Arnaud Delvenne: «Top Chefm’a beaucoup aidé mais je ne garderai pas l’étiquette»

Arnaud Delvenne dans son resto Nono, qui cartonne.
Arnaud Delvenne dans son resto Nono, qui cartonne. - Janssens

Ce vendredi, vous allez être fait « Citoyen d’honneur » de votre ville, Liège. Qu’avez-vous de liégeois en vous ?

Étant liégeois depuis ma plus tendre enfance, être remercié par une telle distinction à 37 ans, c’est une belle reconnaissance de la part de notre bourgmestre Willy Demeyer. J’ai le cœur et l’esprit liégeois. Je pense que j’ai porté cet esprit jusque dans les cuisines de « Top chef » ! Le décalage avec les autres fait cet esprit liégeois. On est des boute-en-train, des bons vivants… Liège est une ville où on n’est jamais seul, où la notion de partage est importante. Ce n’est pas pour rien que je l’ai dans mon cou ! C’est la plus belle, même si elle est en travaux…(rires)

Parmi vos derniers projets, outre votre resto Nono, il y a aussi le Bistrot Top Chef qui a ouvert près de Paris auquel vous collaborez…

Oui, à la genèse du projet, il y a le concept des Bistrots Pas Parisiens de Hakim Gaouaoui avec qui je m’associais pour garantir une charte qualitative. C’est un joli clin d’œil vu car je ne suis pas parisien, et ça me permet de continuer d’être ambassadeur de ma ville de Liège, montrer qu’on y a une belle gastronomie et de beaux producteurs. Le Bistrot Top Chef a germé dans la tête de Hakim et de Stéphane Rotenberg (le présentateur de « Top Chef », NdlR). C’est sûr qu’il y avait un créneau à prendre, que quelqu’un a loupé le coche avant parce qu’en 13 ans, il y a toujours un engouement certain pour « Top Chef » ! (sourire)

Cela vous associe encore un peu plus à la marque « Top Chef »…

Oui mais il est clair que je ne vais pas garder à vie l’étiquette « Top Chef ». Cette aventure-ci me permet de rencontrer d’autres candidats qui ont fait avant moi l’émission, et puis, notre métier c’est le partage.

En quelques mois, vous avez acquis une très belle notoriété. Un peu pesante ?

Je suis pas mal sollicité et la notoriété c’est très agréable mais je dis toujours que je n’ai pas arrêté une guerre, que je n’ai pas sauvé une vie, j’ai juste cuisiné avec le même cœur que dans mon enfance. Il ne faut pas non plus oublier que l’essentiel dans la vie c’est le travail, c’est ça qui paie. Au-delà de la notoriété, « Top Chef » m’a beaucoup apporté. On me dit très ouvert aujourd’hui que je suis quelqu’un de très ouvert, alors que j’ai toujours été plutôt effacé dans la vie. « Top Chef » m’a aidé sur beaucoup de choses – mon opération aussi (il s’est fait poser un by-pass gastrique, NdlR) –, ça a été un tremplin dans ma mentalité, j’ai regagné de la confiance. Depuis le décès de ma maman, l’être le plus important au monde, j’essayais de trouver ma place. Passé deux mois retiré de la vraie vie pour faire « Top Chef », ça m’a permis de me recentrer. Je suis aujourd’hui plus souriant, moins emmerdeur qu’avant… À 37 ans, c’est quand même pas trop tôt ! (rires)

Cette confiance en vous vous a aussi permis de rencontrer votre nouveau compagnon. Vous parlez facilement de votre vie privée ?

Avec mon compagnon, ça a été rapidement dévoilé, j’aurais pu garder ça pour moi mais je n’ai rien à cacher et j’avais envie de partager le bonheur, que j’avais… et que j’ai encore ! Parfois, dire tout, c’est une façon de couper court à des questions, souvent on se fait du mal en cachant des choses. Maintenant, on est un peu plus discrets. Lui est quelqu’un d’assez discret, que j’ai rencontré dans le cadre professionnel.

La nouvelle édition de « Top Chef » aux États-Unis fera appel à quelques anciens candidats internationaux. Vous y verra-t-on ?

Je veux bien mais il me faudra une oreillette ! Je ne suis pas du tout bilingue… Je devrai me mettre une patate chaude dans la bouche, comme me disait ma prof d’anglais…(rires)

Charlotte Vanbever

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