De quoi est morte Elizabeth II? «Une maladie vasculaire périphérique probablement»

Analyse
«Tout porte à croire qu'il y avait une possible évidence de maladie vasculaire», estime un spécialiste.
«Tout porte à croire qu'il y avait une possible évidence de maladie vasculaire», estime un spécialiste. - Belga

Ces derniers mois, la santé d’Elizabeth II était devenue plus fragile. À 96 ans, elle avait d’ailleurs dû faire l’impasse sur plusieurs événements importants. Depuis le décès de son époux, le prince Philip, en avril 2021, elle avait décliné.

Voici 7 mois, en février 2022, la Reine d’Angleterre avait également contracté le coronavirus. Mais elle avait réussi à s’en remettre. Retirée à Windsor, elle s’était alors cantonnée à des « tâches légères », durant sa période de contamination.

Face aux inquiétudes, le palais évoquait surtout des problèmes de mobilité. Deux jours avant son décès, les dernières photos d’Elizabeth II au château de Balmoral, en Écosse, la montraient souriante. Elle s’appuyait sur une canne et avait la main presque noircie. Un détail qui a marqué les observateurs. D’un timide sourire, elle avait posé pour la photo.

Des signes de comorbidité

Le journal « Mail Online » a interrogé un médecin qui a réagi aux photos de la main d’Elizabeth II : « Tout porte à croire qu’il y avait une possible évidence de maladie vasculaire périphérique », a déclaré le docteur Deb-Cohen Jones.

« C’est un trouble de la circulation sanguine qui provoque le rétrécissement, le blocage ou les spasmes des vaisseaux sanguins à l’extérieur de votre cœur et de votre cerveau. Cela peut parfois entraîner une insuffisance cardiaque. Si votre circulation périphérique est si mauvaise, les organes ne reçoivent pas un bon apport sanguin. Cela peut être le signe d’une défaillance multiviscérale. »

Pas une mort subite

Le palais de Buckingham se refuse à tout commentaire à ce sujet. Ce ne serait donc pas une « mort subite ».

Médecin au sein du CHR Val de Sambre à Auvelais, en province de Namur, le docteur Victor Fernémont confirme et estime que la mort subite, par définition inattendue, reste peu présente chez les personnes âgées.

« Il y a souvent une comorbidité qui est associée », explique le médecin. « À un moment donné, il peut y avoir la défaillance d’un ou plusieurs organes, mais la mort subite, chez les personnes âgées, pas vraiment. La mort subite, on la voit plutôt chez des gens avec des malformations cardiaques ou des pathologies congénitales qui n’ont pas été mises au grand jour. Un exemple simple, ce sont les footballeurs qui décèdent en plein match. Mais chez les personnes âgées, c’est rare. »

Un syndrome du glissement ? Non !

Tout comme il n’est pas prouvé que le décès de la Reine, un peu plus d’un an après celui de son époux soit la manifestation d’un « syndrome du glissement », c’est-à-dire que la personne se laisse aller. Cela ne semblait visiblement pas le cas pour Elizabeth II qui gardait, selon son entourage proche, une volonté d’aller de l’avant, malgré ses problèmes de santé.

« Le syndrome de glissement s’observe surtout chez les personnes âgées qui se retrouvent seules et qui ne voient plus personne. » Ce qui n’était pas le cas pour Elizabeth II.