Benoît Magimel: «Tomber amoureux de Virginie Efira, ce n’est pas difficile!»

«Maintenant que j’ai bossé avec Virginie Efira, je peux le dire, elle est époustouflante», nous confie Benoît Magimel.
«Maintenant que j’ai bossé avec Virginie Efira, je peux le dire, elle est époustouflante», nous confie Benoît Magimel. - D.R.

Vous jouez souvent des hommes blessés. Dans « Revoir Paris », c’est à nouveau le cas…

« Revoir Paris » parle d’un attentat terroriste et des traumas qu’il laisse, mais c’est un film qui parle avant tout de la vie. On ne peut pas parler de la mort sans la vie. J’ai trouvé ça dans le projet d’Alice (Winocour, la réalisatrice de « Revoir Paris », NDLR), tout comme son rapport personnel à l’histoire. Elle l’a vécu de près puisque son frère était au Bataclan le 13 novembre 2015. Elle m’a expliqué que personnage Thomas refuse de se voir en victime, et ça m’a attiré. On rencontre des gens comme ça parfois. Thomas est un trader très libéral, très individualiste. On sent que ce mec-là, il n’y a rien qui peut l’arrêter. Et puis d’un coup, paf, il est séché en plein vol. Et c’est insupportable d’être diminué, de se voir comme ça. Le regard des autres devient intenable. Pour survivre à ça, il est obligé de se réfugier dans la désinvolture, il se moque de lui-même et des autres. Et puis il découvre cette femme jouée par Virginie Efira, et c’est l’amour. Pas l’amour classique, mais une connexion amoureuse, car il l’avait déjà remarquée dans le restaurant avant l’attaque. Il se souvient de tout, mais ça ne le traumatise pas de la même façon.

Vous connaissiez bien Virginie Efira ?

Maintenant que j’ai bossé avec elle je peux le dire, elle est époustouflante ! Comme moi, elle travaille depuis qu’elle est très jeune parce qu’elle a le truc, l’instinct. C’est une actrice sublime et elle apporte beaucoup de réflexion sur le rôle. Franchement, ce n’est pas difficile de tomber amoureux d’elle. Je crois qu’il y avait une petite pudeur entre nous pour notre scène d’amour. On avait tous les deux envie que ce soit spécial, que ça ne ressemble pas à n’importe quelle autre scène de jambes en l’air. Et on a tous les deux choisi la pudeur, sans se prévenir. On a mis l’accent sur les cicatrices maquillées sur nos corps. Ils se guérissent comme ça, avec leurs blessures. C’est terrible pour le personnage du compagnon de Virginie, joué par Grégoire Colin, et pour les compagnons de victimes en général. Ils sont face à un inconnu, et c’est injuste quand ça ne marche plus. Ils n’ont pas vécu le même drame, et leur partenaire devient un étranger. Il y a une cassure, on aime une femme éperdument, mais c’est terminé. C’est aussi terrible pour l’un que pour l’autre.

Qu’est-ce qui vous fait dire oui à un projet ?

C’est d’abord la personne le porte. C’est très important le cinéaste avec lequel on travaille. Moi, j’ai besoin de voir leur rapport aux personnages qu’ils écrivent, à ce qu’ils racontent. Et même un peu plus, il faut que je m’entende bien avec eux. Se sentir aimer, c’est important.

Ça change quoi pour vous, d’être dirigé par une femme ?

Je pense qu’il y a un sentiment d’amour plus fort. Je me sens dans les mains de quelqu’un qui a envie de me sublimer, de me rendre meilleur. De me filmer et de me rendre beau. J’y trouve une affection qui se manifeste, et qui me donne des ailes. Ça me rend joyeux, vous voyez !

Avez-vous l’impression que votre carrière bénéficie d’un nouveau souffle ?

Je l’ai toujours dit dès mes quinze ans : le plus bel âge pour un comédien, c’est la quarantaine ! Ce qui est beau avec mon âge [48 ans, NDLR], c’est qu’on a vécu et on a un matériel extraordinaire pour tirer vers soi. Avant, j’allais vers l’inconnu, et maintenant je tire ce qu’on raconte vers moi. Dans ’De son vivant’, je jouais un mec avec un cancer, et je me suis mis à flipper parce que j’ai cru que c’était prémonitoire. J’avais des douleurs dans le dos, et ça ne m’a pas aidé car j’ai tendance à croire que les rôles que je joue ne m’arrivent pas par hasard. Mais nous les acteurs, on est un peu bizarres vous savez. N’empêche, ça arrive souvent que des artistes que je ne connais pas me proposent des rôles faisant écho à ma vie personnelle. C’est étrange, non ?

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