Alyssa Milano: son prochain séjour en Belgique, «Charmed», #MeToo, le Covid... l’actrice a répondu à nos questions

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Isopix/D.R.

Vous débarquez bientôt en Belgique pour la Heroes Comic Con, excitée de découvrir notre plat pays ?

Je suis très excitée. Mon meilleur ami m’accompagne dans cette aventure, nous fêterons son 58e anniversaire à Bruxelles ! Je prévois de lui offrir un bon repas. Je suis également très impatiente de rencontrer toutes les personnes incroyables qui me suivent au Heroes Comic Con. Pour un artiste, c’est génial de pouvoir échanger avec ses fans.

C’est seulement votre deuxième participation à un événement de ce type, pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Quand mes costars de « Charmed » ont commencé à faire des conventions, mes enfants n’étaient encore que des bébés, je ne me sentais donc pas à l’aise à l’idée de partir quelques jours. Maintenant, ils ont 8 ans et 11 ans, c’est le bon moment.

Qu’est ce qui vous plaît dans l’idée de rencontrer vos fans ?

Je pense que toute personne qui vient à la rencontre d’un(e) acteur/actrice le fait parce qu’elle se sent connectée d’une certaine manière à cet(te) acteur/actrice. Donc, être capable de réciproquer cette connexion, les regarder dans les yeux, c’est très spécial.

La plupart de vos fans viennent vous voir pour « Charmed », une série des années 2000 dans laquelle vous incarnez Phoebe Halliwell. Vous ne semblez jamais lassée d’en parler…

Non, il y a tellement d’histoires, de choses à dire sur « Charmed ». Vous savez, ma mère et moi avions l’habitude de regarder la série lorsqu’elle ou moi-même étions malades. Les téléspectateurs ont trouvé consolation à travers « Charmed » lorsqu’ils en avaient le plus besoin. Cela apporte du réconfort, et c’est la raison pour laquelle je fais ce métier.

Plus de vingt ans plus tard, comprenez-vous ce succès toujours aussi tenace ?

Oui, dans « Charmed » chaque personnage a quelque chose auquel les gens peuvent s’identifier. Puis, ça parle de fraternité, de jeunes femmes qui prennent le contrôle de leur vie et l’éternelle bataille du bien contre le mal. Ce sont des thèmes très forts qui font écho au public.

Huit ans à incarner un personnage, ça ne doit pas laisser indifférent lorsque tout s’arrête…

On peut le dire ! Lorsque la série s’est terminée, je suis restée cloué au lit pendant trois semaines. Je ne savais même pas où commencer à vivre sans aller au travail tous les jours, et sans Phoebe. Cela a été une période de deuil, en quelque sorte.

Si Phoebe avait été écrite en 2022, que serait-elle selon vous ?

Elle serait définitivement une militante ! Il y a cet épisode dont les gens me parlent très souvent, dans lequel Phoebe proteste pour le droit des femmes à allaiter en public, dans son plus simple appareil. L’épisode a été déterminant pour tout le monde, je me suis battue pour le droit des femmes à allaiter en public. Alors, je pense qu’elle sera une militante... c’est sûr.

En mai 2023, un film en live-action de « La Petite Sirène » sortira dans les salles. Vous qui avez inspiré les créateurs du célèbre dessin animé Disney, auriez-vous aimé l’incarner ?

Probablement pas. Je crains l’eau, donc je ne me verrais pas me mettre une fois de plus dans la peau d’une sirène. (Alyssa Milano a joué une sirène dans « Charmed »)

Vous êtes également très présente sur les réseaux sociaux. En 2017, un tweet dont vous êtes l’auteur a donné au mouvement #MeToo une dimension mondiale. Comment vous sentiez-vous lorsque vous écriviez les lignes d’un tweet devenu historique ?

À l’époque, je n’avais aucune idée à quel point ce tweet deviendrait puissant. En y repensant maintenant, je me sens incroyablement honorée que mon travail ait pu apporter des changements dans la vie des femmes. C’est quelque chose que je prends très au sérieux et dont je suis incroyablement fière, et j’ai presque l’impression que toute ma carrière a abouti à ce moment-là.

Qu’est-ce qui vous a donné le courage de partager votre histoire ?

Je pense le simple fait de voir que d’autres femmes partageaient leurs histoires. J’ai senti que les choses devaient changer, que nous ne pouvions pas continuer à vivre avec ce secret d’avoir été exploitées par un homme. Il était vraiment temps de mettre le feu à cette question.

Qu’avez-vous envie de dire à ceux qui proclament « pourquoi maintenant » ?

Chaque femme a le droit de prendre son temps avant de pouvoir parler de son histoire. On ne peut pas juger. Il faut nous respecter et respecter le processus de chacun.

Une position comme la vôtre dans un mouvement d’une telle ampleur, cela doit être une grosse pression…

Le mouvement a une leader incroyable qu’est Tarana Burke, je ne ressens donc pas nécessairement de pression. En revanche, j’en ressens une par rapport à ma fille. Je veux m’assurer qu’elle soit en sécurité et qu’elle sache qu’elle peut devenir ce qu’elle veut, sans jamais devoir s’inquiéter d’être potentiellement victimisée. Ça, c’est ma pression.

Une autre de vos batailles : le COVID-19. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Merci beaucoup de demander ! Cela a été très dur pour moi, mais après le premier semestre qui a suivi ma première injection du vaccin, j’ai commencé à me sentir beaucoup mieux. Aujourd’hui, je vais bien et je suis très reconnaissante envers la science et la médecine.