Les patates belges n’avaient rien à faire dans ce champ des Hauts-de-France…

Les pommes de terre ont vécu leur vie et la parcelle vient d’être récoltée; en tout 50 tonnes qui iront aux Restos du cœur.
Les pommes de terre ont vécu leur vie et la parcelle vient d’être récoltée; en tout 50 tonnes qui iront aux Restos du cœur.

L’affaire n’ira pas jusqu’à une note de protestation du ministère des Affaires étrangères. Mais elle illustre à sa manière la mainmise croissante de l’agro-industrie belge sur les terres du nord de la France.

Il y a quelques semaines, la Safer Hauts-de-France (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), dont le siège est situé à Boves aux portes d’Amiens, découvre qu’une de ses parcelles près de Maubeuge (Nord) a été plantée en pommes de terre, à son insu. Le coupable ? Une entreprise agricole belge.

Attribuée à un jeune paysan-boulanger en agriculture bio

Acquise en 2020, cette parcelle de 20 hectares avait été attribuée à un jeune paysan-boulanger en agriculture biologique. En attendant, la Safer la cultivait directement pour amorcer sa conversion en label AB (agriculture biologique). Surpris par cette occupation illégale, l’établissement foncier a immédiatement fait stopper le chantier de plantation.

Mais il était déjà trop tard. Question : que faire de ce champ planté en pommes de terre de consommation ? Le détruire ? Le laisser aller au bout de son cycle végétatif ? La Safer refusant de détruire une source de production alimentaire, c’est finalement cette seconde solution qui a été retenue. Ni intrants, ni arrosage, ni désherbage… Les pommes de terre ont vécu leur vie, comme des grandes, sans leurs parents belges.

Et ce mardi 20 septembre, la parcelle a été récoltée par un exploitant au profit de l’association SOLAAL Hauts-de-France qui organise les dons entre les acteurs des filières agricoles et les associations d’aide alimentaire.

Distribution à partir du lundi 26 septembre

Les 50 tonnes de pommes de terre récoltées seront récupérées par les Restos du cœur de Lens à partir du lundi 26 septembre.

Si cette histoire trouve une belle fin, elle illustre si besoin est, les méthodes pour le moins cavalières de certains acteurs de la filière. Les terres agricoles se font rares, surtout les bonnes. Pour les jeunes agriculteurs, l’accès à ces parcelles est souvent synonyme de casse-tête chinois.

Alors forcément, quand certains se les approprient en dehors de toute règle, a fortiori quand ils viennent d’au-delà de la frontière, on n’est plus très loin de l’incident diplomatique.

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