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Impossible de déboulonner la Naïade à Tournai: deux options sont à l’étude

L’entreprise de fonderie Pyrallis était à pied d’œuvre ce lundi pour l’enlèvement de la statue de La Naïade. Alors que spécialistes et historiens la croyaient posée sur son socle de pierre bleue depuis le 7 janvier 1983, la réalité était tout autre !

Si les statues ont une âme, celle de la Naïade est indubitablement tournaisienne, et symbolise la liberté ultime ! Ce lundi, alors que les yeux étaient rivés sur les éventuels soubresauts du bronze déjà retenu par des sangles au bras puissant d’un camion-grue, la statue n’a pas cédé, et est demeurée solidement ancrée à son piédestal du pont-à-Ponts !

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La dame, toujours revêtue de ses habits de diablesse à l’occasion du Carnaval, a en effet résisté. Il apparaît qu’un ancrage métallique profondément fiché dans le béton du socle empêchait de procéder à son démontage dans de bonnes conditions de sécurité pour l’œuvre.

« On aurait presque cru que la statue laissait poindre un sourire espiègle face aux efforts rapidement vains des ouvriers… », ironise ScaldisTournai en charge de la communication des chantiers réalisés autour de l’Escaut. « Est-ce le souvenir amer de son déboulonnage et de son déplacement quelques semaines à peine après son installation le 31 août 1950, qui a ainsi poussé la dame, créée à l’effigie d’Ysette Gabriels compagne du sculpteur à l’époque, à se rebeller ? ».

L’examen effectué sur place par l’entreprise Pyrallis laisse plutôt entrevoir l’existence insoupçonnée d’un long ancrage métallique boulonné sous les pieds de la statue, et noyé dans le béton du piédestal. Les archives laissaient pourtant penser que le bronze était simplement posé sur la pierre bleue, comme ce fut le cas en 1950 lors de sa première arrivée sur le pont-à-Ponts. Autre indice qui avait conduit à cette conclusion : son socle était étonnamment décentré par rapport à la pierre bleue, de telle sorte que les spécialistes pensaient que l’œuvre avait opéré une lente translation sur la pierre par suite des vibrations de la voirie…

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Une opération cofinancée

Il n’en était donc rien : il apparaît désormais que le 7 janvier 1983, lorsqu’elle fut replacée à la rue des Puits l’Eau après trois décennies de purgatoire, la statue avait bel et bien été ancrée au promontoire.

Pour le SPW Mobilité & Infrastructures et la Ville de Tournai, qui s’étaient engagées à cofinancer la restauration de la patine de ce bronze créé en 1950 par l’artiste tournaisien Georges Grard, cet aléa de chantier a conduit à stater les opérations ce lundi midi, avant tout pour éviter toute dégradation à la statue, classée Patrimoine culturel par la Fédération Wallonie-Bruxelles depuis le 1er mars 2016.

Deux options sont désormais sur la table et devront être chiffrées, analysées sur les plans des délais et de la faisabilité technique, afin que les autorités publiques tranchent rapidement. Soit l’entreprise dégage la pierre de couronnement du piédestal et découpe l’ancrage pour ramener la statue en atelier, comme initialement prévu mais à charge pour elle ensuite de réaliser un nouveau système d’ancrage qui puisse être installé sur le socle. Soit elle envisage le placement d’un échafaudage autour de la statue pour une rénovation de la patine sur place.

Dans l’attente d’une décision, les travaux d’aérogommage de l’assise en pierre bleue ont également été repoussés. Ils devaient débuter ce mercredi. Pour rappel, le budget initialement prévu pour ces opérations s’élevait à 10.400 € HTVA et devra immanquablement être réévalué.

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