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Stéphane Bern: «Diana a eu le même destin que Marilyn Monroe»

Le 31 août, cela fera 25 ans que la princesse Diana mourait à Paris. Stéphane Bern, le présentateur français l’a bien connue. En vacances à Paros en Grèce, il lance notre série consacrée à Lady Di.

Stéphane, comment avez-vous appris le décès de Diana ?

Je travaillais avec le producteur de « Secrets d’Histoire ». J’étais dans sa maison à Saint-Médard quand il m’a réveillé en pleine nuit pour me prévenir qu’il venait d’entendre sa mort. Quand j’ai rallumé mon portable, j’ai cru qu’il allait griller tellement il avait reçu des messages. De journalistes qui voulaient m’interviewer.

Quelle a été votre réaction ?

On m’a envoyé un hélicoptère d’urgence pour me reconduire à Paris. Je suis passé au JT de 13H et au JT de 20H de Claire Chazal. C’était de la folie totale. Beaucoup de gens parlaient d’elle sans la connaître. Ce n’était pas mon cas. Je l’avais rencontrée à plusieurs reprises et je pense que j’étais le plus légitime pour parler d’elle.

Vous l’aviez rencontrée à quelles occasions et quand ?

La dernière fois, c’était l’été 1997, quelques semaines avant sa mort. C’était à Saint-Tropez. Elle était avec Dodi Al-Fayed. C’était une rencontre plutôt surréaliste car elle se promenait seule devant une boîte de nuit, le Pigeonnier. Nous avons bavardé un peu, elle avait l’air épanouie.

Vous parliez en français avec elle ?

Non, en anglais. Je crois qu’elle connaissait quelques mots en français mais dès notre première rencontre, cela s’est toujours fait en anglais.

C’était quand, votre première rencontre ?

À l’Élysée, à Paris, fin 1988. Avec François Mitterrand. C’était à l’occasion de la visite officielle du prince Charles. Elle était adorable et assez drôle. Elle a remarqué que j’étais l’un des plus jeunes présents ce soir-là et m’a demandé quels étaient les endroits où les jeunes pouvaient sortir. Je lui ai répondu que je voulais bien lui dire mais que je n’étais pas expert… et je lui ai dit que je ne pensais pas qu’elle aurait vraiment le temps, avec le programme officiel.

Il y a donc eu d’autres rencontres, après ?

Oui, on s’est vus à de nombreuses réunions de charité où elle défendait diverses causes. Je pense qu’elle a fini par s’aimer dans le regard des autres…

Que voulez-vous dire par là ? C’est vrai, elle n’était pas très heureuse…

Ses troubles étaient liés à son enfance et à la séparation de ses parents. Elle a eu le sentiment d’avoir été abandonnée. Par sa maman. C’est rare pour un enfant de l’être par sa mère. En général, c’est le père qui part. Là, elle a laissé les enfants au mari. Diana l’a très mal vécu. Et c’est dans son travail humanitaire, où les gens ont pu la voir différemment, qu’elle a fini par s’aimer.

Quel souvenir gardez-vous d’elle ?

De quelqu’un de très positif. Elle était très belle, avec son nez proéminent. Je l’ai connue entre 1988 et 1992. Puis jusqu’en 1997. Elle avait changé de look, elle avait toujours ce regard « en dessous » comme une biche traquée. Elle aimait parler aux gens mais aussi d’elle, de ses expériences. Par contre, je n’étais pas dans leur intimité, je ne connaissais pas sa vie de couple ni ses souffrances…

Existe-t-il aujourd’hui une femme de la trempe de Diana ?

Elle était unique. Sur le plan de la destinée, elle me fait plutôt penser à Marilyn Monroe. Elles ont eu la gloire et la tragédie, des moments de grands bonheurs et beaucoup de larmes. Leur destin a été inaccompli. C’est là qu’on se rend compte que tout naît de l’enfance. Les tourments peuvent même arriver aux personnes les plus charmantes, les plus belles. Diana, ce n’était pas Cosette. Elle était issue d’une famille parmi les plus riches d’Angleterre. Diana aurait pu être la femme la plus heureuse au monde mais il y a des blessures psychologiques qui ne se guérissent pas.

Mais elle allait mieux…

Oui, elle était marrante. Elle donnait l’impression d’être une chrysalide qui s’ouvrait. Elle adorait en parler car elle trouvait cela apaisant. Tout d’un coup, les gens l’aimaient pour autre chose.

Humainement, qui lui ressemble le plus, William ou Harry ?

William a beaucoup appris d’elle. Harry, malheureusement, a perdu sa mère trop tôt. Il se cherche encore.

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