Kendji Girac: «Je n’avais pas le droit à l’erreur»

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Faire de la comédie, c’était un rêve d’enfant ?

Oui, mais ça me semblait impossible à réaliser. C’est un monde qui me paraissait tellement difficile, je ne savais pas si j’étais capable de devenir acteur. Il fallait juste être patient. Après quelques années devant les caméras, à tourner des clips ou des émissions télé, ça m’a donné envie de tourner un film. Quand TF1 m’a proposé un scénario sur le sujet de l’illettrisme, j’ai été touché en plein cœur. Je trouvais que c’était un sujet important à défendre. Et puis, je me suis énormément retrouvé à travers le personnage de Zack qui ne sait ni lire, ni écrire. Plus jeune, j’étais élagueur et je travaillais le bois avec mon père. J’ai aussi eu des petits problèmes d’écriture. Je n’avais pourtant jamais expliqué ma vie et mes passions aux auteurs du film.

Après votre victoire à « The Voice », vous aviez parfois du mal à comprendre certains mots des journalistes. Comment êtes-vous parvenu à combler vos lacunes ?

J’ai beaucoup observé. Comme une éponge, j’ai absorbé tous les mots que je ne comprenais pas. J’y réfléchissais par la suite afin d’assimiler le sens de chaque mot. J’ai tellement fait d’interviews que ça m’a permis d’apprendre et de pratiquer un peu plus le français. Vous savez, je suis un garçon qui évolue assez vite. J’ai toujours aimé apprendre et découvrir des choses.

Ça aurait pu être un frein pour la suite de votre carrière ?

Non, pas vraiment. C’était un problème que j’avais à l’intérieur de moi et que je suis parvenu à surmonter avec beaucoup de concentration. Et puis, les gens ont un grand cœur. Je pense qu’ils m’auraient accepté ainsi. Avec ce film, j’espère que les gens ouvriront les yeux sur l’illettrisme. C’est un sujet qui ne doit plus être tabou. 2,5 millions de personnes ne savent pas lire et écrire en France. C’est important d’en prendre conscience. Je m’apprête d’ailleurs à travailler avec plusieurs associations pour lutter contre l’illettrisme. J’espère que ça aura un impact important.

Avez-vous pris des cours de comédie ?

Non, mais j’ai énormément travaillé avec un coach. On lisait ensemble le scénario, deux heures par jour. Il me filmait avec son smartphone lorsque je répétais les scènes. Je pouvais ensuite voir si ma tonalité était juste ou non. C’était rigolo à faire. Le premier jour de tournage, j’étais vraiment très stressé. Je savais que je n’avais pas le droit à l’erreur. Le plus difficile était de garder ma concentration au beau fixe tous les jours de la semaine. J’avais parfois des coups de fatigue car je me couchais tard et je me levais tôt. Avec l’envie et la passion, j’ai été au bout de ce tournage, et j’en suis fier.

Comment avez-vous géré les scènes d’amour ?

C’était un peu gênant au départ. Avant de le faire, j’ai tout de suite crevé l’abcès avec mes partenaires. On savait que ça allait être gênant, mais il fallait qu’on le fasse pour les besoins du film. On a apaisé la chose, on s’est souri puis on a tourné les scènes de façon naturelle et professionnelle.

Avez-vous d’autres projets au cinéma ?

J’ai d’abord envie de savourer ce premier film. Il est clair que j’ai envie de recommencer. J’aimerais qu’on me propose une histoire d’amour. Chaque chose en son temps. Pour l’instant, je me concentre sur mon nouvel album qui sortira à la rentrée.

À quoi va-t-il ressembler ?

C’est un disque assez festif et positif. Il y aura aussi de jolies balades. J’ai travaillé avec des artistes talentueux qui sont aussi mes amis, comme Vianney, Soprano, Juliette Armanet, Soolking… La grande histoire de cet album, c’est le premier single. C’est la première fois que je vais aborder ce sujet. Je ne peux pas trop vous en parler pour l’instant, mais ce sera une chanson très importante pour moi. Ce sera très touchant.

On vous retrouve aussi chaque samedi dans « The Voice Kids ». Le fait d’être papa, ça aide à vivre plus sereinement cette aventure ?

Oui, bien sûr. J’ai aussi grandi dans une famille avec beaucoup d’enfants. L’amour que l’on porte aux enfants, c’est quelque chose d’important. Et encore depuis que ma fille est née. Dans « The Voice Kids », il y a toujours cette tendresse et cette envie de protéger tous les talents. On veut leur donner des bons conseils même quand on ne se retourne pas.

Rino Gallo

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