Notre grande interview avec Valérie De Bue: «Le changement des rythmes scolaires représente une opportunité pour notre tourisme»

Rythmes scolaires: «il y aura une offre adaptée».
Rythmes scolaires: «il y aura une offre adaptée». - V.Lorent

Entre Covid et crise énergétique, les touristes et les Belges viendront/resteront en Wallonie ?

« Avant 2020, il y avait 15 à 16 % des Belges qui envisageaient de prendre leur vacances en Belgique. On est aujourd’hui à 27 %. Ce qui influence la décision, selon le baromètre Ipsos sur 15.000 personnes sondées en Europe et 1000 en Belgique, c’est l’inflation (62 %), les raisons personnelles ou familiales (54 %), le Covid (44 %) et la guerre en Ukraine (43 %). »

Un tourisme de proximité, donc ?

« Les Belges disent qu’ils ont l’intention de partir 2 semaines cet été. C’est une très bonne nouvelle pour notre tourisme. La Wallonie est orientée proximité : Néerlandais, Français, Allemands et Anglais. Le grand public international vient ponctuellement quand il visite l’Europe. Le public extra-européen n’est pas encore revenu en masse chez nous. »

Les agences de voyages pensent assez à la Wallonie ?

« On a des contacts avec les agences de voyages et la fédération des autocars pour valoriser certains produits touristiques pour l’international. Les tour-opérateurs apprécient le tourisme de proximité et veulent (durable, slow tourisme…) utiliser la Wallonie dans cet aspect. La qualité de vie de la Wallonie à ce niveau est un atout ».

Doit-on craindre le changement des rythmes scolaires ?

« Il y aura une offre adaptée. C’est une opportunité pour organiser le tourisme toute l’année et de diversification en mettant le patrimoine et les villes en valeur. Il y a des possibilités en automne, en hiver et pas qu’en été en Wallonie. »

À terme, on peut espérer aussi plus de zones de baignade ?

« C’est de la compétence de la ministre de l’environnement. Elle a la volonté d’augmenter les zones de baignade. C’est une opportunité d’avoir plus de touristes en Wallonie et qui n’iront pas à la mer et qui pourront aller dans des endroits moins bondés. »

Vous lancez aussi le voucher de formation numérique pour accélérer la digitalisation du tourisme wallon ?

« On renforce l’accompagnement numérique des opérateurs touristiques autorisés. Ce voucher numérique donnera accès à des séances de formation avec un triple objectif : sensibiliser, former et informer. Les touristes sont de plus en plus connectés et s’attendent à rencontrer des professionnels qui le sont tout autant. »

Vincent Liévin

«Respecter les riverains»

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Photonews

Vous avez reçu des plaintes de communes à propos des motos ?

« Les motards sont des ambassadeurs du tourisme en Wallonie, mais il y a des dérives de quelques-uns qui font beaucoup de bruit. Je parle bien d’une minorité. Certaines communes souhaitaient réagir. En France, il existe des tronçons de voirie qui sont interdits au motard. L’année passée, nous avions été contactés par les riverains et les communes de la vallée de la Lienne pour diminuer le bruit et la vitesse des motos. Une expérience pilote avait été mise sur pied en 2021 avec des pochoirs sur la route. »

Avec des résultats intéressants ?

« Il y avait eu une campagne de sensibilisation et des contrôles renforcés de la vitesse et des sonomètres. Nous avons aussi mis à la disposition des zones de police des radars Lidar. Je sais qu’il n’y a pas un lien permanent entre la vitesse et le bruit. On peut rouler à 70 km/h et faire beaucoup de bruit. Mais il ne faut pas que certaines routes de vallées soient transformées en circuit. Cela peut devenir des rodéos campagnards et Fedemot condamne ce type de comportement d’une minorité qui exaspère. »

D’autres communes participent cette année ?

« Cette réflexion permet d’éviter l’exclusion ou la fermeture de certaines routes aux motards. On recommence ce projet dans la zone de Stavelot Malmédy (avec le contrôle de vitesse), on le fait aussi dans le Condroz, les Arches (Andenne, Assesse, Ferlemont…), la Haute Meuse (Dinant, Hastière, Yvoir…) et Condroz Famenne (Ciney, Havelange, Somme-Leuze…). On étend donc le projet parce qu’il y a une demande. Le tourisme et la sécurité routière sont liés. »

Votre message envers les motards se veut clair…

« Adaptez votre vitesse pour la sécurité de tous. La route n’a jamais été un espace aussi partagé qu’aujourd’hui où se côtoient des modes de déplacement multiples se déplaçant à des vitesses différentes. »

V.Li.

