Vincenzo Ciuro sur les arrivées et les départs au sein de RTL Sport: «Il fallait changer et redynamiser les choses»

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RTL Belgium

Ça bouge du côté de RTL Sport ! La chaîne privée a été le centre de toutes les attentions du mercato estival en télé avec notamment l’arrivée à la tête du service sport de Vincenzo Ciuro, tout droit venu d’Eleven Sports (d’où vient également le nouveau big boss de RTL Belgium, Guillaume Collard). Il rejoint ainsi Anne Ruwet et Emiliano Bonfigli pour les grandes soirées foot, de plus en plus nombreuses sur RTL. Une arrivée qui traduit en tout cas bien l’ambition de prendre encore davantage la balle au bond dès que l’opportunité se présente.

« Aujourd’hui, le sport à RTL est plus que jamais un pilier de la chaîne », nous confie d’emblée Vincenzo. « C’est une position très forte de la part de la nouvelle direction, qui a vraiment décidé de faire du sport une entité à part entière. L’ambition est d’ancrer encore plus le sport, non seulement en télé, mais aussi en digital, qui est un axe qu’on veut absolument développer avec une meilleure utilisation des contenus dont on dispose déjà, mais aussi la création de nouveaux contenus, de nouveaux formats, en utilisant encore mieux RTLplay. Notre volonté est d’amener du sport sur tous nos médias. »

Et Anne Ruwet de renchérir : « Ce qui est fort dans notre offre actuelle, c’est que tout est complémentaire : on a la proximité avec la Coupe de Belgique, le côté rassembleur avec les Diables Rouges en Ligue des Nations et le prestige avec la Ligue des Champions, qui réunit les grandes étoiles du ballon rond. On brasse large, on touche un vaste public. »

Vincenzo s’est en tout cas très vite intégré à l’équipe de RTL Sport. « On se connaissait déjà bien. Avec Emiliano, on a fait de nombreux voyages ensemble quand on commentait chacun de notre côté la Ligue des Champions. On a passé pas mal de temps dans les avions, les restos, les hôtels. Ça fait aussi un paquet d’années que je connais Anne. Et j’ai découvert une équipe formidable qui bosse derrière les écrans. C’est une petite équipe, mais qui est très soudée, avec beaucoup d’entraide, de professionnalisme. Mon arrivée s’inscrit dans ce cadre, avec une volonté toujours plus forte d’innovation. Mais aussi des changements. Je veux faire de RTL Sport un label encore plus qualitatif, pointu, où l’ambition est d’être au top partout. Mais je suis sidéré par le boulot qu’abat cette équipe. Quand on voit les moyens humains mis à disposition et le rendu à l’écran sur plus de 50 soirées par an, c’est très impressionnant. »

RTL n’a donc pas à rougir par rapport à la RTBF en matière de sport. « Personnellement, je n’ai jamais eu de sentiment d’infériorité vis-à-vis de la RTBF », précise Emiliano Bonfigli. « Ils ont plus de droits, donc c’est normal qu’ils montrent davantage de sports, dont des compétitions de niche. Et ils ont d’autres missions que RTL. » Un avis que partage Vincenzo. « On a souvent collé une étiquette de spécialistes du sport à la RTBF et une étiquette parfois plus négative sur les épaules de RTL. Mais il y a des choses que je vois à la RTBF qui sont mal exposées et des choses à RTL qui sont très bien traitées. La réalité se situe comme souvent au milieu. La RTBF est aussi protégée, en tant que télévision publique d’un petit pays, par les régulations européennes, ce qui n’est pas notre cas. On est une chaîne privée qui s’est beaucoup battue sur les deux dernières décennies pour faire évoluer le contenu et les droits. Qualitativement, RTL n’a pas du tout à rougir ! » Et Anne Ruwet de préciser tout de même qu’il ne faut pas pour autant opposer d’office les deux chaînes. « Il n’y a pas de rivalité. Quand on se retrouve, on est contents. Il y a une ambiance positive. »

