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Pomme: «J’aimerais partager un titre avec Stromae»

Trois ans après le succès de son album « Les Failles », Pomme est de retour avec « Consolation »,

un disque éclectique et conceptuel où elle se dévoile avec poésie

Pomme, votre album est sorti il y a quelques semaines déjà. Avez-vous la sensation d’être sorti de votre zone de confort ?

Oui ! Oui, car j’ai l’impression que ma musique rentre moins dans des formats qui pourraient plaire aux médias. J’ai un peu de mal à définir le style de ce disque. Dans « Les Failles », il y avait une teinte organique avec des influences folks. Cette fois, il y a des chansons guitare-voix comme il y a des titres plus synthétiques. C’est Fabien Berger qui m’a apporté cette humeur un peu plus électro. C’était très agréable de travailler avec lui. Vous savez, il y a toujours un peu d’appréhension avant la sortie d’un disque. Ma pire phobie, c’était de savoir si les gens allaient apprécier ce nouvel album de la même façon que le précédent. J’ai finalement arrêté de vouloir les comparer. J’ai compris que ça n’en valait pas la peine.

Le succès a-t-il été difficile à encaisser ?

Je n’ai jamais vraiment mesuré son ampleur car tout s’est déroulé pendant la pandémie. La seule chose que j’ai un peu de mal à gérer, c’est quand j’ai remporté une Victoire de la Musique face à Aya Nakamura. J’étais dans une sorte de malaise car elle méritait ce trophée. Elle était nommée depuis plusieurs années et n’a jamais rien gagné. Dans ce milieu, il y a toujours quelque chose de compliqué avec la musique urbaine. Les artistes noirs sont souvent moins récompensés que les autres. J’aurais aimé avoir une conversation avec Aya. J’avais peur qu’elle m’en veuille.

Vous dédiez un titre à l’écrivaine Nelly Arcan qui s’est suicidée à l’âge de 36 ans. Pourquoi ?

J’avais la sensation de me sentir proche d’elle. Depuis que je suis enfant, j’ai toujours eu besoin de m’exprimer à travers des lettres que j’écrivais à des gens proches ou moins proches. Je ne les envoyais pas toujours, c’était une manière pour moi d’évacuer mes émotions. Quand j’ai lu les livres de Nelly Arcan, j’ai remarqué qu’elle était en avance sur son temps. Elle écrivait de façon très crue sur des sujets qui me touchent aujourd’hui, comme le regard de la société sur l’apparence des femmes. Écrire cette chanson m’a fait beaucoup de bien car j’avais l’impression de lui dédier une lettre comme quand j’étais enfant.

Le milieu de la musique est encore trop sexiste selon vous ?

C’est un sujet qui n’est plus tabou, on en parle de plus en plus, et c’est une bonne chose, mais je ne suis pas certaine que les comportements des gens se soient métamorphosés. Il y a encore trop de sexisme et de racisme dans le monde de la musique, comme dans la société en général, et ça me désole.

Vous dédiez également un texte à Barbara. Qu’est-ce qui vous fascine chez elle ?

Tout. Son écriture, sa voix, son personnage, son histoire, son visage… Cette femme est tellement inspirante. Je ne l’ai jamais rencontrée, mais elle a toujours eu une place importante dans ma vie. J’ai découvert sa musique à l’âge de 8 ans grâce à ma prof de chant. On chantait ensemble « Göttingen ». Avec l’âge, j’ai compris le sens réfléchi de cette chanson.

Quels regards portent vos parents sur votre métier ?

Ils sont tous les deux très différents. Mon père est un peu fasciné par la célébrité et le milieu dans lequel j’évolue. Il m’envoie régulièrement les articles de presse où je figure. Ma mère, en revanche, est plus en retrait. Elle a parfois peur pour moi. Elle ne comprend pas comment on peut vouer un culte aux artistes. Grâce à ce contraste, j’ai un rapport plutôt sain avec la célébrité. Et puis, ils ne sont pas très démonstratifs. Je ne sais pas s’ils ont écouté mon album par exemple, alors que beaucoup de chansons parlent d’eux.

Vous semblez aussi pudique sur votre vie privée…

Je veux garder l’identité de mes proches secrète. À travers mes chansons, les gens ont accès à des parties de moi qui sont très intimes, et ça me semble suffisant.

Quelles seraient vos collaborations rêvées ?

Je rêve de faire un duo avec Lady Gaga, mais je sais déjà que c’est impossible. (Rires) Du côté francophone, j’aimerais partager un titre avec Stromae. Je pense que ce serait vraiment cool. Il y a quelque chose dans les thèmes qu’il aborde et dans sa manière de faire de la musique qui semble se rapprocher de ma vision des choses.

À quand un rôle au cinéma ?

Peut-être bientôt. J’ai lu plusieurs scénarios et il y a des projets dans l’air.

Rino Gallo

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