Transports publics: Wallonie et Flandre dans des directions opposées

De Lijn est désormais plus autonome.
De Lijn est désormais plus autonome. - News

Le nouveau contrat est une petite révolution pour De Lijn, qui obtient beaucoup plus d’autonomie. L’entreprise de transport est non seulement autorisée à rendre son offre plus flexible, mais aussi à déterminer elle-même le prix des billets de tram et de bus, à l’exception des tarifs sociaux. Jusqu’à présent, toute modification des tarifs devait être soumise au gouvernement flamand.

On ne connaît pas encore l’impact de cette décision sur les prix des billets, mais De Lijn avait auparavant indiqué vouloir par exemple augmenter le prix aux heures de pointe et les réduire aux heures creuses.

Parallèlement à cette plus grande autonomie, le gouvernement flamand a décidé de poursuivre la privatisation des transports publics en Flandre. De Lijn confie déjà une part des voyages à des partenaires privés. Cette part passera de 29,3 à 33 % dans les prochaines années.

Le budget d’investissement de De Lijn va par ailleurs augmenter de 120 millions d’euros par an, pour atteindre une moyenne de plus de 260 millions d’euros par an. Ces fonds sont destinés aux investissements stratégiques, aux investissements dans les projets de gares et aux investissements d’écologisation.

UNE VISION DIFFÉRENTE EN WALLONIE

Un modèle transposable pour le Tec en Wallonie ? Pas vraiment. L’idée est loin d’être à l’ordre du jour comme le confirme Éric Biérin, le porte-parole du ministre wallon de la Mobilité et des Infrastructures, Philippe Henry.

L’idée est de tendre vers une quasi-gratuité. « Il y a une politique ciblée sur un certain nombre de publics pour rendre le transport quasi gratuit puisque c’est 1€/mois pour 18-24 ans, les BIM et les 65 ans et plus (NDLR : l’abonnement TEC coûtera 12 € par an à partir du 1er septembre 2022, pour un accès à tout le réseau, y compris les lignes Express). Donc, on est plus dans ce type d’approche que dans une libéralisation des prix. De Lijn se dirige plutôt vers une pression sur les prix à travers une concurrence accrue, vu qu’ils envisagent de libéraliser une partie des transports. Nous ne sommes pas dans la même approche et en l’occurrence, ici, c’est le gouvernement (NDLR : wallon) qui fixe le prix. »

Si De Lijn envisage d’investir 260 millions d’euros par an, rappelons également que la Wallonie investit à peu près le même montant annuellement : le budget du financement du transport public étant de 1,1 milliard d’euros de 2022 à 2026.

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