La Wallonie plus attractive pour les motor-homes

Vous voulez diversifier le tourisme wallon?

“Les vacances à vélo en Wallonie avec des hébergements adaptés, avec des réparations possibles...Ce sont des vacances à des prix abordables. On a une réflexion aussi pour le tourisme fluviale (La Louvière, Namur....) et les motor-homes. Les touristes sont affiliés à des clubs de motor-homes dans toute l’Europe. Dans le plan de relance, il y aura des projets pour améliorer l’attractivité des aires avec une qualité égale. Par ailleurs, le public du motor-home possède un panier de dépense important.”

Tourisme et préservation de la nature, c'est possible ?

“Les propriétaires privés et publics de forêts demandent que l’on canalise les flux dans les forêts dans la nature. Le meilleur exemple, c'est le projet VTT. Nous avons travaillé avec la Mountain Bike fédération et avec les clubs locaux pour créer des trails basé sur les besoins des VTTistes. Les circuits sont construits en accord avec la commune. Nous avons 8 trails en Wallonie. On structure l’offre et on répond une demande internationale. A Spa, on remarque qu’il y a plus d’Allemands et d’autres pays. Nous répondons à des besoins. Des magasins de vélos s’installant aussi à proximité. On crée donc un écosystème. Ceux qui sont venus à Spa pourront partir à Bouillon...ils viennent en famille. »

V.Li.

2 tiers des utilisateurs évaluent correctement leur alcoolémie

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BelgaImage

Depuis le 15 juin, des bornes éthylotests ont été installées en Wallonie dans des lieux de fêtes dans le cadre d’un projet pilote lancé par la ministre. Après 15 jours, un premier bilan est tiré : 1.352 tests ont été effectués dans 6 lieux différents. « Cette expérience pilote va durer 6 mois et permet aux personnes de tester leur alcoolémie. La borne affiche une information sur l’état de la personne au moment du test. La borne permet à l’utilisateur de mieux se connaître lui-même. Suivant les chiffres qu’il découvre, il apprend à prendre la bonne décision. Une personne peut se dire : « j’ai bu deux verres, c’est bon »… alors que ce n’est pas le cas. En outre, un jeune peut utiliser la borne plusieurs fois dans la soirée pour mieux apprendre à s’arrêter à temps… »

Vous avez les premiers résultats ?

« On voit clairement des pics d’utilisation le week-end et le samedi. C’est surtout pendant les après-midi/soirées et nuits du vendredi au samedi et du samedi au dimanche que les bornes sont utilisées. »

Un enseignement à retenir ?

« Environ 2 tiers des utilisateurs évaluent correctement leur alcoolémie (donc 1 utilisateur sur 3 s’évalue mal). Par ailleurs, la moitié des utilisateurs avait un taux supérieur à la limite légale. »

C’est une alternative à l’alcolock ?

« Tout à fait et en même temps l’alcolock ne donne pas d’infos. Ici, la personne est un peu plus conscientisée. C’est aussi pour cela que l’on a choisi cette borne parce qu’elle ne se contente pas juste de dire « trop bu » ou « pas trop bu ». Elle va plus loin dans la conscientisation de la personne qui l’utilise. Il y a une interaction. »

V.Li.

La Wallonie plus attractive pour les motor-homes

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Photonews

Vous voulez diversifier le tourisme wallon ?

« Les vacances à vélo en Wallonie avec des hébergements adaptés, avec des réparations possibles… Ce sont des vacances à des prix abordables. On a une réflexion aussi pour le tourisme fluvial (La Louvière, Namur…) et les motor-homes. Les touristes sont affiliés à des clubs de motor-homes dans toute l’Europe. Dans le plan de relance, il y aura des projets pour améliorer l’attractivité des aires avec une qualité égale. Par ailleurs, le public du motor-home possède un panier de dépense important. »

Tourisme et préservation de la nature, c’est possible ?

« Les propriétaires privés et publics de forêts demandent que l’on canalise les flux dans la nature. Le meilleur exemple, c’est le projet VTT. Nous avons travaillé avec la Mountain Bike fédération et avec les clubs locaux pour créer des trails basés sur les besoins des VTTistes. Les circuits sont construits en accord avec la commune. Nous avons 8 trails en Wallonie. On structure l’offre et on répond une demande internationale. À Spa, on remarque qu’il y a plus d’Allemands et d’autres pays. Nous répondons à des besoins. Des magasins de vélos s’installant aussi à proximité. On crée donc un écosystème. Ceux qui sont venus à Spa pourront partir à Bouillon… ils viennent en famille. »

V.Li.