L’édito de Guy Lemaire > Les mères

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Ce terme de « mère » n’a rien de péjoratif. Il est au contraire affectueux. Il a désigné plusieurs générations de cuisinières (essentiellement de l’Ain et de Lyon) employées dans des maisons de la grande bourgeoisie avant de se mettre à leur compte.

On en situe quelques-unes déjà avant la Révolution, plus nombreuses courant 19e et en pleine expansion (des dizaines, voire des centaines) dans la première moitié du 20e siècle. La mère des Mères était Françoise Fillioux, encore surnommée « la Reine des Poulardes ». C’est elle qui forma entre autres la Mère Brazier, première femme triple étoilée au Michelin (et même deux fois puisqu’elle avait un restaurant à Lyon et un autre au Col de la Luère).

La Mère Bourgeois compta aussi 3 étoiles dans les années 1930. De grands chefs comme Bocuse, Fernand Point, Alain Chapel se formèrent en partie auprès de ces « Mères ». Brigousse, Pompon, Charles, Jean, Guy et la Mère Blanc, grand-mère du célèbre chef Georges Blanc. La dernière d’entre elles, la Mère Léa exerça jusqu’en 1981. C’est elle qui avait posé sur son chariot pour les courses au Marché Saint-Antoine de Lyon une pancarte affichant « Faible femme mais forte en gueule ».

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