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Laeticia Hallyday présente l’expo sur Johnny: «Continuer à faire vivre son âme»

Johnny Hallyday, L’Exposition ouvrira ses portes au public, à Bruxelles, le 20 décembre prochain. Ce projet, coproduit avec la société belge Tempora, Laeticia l’imaginait depuis longtemps.

Parmi les pièces personnelles qui émailleront cette grande exposition, ses costumes de scène, que Johnny ne gardait pas. Laeticia bien, heureusement. « A partir de 1995, j’ai gardé tous ses costumes », nous dit-elle. « Mais il a fallu que je rachète ses précédents costumes, qu’il ne conservait pas, à des fans, dans des ventes privées. Au début, Johnny me disait : ‘tu es folle, qu’est-ce que tu vas en faire ?’ Et après, il en était très fier. On a créé un petit musée dans la maison de Marnes-la-Coquette et il amenait, tout content, ses copains regarder ses costumes », sourit Laeticia, dont l’émotion reste très palpable. Comme si c’était toujours hier. Parce que, nous dit-elle encore, « on ne refait pas sa vie, on la continue ».

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Laeticia, l’exposition va-t-elle au-delà de ce que vous imaginiez ? Johnny aimait aller au-delà du possible…

Johnny avait une vision artistique assez démesurée. Chaque tournée, chaque album, il arrivait à se réinventer, à réinnover, à se remettre en question. C’était sa force, parce qu’il a toujours vécu avec des doutes, des peurs, avec des angoisses et ça l’a nourri aussi. Et c’est pour ça qu’il n’était pas un artiste comme les autres. Il reste le plus grand artiste d’une époque et d’une vie. Il n’y en aura pas d’autre comme lui. Il restera éternel. Moi, j’ai cette mission, c’est une promesse que je lui ai faite : de continuer à faire vivre son âme.

Un peu comme la gardienne du temple, de sa mémoire ?

Oui, de tout ce que j’ai appris aussi. Rien n’est laissé au hasard. Car il n’y a pas de hasard. Et quand on fait les choses, on les fait avec passion, détermination, on est animé par ce qu’on a partagé avec un être pas ordinaire et ce qu’il a voulu nous transmettre. Et j’essaie aujourd’hui d’en être à la hauteur. C’est un vrai travail de réflexion pour moi. Et j’ai la chance d’être bien entourée, d’avoir su m’entourer d’anciens collaborateurs de Johnny puis des nouveaux aussi, de la jeune génération.

Vous le dites, Johnny était extra-ordinaire. Est-ce qu’au fil de votre vie avec lui, vous avez eu l’impression de ne pas être, vous-même, ordinaire…

C’est mon destin qui n’est pas ordinaire. Le fait d’avoir fait partie de sa vie, d’avoir eu la chance de le vivre. Quand on s’est rencontrés, j’avais 19 ans, il en avait 50. On était deux êtres cabossés, des âmes en peine. On s’est rencontrés et on s’est sauvés tous les deux. Là aussi je me dis qu’il n’y a pas de hasard. C’est fou parce que je ne serais certainement pas de ce monde aujourd’hui et lui n’aurait peut-être pas survécu à son malheur et à ses démons si on ne s’était pas rencontrés. C’est la rencontre entre deux êtres qui n’ont plus confiance en la vie, qui n’ont plus d’espoir en l’amour et qui se sauvent. Puis, j’ai découvert sa vie et j’ai appris à m’en nourrir tous les jours, et à continuer à m’en nourrir.

Comment arrive-t-on à faire son deuil quand tout et tout le monde vous rappelle celui que vous avez aimé pendant plus de 20 ans ?

Hmm…D’abord, on n’a pas le choix que d’apprendre à vivre avec. On ne refait pas sa vie, on la continue. Et j’ai de la chance de pouvoir continuer à travailler sur la mémoire de mon mari, et continuer à le faire vivre. C’est la promesse qu’on s’est faite, j’essaie en être à la hauteur. C’est un cadeau inestimable qu’il m’ait fait confiance. Notre relation d’amour était basée sur la confiance, le respect, l’admiration. Et notre couple n’a tenu que parce qu’il était fait de compromis, de sacrifices bien sûr, mais aussi de tellement d’amour et de partage. Ce n’était pas qu’un mari pour moi, c’était plus que ça. Il faut apprendre tous les jours à vivre sans lui.

Vous continuez à vivre. Pourrait-on dire aujourd’hui qu’il y a deux Laeticia : celle qui continue de mener sa vie et celle qui restera quand même éternellement la Laeticia de Johnny ?

J’ai grandi avec ses fans et on continue de se retrouver chaque année, au cimetière de St-Barth, pour des veillées. Ce lieu, lointain, n’était pas évident pour les fans mais une fois qu’on y est, on comprend la démarche de Johnny. C’est un désir qu’il fallait respecter. Donc voilà, j’ai grandi avec ses fans, je vais bientôt avoir 50 ans, c’est toute vie ! Aujourd’hui, c’est une vie différente, mais en ayant des projets comme celui-là, ça permet de laisser vivre son œuvre.

Vos filles, Jade et Joy, ont-elles déjà vu certaines pièces de l’exposition ?

Pendant ces deux années de travail, on a fait beaucoup de zoom entre Los Angeles, Paris et Bruxelles, elles me posent beaucoup de questions et je partage beaucoup avec elles. Elles en ont besoin. Elles s’intéressent beaucoup à tout ce qui est développé autour de leur papa, à tous les choix que je fais. J’en parle avec elles, c’est une histoire de famille. Mais elles découvriront l’expo en décembre, j’ai envie de leur garder la surprise, de ne pas tout leur montrer maintenant.

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