Thomas Chatelle: «RTL, un retour aux sources et un nouveau challenge»

Chatelle est aussi administrateur de son club formateur, le FC Saint-Michel.
Chatelle est aussi administrateur de son club formateur, le FC Saint-Michel. - PhotoNews/Xavier Piron

Il n’y a pas que dans les clubs que le mercato a battu son plein, RTL a aussi recruté. Guillaume Collard a été nommé CEO de RTL Belgique, Vincenzo Ciuro est devenu chef des sports de la chaîne privée, Johan Walem, Will Still et Thomas Chatelle ont rejoint l’équipe de consultants. À 41 ans, ce dernier, retraité des terrains depuis 2014, revient sur son dernier transfert en date.

M. Chatelle, que signifie en pratique votre arrivée sur RTL ?

Je suis indépendant et RTL est tout simplement un nouvel employeur. J’ai donc quitté la RTBF, où j’intervenais sur les Diables rouges mais aussi à « La Tribune », car travailler sur les deux chaînes n’est pas compatible. En revanche, je continue avec Eleven pour le championnat belge et Proximus pour la Ligue des champions. Même si RTL a aussi les droits de la C1, je reste uniquement sur Proximus pour celle-ci.

Quelles seront vos nouvelles assignations ?

Je m’occuperai de la Coupe de Belgique et de la Nations League, que ce soit en cabine, en studio ou en bord terrain. Ce jeudi, je serai ainsi aux commentaires de Belgique – pays de Galles et, dimanche, je serai en plateau pour le déplacement des Diables aux Pays-Bas. Il y a encore des projets potentiels à l’étude, comme la mise en place d’un podcast par exemple.

Pourquoi avoir quitté la RTBF ?

Je pense que c’était tout simplement le bon moment. J’avais envie de découvrir quelque chose de nouveau, un autre cadre, de nouvelles personnes. C’est quand même chouette de varier les plaisirs. Bref, c’est un nouveau challenge… mais aussi un retour aux sources. Au milieu des années 2000, alors que j’étais encore joueur à Genk, j’ai commencé comme consultant pour RTL lors des soirées européennes avec Laurent Haulotte et Georges Grün.

Vincenzo Ciuro a-t-il joué un rôle dans votre arrivée ?

Oui, c’est lui qui m’a proposé de le rejoindre à RTL quand il a pris les rênes du service des sports. C’est lui et Marc (Delire) qui m’avaient fait venir chez Proximus avant même la fin de ma carrière de joueur. Je connais aussi bien Guillaume Collard (NDLR : le nouveau CEO). À Eleven, il a lancé pas mal de projets et fait avancer les choses. Le duo Collard-Ciuro est ambitieux, forcément c’est attractif.

Pourquoi vous avoir enrôlé pour ces deux compétitions ? Vous avez un attachement particulier pour la Coupe ?

Pas spécialement même si c’est vrai que je l’ai remportée avec Anderlecht en 2008 (NDLR : succès 3-2 en finale face à La Gantoise, il était monté à la pause alors que les Buffalos menaient 1-2). Mais c’est une Coupe nationale, elle a un parfum spécial, celui des exploits potentiels des petites équipes dans des matches-couperets.

La Nations League, instaurée en 2018, vous ne l’avez forcément pas disputée (il a fêté ses trois caps avec les Diables entre 2004 et 2007). Que pensez-vous de ce tournoi que beaucoup, comme Kevin De Bruyne, décrient ?

Je partage la perception qu’il y a trop de matches sur une saison, que les calendriers sont surchargés. Mais l’idée de base de cette Nations League n’est pas mal puisqu’elle remplace les amicaux internationaux. Au moins, ça donne une certaine attractivité à ces rencontres et aussi des perspectives pour les joueurs. Il y a tout de même un titre à aller chercher. Et puis, prenez les deux rendez-vous qui arrivent, contre le pays de Galles et les Pays-Bas, ce sont des matches intéressants pour préparer la Coupe du monde.

En parlant du Mondial, vous avez fait une croix dessus en quittant la chaîne publique. Aucun regret ?

Non. Comme on dit, choisir c’est renoncer. Et puis, cette Coupe du monde, si j’étais resté à la RTBF, je l’aurais suivie depuis Bruxelles. Benoît Delhauteur (NDLR : qui a succédé à Michel Lecomte à la tête du service des sports du boulevard Reyers) m’avait proposé d’aller au Qatar mais j’avais refusé. D’une part, pour raisons familiales. D’autre part, éthiquement, j’avais un souci avec le choix du pays-hôte.

Vous travaillez pour trois chaînes de télévision et un quotidien, vous êtes encore plus occupé que lorsque vous jouiez au foot…

Disons que j’ai des semaines bien remplies (sourire). C’est très différent de quand vous êtes footballeur professionnel. Principalement au niveau des horaires : désormais je bosse souvent en décalé, durant les week-ends, les soirées. Puis je fais des déplacements européens avec Proximus (NDLR : mercredi dernier, il était par exemple à Manchester pour City-Dortmund).

Sans compter la préparation car vous n’arrivez pas les mains dans les poches pour commenter…

Ah non ! Évidemment, la pratique rend plus à l’aise mais il y a un gros travail en amont. Les équipes et les joueurs changent tellement qu’il est nécessaire de bien préparer. En moyenne, sans compter ceux que je commente ou ceux que je suis durant les soirées de multilive, je regarde quatre matches par semaine. Ça me change moi qui, lorsque je jouais, ne regardais quasi aucune rencontre à la TV. Mais bon, on ne voit un pas un match de la même façon quand c’est pour le boulot ou le plaisir. Il faut aussi savoir prendre du recul.

À force de décrypter des rencontres, vous n’avez pas envie de devenir coach ?

J’ai mon diplôme d’entraîneur UEFA A. C’est une corde de plus à mon arc et une clé supplémentaire pour analyser les matches dans le cadre de mon travail. Mais pour l’instant, je n’ai pas cette flamme, cette envie débordante de passer de l’autre côté. J’ai fait une formation de management du sport à la VUB (l’Université libre de Bruxelles), donc si je devais choisir, je préférerais alors rejoindre une structure plutôt que d’entraîner.

Et il vous reste du temps pour faire d’autres choses ?

Je consacre évidemment du temps à ma femme et mes trois enfants ainsi qu’à mon club formateur du FC Saint-Michel dans lequel je suis administrateur. Puis je fais un peu de sport pour m’entretenir.

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