bobsleigh, qui cherchait un nouveau pousseur pour les Jeux de 2022. L’entraîneur de l’équipe de France ne tape pas à sa porte par hasard : avant lui, trois sprinters tourquennois avaient déjà été retenus pour ce poste, leur discipline en athlétisme requérant toutes les qualités pour être un bon « brakeman » (freineur).

Détaché à 70 %

Jérôme, qui a d’abord cru à un fake, est retenu. S’ensuit alors des mois d’une formidable aventure sportive qui lui fait faire un tour du monde, rendue possible par le fait que le jeune sportif intègre la police nationale, détaché à 70 %.

Policier, ce n’était pas vraiment une vocation pour le premier Marie-Galantais à participer à des JO d’hiver. Mais son oncle, officier à la BAC en Guadeloupe, l’avait incité à suivre cette voie. Et il a eu le déclic lors d’une intervention qui lui a permis de sauver une petite fille de 7 ans enlevée par son père. Aujourd’hui, avec un peu de recul, Jérôme remarque que son métier et le sport de haut niveau ont des points communs : «  Sur le terrain, un policier qui exécute mal une palpation peut faire capoter une opération, ou mettre les autres en danger. C’est un travail d’équipe. Au bob, c’est pareil, chaque détail compte pour réussir. Ce sont des mondes où il faut être courageux, sérieux, maître de soi ».

L’envie de transmettre

Jérôme attend de savoir s’il sera sélectionné pour les JO de Milan en 2026. Il pense consacrer encore un an de sa vie au sport de haut niveau, avant de se recentrer sur son métier au sein de la police qui, dit-il, « l’a fait grandir en tant qu’homme ». Lui se voit dans la formation, parce qu’il a « envie de transmettre ». Mais ses supérieurs l’imaginent bien rejoindre les hommes du RAID (recherche, assistance, intervention, dissuasion). Le Guadeloupéen ne ferme pas complètement la porte. C’est vrai qu’il a bien des atouts pour rejoindre ce corps d’élite.

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo