En ce momentCoupe du monde 2022Permis de conduire Accueil Régions Luxembourg Actualité de la région du Luxembourg

Jonathan Martin, échevin à Libramont: «Je suis inquiet pour mon parti DéFI»

Suite à la démission de Jean-Claude Javaux de la présidence de DéFI Luxembourg, nous avons interrogé Jonathan Martin, le seul élu direct du parti dans notre province. Il n’a quasi plus de contacts avec les instances supérieures de son parti.

Jean-Claude Javaux vous a remplacé lorsque vous-même avez démissionné en mars 2021. En juin 2021, aucun candidat ne remporte assez de suffrages. L’AG de DéFI Luxembourg invite Jean-Claude Javaux à prolonger son intérim. Et aujourd’hui, il démissionne.

À l’époque, je n’avais pas été le seul à démissionner du bureau. Jasmine Arendt, secrétaire provinciale, avait aussi quitté le bateau.

Vous êtes surpris d’avoir appris la démission de Jean-Claude Javaux ?

Non, je ne suis pas surpris car je me rends bien compte que les problèmes internes perdurent. La situation vécue lors de l’AG devait être comprise par la direction comme un message et la nécessité de se mettre autour de la table. Ce ne fut malheureusement pas le cas. Pourtant, je suis convaincu que Jean-Claude a tout fait pour que ça marche. Mais il s’est découragé en chemin.

Quand vous parlez de problèmes, vous sous-entendez les relations avec les instances supérieures du parti ?

J’estime qu’il y a un désintérêt et un manque de pro activité de leur part. Les relations entre la fédération du Luxembourg et la nouvelle direction du parti (régionale et fédérale) sont réduites à leur plus simple expression. Quand Olivier Maingain était président, il était très mobilisé dans les médias, sur le terrain et au Parlement pour défendre les dossiers luxembourgeois. Je pense à la défense des services publics, au rail, aux soins de santé ou encore à l’état de la Justice. On avait une vraie visibilité. Aujourd’hui, tout cela paraît très lointain. De base, nous sommes un parti de municipalistes. On a pourtant le sentiment qu’il y a une perte de considération pour le travail politique de proximité et qu’on se focalise exclusivement sur le fédéral. Je suis le premier à reconnaître le travail de qualité qui est mené à cet échelon par nos deux députés, mais l’action du parti ne peut être réduite à ça. Olivier Maingain appréhendait aussi autrement les problèmes humains.

Vous vous sentez un peu orphelin ?

Olivier Maingain était très présent aux côtés de ses fédérations et sections en Wallonie, il était reconnaissant du travail fourni par les militants, il était enthousiasmant et mobilisateur. Cela nous galvanisait. Ce n’est pas pour rien que nous étions, à l’époque, reconnus sur la scène politique provinciale. On venait régulièrement avec des dossiers de fonds, d’investigation. Et il y avait de bons retours.

Vous êtes la figure historique de DéFI en Luxembourg, seul mandataire exécutif, et votre relation avec votre parti s’est réduite quand même à peau de chagrin ?

Je ne suis plus une personne qu’on consulte, c’est certain. Mais j’ai fait mon deuil. De mon côté, je me concentre sur mon travail d’échevin à Libramont. Et je pense que les résultats sont là. J’ai par contre toujours des contacts réguliers avec Olivier Maingain, qui s’est d’ailleurs déplacé plusieurs fois à Libramont depuis qu’il n’est plus président. Vous savez, le jour où j’ai démissionné, c’est le seul qui m’a appelé pour essayer de comprendre. Aucun membre de la nouvelle direction n’a pris la peine de prendre son téléphone. Je pensais naïvement que ça comptait d’avoir été président provincial pendant 11 ans, numéro 2 du parti et l’un des rares échevins du parti en Wallonie. Mais on dirait que non. Après, je n’en fais pas une maladie : j’avance.

Vous allez rester membre du parti ?

Aujourd’hui, si je reste membre, c’est pour trois raisons. D’abord parce que je me retrouve toujours dans ce modèle libéral-social défendu par mon parti. Sur les fondamentaux et les idées, je suis raccord. C’est sur la manière de faire les choses que j’ai plus de problèmes. Ensuite, la loyauté envers notre ancien président Olivier Maingain et la reconnaissance pour cette confiance qu’il a un jour placée en moi. Enfin, des amitiés qui se sont créées au sein de ce parti. Mais je n’ai pas de tabous. Et ce qui m’importe, c’est de faire avancer des dossiers dans l’intérêt de la population.

L’avenir du parti ?

Je m’interroge, je suis inquiet quant au devenir du projet wallon du parti. Quand je suis devenu président wallon, on avait 10 élus. Lorsque j’ai quitté la fonction, on en avait 75 et on était rentré dans une dizaine de majorités. Pour le moment, les sondages nous ramènent à nos débuts alors que nous étions sur une rampe de lancement. Si on devait déposer des listes demain, comme en 2018 et 2019, je ne sais pas comment on ferait. En Luxembourg, le découragement fait aussi que nous ne sommes plus présents sur les grands enjeux provinciaux depuis deux ans. Je discute plus de politique avec des membres d’autres partis qu’au sein du mien. L’éloignement géographique n’explique pas tout.

Est-ce que vous avez, vous aussi, l’impression que le parti est devenu clanique avec les pro-Maingain et les autres ?

Je n’ai pas envie d’entrer dans ce genre de débat, même si des choses circulent à ce propos. Mais si j’ai démissionné, je l’ai aussi fait pour mettre plus à l’aise une nouvelle direction qui souhaitait manifestement rompre avec le passé. On n’écrit pourtant pas l’histoire en oubliant la sienne.

La suite ?

Il y a des élections internes au parti en décembre-janvier.

Quelle sera la solution transitoire ?

Je n’en sais rien. Et je doute qu’on me demande mon avis.

Notre sélection vidéo
Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo A ne pas rater

Aussi en Luxembourg Actu

Voir plus d'articles