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Le suspect de l’attaque contre Salman Rushdie plaide non coupable

Le suspect de l’attaque contre Salman Rushdie a plaidé jeudi non coupable de tentative de meurtre et d’agression dans un tribunal de Mayville, dans l’État de New York.

Hadi Matar, 24 ans, est accusé d’avoir poignardé Salman Rushdie, l’auteur des « Versets sataniques », lors d’une conférence vendredi dans la ville voisine de Chautauqua.

Arrêté immédiatement après les faits, le suspect avait déjà plaidé non coupable lors d’une audience de procédure samedi.

Tête baissée, masqué, menotté et habillé d’une tenue de prisonnier aux rayures noires et blanches, M. Matar s’est exprimé jeudi par la voix de son avocat.

Le juge a choisi de maintenir le suspect en détention, sans caution.

Interrogé mercredi par le New York Post, qui affirme l’avoir contacté en prison, Hadi Matar s’était dit « surpris » que Salman Rushdie ait survécu à l’attaque.

L’auteur britannique de 75 ans, poignardé une dizaine de fois et évacué en hélicoptère vers un hôpital, avait été brièvement placé sous respirateur avant que son état ne s’améliore.

M. Matar, 24 ans, n’avait pas dit s’il avait été inspiré par la fatwa lancée par l’ayatollah Khomeiny en 1989 depuis l’Iran, appelant à la mort de l’écrivain, son livre « Les versets sataniques » ayant été jugé blasphématoire.

Tout juste avait-il expliqué au New York Post avoir « de l’estime pour l’ayatollah », quelqu’un de « remarquable ».

« Je n’aime pas cette personne. Je ne pense pas qu’il soit un homme bien », avait lancé le suspect au tabloïd à propos de l’intellectuel.

« C’est quelqu’un qui a attaqué l’Islam », avait-il ajouté. En regardant des vidéos de l’auteur sur YouTube, il l’a trouvé « hypocrite », avait-il poursuivi.

Hadi Matar était revenu « changé » et davantage religieux d’un voyage en 2018 au Liban, pays d’origine de sa famille, avait affirmé lundi sa mère au site internet du Daily Mail.

Protection policière

Salman Rushdie, né en 1947 en Inde dans une famille d’intellectuels musulmans non pratiquants, avait provoqué la colère dans une partie du monde musulman avec la publication en 1988 des « Versets sataniques », roman jugé par les plus rigoristes comme blasphématoire à l’égard du Coran et du prophète Mahomet.

L’ayatollah Khomeiny, fondateur de la République islamique, a émis en 1989 une fatwa appelant au meurtre de Salman Rushdie, qui a vécu des années sous protection policière.

La fatwa de l’ayatollah Khomeiny contre l’écrivain n’a jamais été levée et beaucoup de ses traducteurs ont subi des attaques.

Après trois jours de silence, l’Iran avait nié lundi toute implication dans l’attaque, faisant porter la responsabilité à Salman Rushdie lui-même.

« Dans cette attaque, seuls Salman Rushdie et ses partisans mériteraient d’être blâmés et même condamnés », avait jugé Nasser Kanani, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

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