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Stéphane Bern: «Ma nouvelle vie»

Il y a dix ans, Stéphane Bern avait un coup de foudre pour une vieille bâtisse à rénover dans l’Eure-et-Loir. Il l’avait visitée dans le cadre de ses « Secrets d’histoire ». Quelques mois plus tard, il l’achetait.

Stéphane, cette rénovation, vous en parlez dans votre livre « La vie retrouvée d’un collège royal » qui vient de sortir. Là, au moment de nous répondre, où êtes-vous ?

Je suis dans la cuisine. C’est ma pièce préférée. Là où il y a tous mes mugs.

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Je croyais que votre endroit préféré était l’Orangerie, ou bien celui où vous pouvez vous reposer.

Non, l’Orangerie est l’endroit où on a installé la boutique avec tous les produits. Là où les gens viennent et achètent les bougies, les savons, les coussins. Les livres, aussi, puisque tous mes livres y sont en vente.

La bâtisse est énorme. C’est comme un château…

Ce n’est pas un château. C’est un collège. Il n’y a pas de grandes salles. Il n’y a que des petites pièces. J’occupe la maison du prieur du collège. Les salles de classe ont été transformées en musée. Donc, ce n’est pas si grand. Il y a 900 mètres carrés de toiture. C’est déjà pas mal.

Tout ça vient d’un coup de foudre…

Le Département voulait se délester de ce qui était vraiment un poids et il ne savait pas comment faire. Ils ont fait un appel à projet. Il n’y avait qu’un seul projet, le mien, qui permettait d’ouvrir au public. Or, la famille qui habitait là à l’époque ne voulait pas que cela retourne en mains privées. Le prix était fixé par les Domaines. Cela correspondait au prix d’un studio parisien.

Et vous avez tenu parole, le collège est ouvert au public…

Sauf la partie privée. Les salles de classe ont donc été transformées en musée pour raconter l’histoire des collèges royaux et militaires, l’histoire de l’abbaye de Tiron, toute la vie dont on parle dans le livre. Vous pouvez découvrir aussi la restauration de l’Orangerie et du jardin. Aujourd’hui, on a beaucoup de visiteurs car il y a des panneaux qui indiquent le collège sur l’autoroute.

Et vous jouez les guides ?

J’ai fait une visite ce matin pour des amis qui voulaient le voir. Je fais souvent le guide mais pas systématiquement. Quand je suis là, j’ai aussi un peu de travail…

Il y a des Belges ?

Énormément de Belges. Après les Français, c’est la principale nationalité.

Ils viennent pour le collège ou pour vous voir ?

Je crois qu’ils viennent peut-être voir le collège de Stéphane Bern. C’est un mélange des deux. On adore les Belges parce que ce sont de très bons visiteurs.

Vous vous rendez encore à Paris ?

Je vais le lundi et le mardi. Le mercredi, je reviens ici.

Cette demeure, écrivez-vous, a changé votre vie.

Ici, il y a la nature. Il y a le jardin, les animaux… les chiens sont beaucoup plus heureux. J’ai des poules, on peut manger des œufs frais. C’est une autre vie, en fait. Paris m’agressait en quelque sorte. Je trouve que les villes sont très agressives. En plus, pour le vivre ensemble, c’est plus difficile à Paris. Entre les voitures, les trottinettes, les vélos, les motos, les piétons. C’est devenu compliqué. Quand je suis ici, le rapport au temps, à la nature, à la vie est différent. Je me sens plus heureux. Je suis plus efficace pour écrire, pour travailler. Le seul inconvénient, c’est que je ne peux pas enregistrer mes émissions. Mais ce n’est pas grave.

Vous vous êtes investi énormément dans la rénovation du collège…

C’est un investissement merveilleux, le fait de restaurer une maison qui a plus de trois siècles. Je prends mon temps car je n’ai pas de subvention de l’État. Je fais ça avec mon argent. C’est plutôt l’argent de ma banque puisque tout est emprunté. Et puis, on verra bien. Tant que je peux, je le fais et le public est content parce que le but, c’est de partager avec le public. Je ne veux pas être un animateur de télé qui passe son temps à dire aux gens qu’il faut sauver le patrimoine et qui ne fait rien quand on vient lui demander de sauver un monument. Il faut donner l’exemple. Cela me rend légitime pour parler de ça. Cela me rend aussi légitime pour faire ma mission « patrimoine » avec le Loto, comme on l’a lancée en France il y a cinq ans. Et qui est un vrai succès.

Vous avez dû tout vendre à Paris ?

Oui, sinon j’aurais dû travailler comme un esclave. Oui, c’est très coûteux. C’est une folie mais ce n’est pas grave. Je connais des animateurs télé qui achètent des voitures, des villas au bord de la mer. Chacun dépense son argent comme il veut. Moi, je préfère dépenser mon argent pour sauver un monument du patrimoine et, ensuite, laisser à une fondation qui poursuivra ma mission.

Cette année a été très difficile pour vous. Vous avez perdu deux êtres chers, votre père et votre frère. Le fait de vivre à la campagne avec votre ami, ça vous a permis de mieux surmonter tout ça ?

Je ne sais pas si on est mieux armé parce que les épreuves de la vie, tout le monde les traverse. Je pense que le fait d’être accompagné aide déjà à surmonter des épreuves. Je me sens plus heureux qu’à Paris. J’y retrouve mon équilibre. Je n’ai pas encore retrouvé la joie de vivre mais une certaine sérénité. Heureusement, il faut que je continue à gagner ma vie. Il faut aller à Paris, tourner les émissions, enregistrer à la radio. Les émissions que je tourne sont souvent en province et un peu partout en Europe. Donc, peu importe où je suis. J’ai simplement changé le centre de ma vie et ce n’est plus Paris mais à 1 h et demie de Paris.

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