Reste que l’arrivée de Vincenzo a mené également à des départs, notamment celui de Philippe Vande Walle qui a été remercié alors qu’il était consultant et co-commentateur depuis huit ans. « On était à un tournant », justifie Vincenzo. « Suite à mon arrivée, l’idée était d’apporter de la fraîcheur dans l’équipe, y compris chez les consultants. Sachant que Felice Mazzù ne pourrait plus continuer et que Mbaye Leye allait devoir réduire la voilure, j’avais envie d’innover également à ce niveau en amenant de nouvelles têtes, que ce soit des valeurs sûres comme Johan Wallem et Thomas Chatel, où des personnes de la nouvelle génération comme Will Still ou Damien Marcq. On était à un tournant où il fallait changer et redynamiser les choses. »

D’autres sports que le foot ?

Désormais, doit-on aussi imaginer que RTL se lance sur d’autres sports que le foot, qui, pour l’heure, a le monopole des retransmissions sur la chaîne privée ? « En tant que passionnés, on a toujours envie d’avoir de plus en plus de droits », explique Emiliano. « Après, il faut voir ce qui est possible. Mais l’envie est présente. » Anne Ruwet est tout aussi enthousiaste : « Quand Guillaume Collard est arrivé à RTL, je lui ai donné le titre de l’homme de tous les possibles. Avec toute la dynamique qui est en place, j’ai envie d’y croire. Il a une fibre sports et l’arrivée de Vincenzo est là pour mettre en place une nouvelle dynamique. Ce ne sont pas juste des mots, il y a réellement du concret. Même s’il y a des limites budgétaires. »

En tout cas, dans l’immédiat, c’est le ballon rond qui tiendra le haut de l’affiche, avec les deux matchs de Ligue des Nations : Belgique/Pays de Galles ce jeudi 22 septembre et Pays-Bas/Belgique le dimanche 25. « Ce sont les deux derniers matchs importants des Diables Rouges avant la Coupe du monde, qui permettront de savoir dans quel état d’esprit ils sont », rappelle Anne. « Et il y a un vrai enjeu. La Belgique doit terminer première de son groupe si elle veut se retrouver dans le « final four », le carré final de la Ligue des Nations en juin. »

Un enjeu d’autant plus important que dans ce cas, il est possible que ce soit notre pays qui accueille les matchs de cette phase finale. « Je pense que c’est possible qu’on termine premiers », rajoute Emilano. « A un mois et demi du Mondial, ces deux rencontres vont être prises très au sérieux par les joueurs et Roberto Martinez. On ne va pas revivre une soirée comme lors du match aller face aux Pays-Bas où on a été surclassés. » Et Vincenzo de conclure : « Les Diables ont été piqués dans leur orgueil et ils voudront se montrer ! » Voilà qui devrait promettre deux belles rencontres.

Vincenzo Ciuro : « Petit, je commentais les matchs dans mon jardin »

A 39 ans, le nouveau chef des sports de RTL a déjà plus de quinze ans de carrière en tant que commentateur, sur les chaînes de Proximus TV et d’Eleven Sports. Une passion du foot qui remonte à son enfance. « J’ai joué de mes 6 ans à mes 22 ans. Mes premiers souvenirs, c’est la Coupe du monde en Italie. Je suis fan de foot depuis que je suis gamin. Tout petit, j’avais déjà l’habitude de commenter dans le jardin les matchs que je faisais avec mes cousins ou des copains. Et ça fait quinze ans que je vis de ma passion. J’ai réalisé mon rêve. » Un métier passion, mais très accaparant, notamment les soirs et les week-ends. « J’ai la chance d’avoir une épouse très compréhensive et qui m’a toujours soutenue depuis le début de ma carrière. C’est hyper-important, car ça implique des sacrifices sur la vie sociale et familiale. » Son rêve ultime ? « Commenter ne serait-ce qu’un match de Coupe du monde. Et encore mieux une finale avec la Belgique. Là, je pourrai mourir tranquille. (Rires.) »