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«Au Bénin, il n’y a pas de détenus politiques» affirme le président béninois

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«Au Bénin, il n’y a pas de détenus politiques, personne n’est détenu au Bénin pour son opinion politique, mais des gens sont détenus pour avoir agi, pour avoir commis des délits et des crimes dans le champ politique. C’est vrai», a affirmé M. Talon.

Il répondait à la question d’un journaliste français lui demandant s’il comptait faire libérer prochainement deux figures de l’opposition condamnées fin 2021 à de lourdes peines d’emprisonnement.

«Je suis droit dans mes bottes», a déclaré le président béninois, ajoutant toutefois ne pas exclure des «actes de grâce ou d’amnistie» dans le futur.

Élu en 2016, réélu en 2021, le président Talon a lancé des réformes politiques et économiques tous azimuts en vue d’engager son pays dans la voie du développement. Mais cette modernisation s’est aussi accompagnée d’un important recul démocratique, selon l’opposition, réduite quasiment à néant aujourd’hui.

Les grandes figures de l’opposition ont toutes été poursuivies par la justice. Elles sont soit en exil, soit emprisonnées, comme l’ancienne Garde des Sceaux Reckya Madougou condamnée à 20 ans de réclusion pour «terrorisme» et le constitutionnaliste Joël Aïvo, condamné à 10 ans de prison pour «complot contre l’autorité de l’État» en décembre 2021.

Le président béninois a reconnu que l’image de son pays avait été «un peu écornée par la situation politique», ajoutant qu’"il faut pouvoir aménager la donne politique de sorte que ça donne une bonne image, favorable au développement économique».

Le président Macron n’a fait aucune mention des condamnations ou du recul démocratique dans le pays ouest-africain au cours de ses déclarations publiques, en dépit de nombreux appels d’organisations de défense des droits humains et d’une partie de l’opposition française et béninoise.

Les présidents français et béninois ont toutefois affirmé avoir abordé les sujets politiques lors de leurs échanges privés, sans donner plus de détails.

«Je suis étonné que le président français qui est à la tête d’une si grande démocratie choisisse de venir au Bénin dans un contexte politique particulièrement difficile pour les opposants et les voix discordantes», avait déclaré en amont de cette visite le militant des droits humains béninois Abdel-Madjid Adelakoun.

«Si au terme de cette visite, les lignes ne bougent pas et que la situation ne s’améliore pas, le président Macron aurait eu tort de fouler le sol béninois», a-t-il ajouté.

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