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Lotte Kopecky, sprinteuse en or

L’Anversoise, sacrée championne d’Europe de la course à l’élimination, à Munich, se sert de la piste comme thérapie, après le ras-le-bol du Tour de France

«  J’en avais besoin ! » Lotte Kopecky n’avait pas caché sa déception au soir de la dernière étape d’un Tour de France qu’elle avait ardemment préparé mais lors duquel jamais elle n’avait trouvé la bonne carburation, ce petit bonus qui transforme un accessit en victoire. Le supplément d’âme, l’Anversoise l’a trouvé à Munich, deux semaines après la Grande Boucle, pas sur la route mais sur la piste du Messe Munchen.

Au bout d’une soirée chahutée, (trop) douloureuse pour de nombreuses concurrentes, la sprinteuse originaire de Rumst est en effet devenue championne d’Europe de la course à l’élimination. Sourire sous ses yeux clairs, petit geste de la main juste après les félicitations du patron de l’UCI David Lappartient, puis Brabançonne qui résonne au plus profond comme un soulagement. Tout le travail consenti ces dernières semaines, pour assimiler le Giro Donne et le Tour de France femmes, n’a pas été mené dans la mauvaise direction.

Ce second titre européen sur piste (après celui conquis en poursuite par équipes en 2016, avec Jolien D’Hoore), n’est sans doute pas le plus significatif dans le palmarès hétérogène d’une championne parmi les plus polyvalentes du peloton. Championne du monde de la course aux points l’an dernier à Roubaix, Lotte Kopecky fait de la piste avec parcimonie, ses priorités allant désormais, logiquement, à ses nouveaux défis sur la route au sein de la meilleure formation féminine du monde (SD Worx), pour laquelle elle a déjà conquis Strade Bianche et Tour des Flandres au printemps.

Mais cette victoire en Bavière, et le petit brin de chance qui l’accompagne (elle a été épargnée par les deux chutes et surtout par l’embardée qui a lourdement pénalisé la championne du monde de la spécialité, l’Italienne Letizia Paternoster ; elle a aussi frôlé l’élimination bien avant les médailles), apporte sérénité et apaisement à cette athlète perfectionniste, qui comprenait mal pourquoi la roue avait tourné à l’envers sur les routes de France, fin juillet.

Encore en piste dimanche et lundi

« Quand on assiste à une chute aussi sévère que celle dont Letizia (Paternoster) a été la principale victime, on se dit forcément que cela aurait être pu soi, que le cyclisme sur piste est un sport dangereux. J’ai essayé de ne penser à rien pendant l’interruption, sur les rouleaux, mais c’était évidemment difficile. J’espère que la blessure de Paternoster n’est pas trop grave. »

Dans son maillot blanc, égayé des étoiles bleutées de l’Europe, l’Anversoise a depuis samedi soir retrouvé ce bonus confiance qui peut lui permettre de traverser cet Euro en haut de la piste. Ce dimanche, elle sera la favorite de la course aux points, épreuve dont elle est l’actuelle championne du monde. Et lundi, pour refermer son triptyque bavarois, elle s’attaquera avec voracité à l’omnium, épreuve du programme olympique qu’elle veut impérativement disputer dans deux ans, à Paris. Les derniers JO de Tokyo lui ont laissé quelques cicatrices de déception qui saignent encore… Pour soigner quelques bobos et ne pas charger la mule campinoise à l’excès, alors que se profilent les championnats du monde sur route (le 24 septembre à Wollongong, en Australie), elle a juste renoncé à l’épreuve par équipe, qui s’étire sur plusieurs jours.

Trois prestations sur l’anneau boisé du Messe Munchen, trois médailles ? « Laissez-moi d’abord profiter de ce titre. Mais deux autres belles chances s’offrent à moi, c’est vrai… »

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