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Au Canada, le dernier rush de Wout van Aert

A Québec ce vendredi, Wout Van Aert ouvre la séquence ultime d’une saison gigantesque. Les deux classiques canadiennes sont pour le Campinois des objectifs concrets, avant le Mondial de Wollongong dans une quinzaine.

L’été indien ne s’est pas encore installé sur la Belle Province, les arbres qui bordent le Saint-Laurent restent d’un vert vif et sémillant. Une couleur qui rapproche Wout van Aert de son fol été, de ce Tour de France qui l’a mué en super-héros au charisme irradiant, au dynamisme vorace. Sous la rosée matinale posée sur les paysages québécois, le Campinois perçoit encore quelques effluves estivaux mais le regard s’est posé sur l’avenir. Proche, d’abord ces deux classiques canadiennes au profil en parfaite adéquation avec sa polyvalence et son punch, et à peine plus éloigné, un Mondial australien où il partira à la conquête du maillot irisé. Trois courses qui seront ses dernières en 2022, que l’arc-en-ciel se dessine dans le ciel australien ou pas…

Ce vendredi à Québec puis dimanche à Montréal, Wout van Aert peut confirmer qu’il gère parfaitement l’après-Tour. Vainqueur de la Bretagne Classic il y a douze jours à Plouay, une semaine après un accessit à Hambourg, le leader de la Jumbo semble avoir parfaitement digéré la Grande Boucle, il entretient surtout l’envie, la flamme, une forme de fraîcheur mentale et physique qui fait toute la différence à ce moment précis de la saison. Après Plouay, il s’est ainsi envolé pour la Sardaigne, un stage d’une semaine traversé en compagnie d’un soigneur du team Jumbo-Visma, mais aussi de sa femme Sarah et de leur fils Georges. Effort et réconfort, en alchimie, « pour être aux petits oiseaux » comme ils disent au Québec, soit pleinement heureux.

La belle province

S’il a mis une dizaine d’heures d’avion pour rejoindre Montréal (voir encart ci-contre), Wout van Aert est ravi d’enfin découvrir ces GP de Québec (ce vendredi) et GP de Montréal (dimanche) dont ses équipiers de la Jumbo lui rabâchent les oreilles depuis belle lurette. « Le voyage a duré quatre heures de plus que prévu, ce doit être le karma » sourit le coureur d’Herentals, d’une zenitude à toute épreuve. « En 2019, la blessure encourue sur le Tour, à Pau, m’avait privé d’une découverte initialement prévue, puis la pandémie est passée par là, ces contretemps ont retardé ma première au Canada. Ce sont des épreuves où tout est fait pour notre bien-être, tout est superbement organisé. D’habitude, lors des courses européennes, nous sommes dans le cocon de notre propre équipe, en vase clos. Ici, le peloton est réuni dans le même espace de vie, c’est un concept différent et sympa. »

Envie

Hérissées de bosses qui requièrent beaucoup de tonicité, les parcours des deux classiques lui plaisent beaucoup. « Ce sont des tracés pour coureurs explosifs et spécialistes des classiques, dont je fais partie. La formule en circuit est aussi très spécifique, et j’aime ça, ce concentré d’éléments me donne beaucoup d’envie et motivation. La meilleure préparation pour les championnats du monde, c’est… la victoire, où que ce soit (il sourit). Mais effectivement, ces Grands Prix serviront de tests, spécialement la course de Montréal qui, par sa longueur et sa difficulté, ressemble au Mondial. »

Canada-Australie

Plutôt que de rentrer en Belgique la semaine prochaine, Wout van Aert a choisi de directement s’envoler pour la Nouvelle Galles du Sud (Wollongong), se plongeant ainsi directement dans la préparation du Mondial (25/09).

« Cela m’épargne un long voyage et un jet-lag de plus, cela me permettra surtout de programmer des séances d’entraînement de qualité en Australie. »

Wollongong

Après cette séquence canadienne, douce comme une crêpe au sirop d’érable, il lui faudra croquer un morceau plus épais, un Mondial qui lui était resté en travers de la gorge l’an dernier à Louvain. Pour la première fois, il y partagera pleinement le leadership de l’équipe belge avec Remco Evenepoel. On se souvient que les deux hommes n’avaient pas collaboré avec fluidité il y a douze mois, une incompréhension tactique dont Julian Alaphilippe avait in fine profité. Mais d’ambiguïté il n’y pas, ou plus. « Il est logique que nous partions en Australie avec deux leaders, compte tenu de la forme extra que Remco affiche sur la Vuelta ».

Remco

Individuelles et collectives, les leçons de l’échec du Mondial 2021 ont été tirées. « Le Tour de Grande-Bretagne puis le Mondial CLM ne constituaient sans doute pas la meilleure préparation qui soit pour moi, j’avais aussi été surpris par le scénario agressif de la course, un stress qui avait entamé une énergie et une fraîcheur dont on a impérativement besoin dans les deux derniers tours d’un championnat. J’ai appris de tout cela, l’équipe aussi. Nous aborderons cette fois le rendez-vous avec deux coleaders, les adversaires devront donc être doublement attentifs.

L’an dernier, je persiste à penser que le choix tactique de Remco n’était pas le bon (NDLR : attaquer de très loin), il sortait d’un été plus difficile, avec des doutes. Mais je le répète, on a appris de tout cela. Je regarde désormais devant moi, la page est tournée. Nous avons du respect l’un pour l’autre, ce qui a été dit n’aurait pas dû paraître dans les médias. »

Money Time

Entretenir la flamme jusqu’au 25 septembre et la course en ligne des championnats du monde (il a cette fois renoncé au CLM, contrairement à Remco Evenepoel) est un challenge pas si simple à relever lorsque l’organisme a déjà dû intégrer deux pics de forme (classiques du printemps et Tour). Mais WVA, qui fêtera son 28e anniversaire le 15 septembre, se sent encore plus fort, proche d’une pleine maturité athlétique et mentale. « J’ai cette saison apporté de petites modifications à mon entraînement et à mon programme, ce sont des détails qui, mis bout à bout, m’ont permis de progresser. Je me sens par exemple plus solide dans la dernière heure d’une course de 250 bornes, là où je montrais parfois des signes de faiblesse. » Le championnat du monde, down under, proposera 267 kilomètres. A bon entendeur.

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