Sortie du nucléaire: le réacteur nucléaire Doel 3 a été définitivement déconnecté du réseau à 21h31 ce vendredi soir

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Reuters

La centrale de 1.006 mégawatts (MW), installée en Région flamande sur les rives de l’Escaut près d’Anvers, a produit de l’électricité quatre décennies durant. Doel 3 est le premier réacteur à être mis à l’arrêt dans le cadre de la sortie de l’énergie nucléaire. La Belgique compte encore six réacteurs nucléaires en activité: trois autres à Doel (Flandre) et trois à Tihange (Wallonie).

Pendant ses 40 ans d’activité, Doel 3 a dû être fermé de manière inopinée pendant trois ans. En 2012, des «microfissures» avaient été découvertes dans les parois en acier des cuves des réacteurs de Doel 3 ainsi que de Tihange 2. Ce n’est qu’en 2015 que Doel 3 a été autorisé à redémarrer, après des enquêtes approfondies et le feu vert de l’organisme de surveillance nucléaire AFCN.

Bien que désormais débranché du réseau électrique, le réacteur ne sera pas déserté par ses travailleurs pour autant. 40 ans d’activité correspondent aux deux tiers de la durée de vie du site, puisqu’il reste du travail pour 17 à 19 ans sur place, a expliqué Peter Moens, directeur de la centrale nucléaire de Doel.

Dans les jours qui suivent l’arrêt du réacteur, tous ses câbles seront débranchés, les boulons du couvercle du réacteur seront dévissés et le réacteur sera ouvert. Commencera alors la phase d’arrêt, qui dure cinq ans. Les 157 éléments combustibles sont sortis du réacteur et placés dans des bassins de refroidissement, où ils doivent se refroidir sous l’eau pendant trois à cinq ans. Le combustible est ensuite placé dans des conteneurs spéciaux qui sont stockés sur le site de Doel en attendant le stockage souterrain définitif. La centrale est également décontaminée de toutes les particules radioactives pendant ces premières années. Cela se fait par un rinçage chimique des tuyaux.

Ce n’est qu’après cinq ans que le démantèlement du réacteur et la décontamination du reste des bâtiments commencent. Il faudra notamment découper les parties internes du réacteur. Un processus qui prendra encore au moins 10 à 12 ans, suivi de la démolition du reste des bâtiments.

Le démantèlement et le déclassement de Doel 3 représentent un coût d’environ un milliard d’euros, provenant des provisions nucléaires constituées par l’exploitant Engie Electrabel. Un montant total de 6,3 milliards d’euros est prévu pour le démantèlement des sept réacteurs de Doel et de Tihange.

Après le démantèlement complet de tous les réacteurs de Doel, il ne restera plus qu’un dépôt dans lequel le combustible nucléaire sera stocké en attendant son enfouissement définitif sous terre. Engie Electrabel part du principe que ces bâtiments seront encore là pendant 80 ans, soit jusqu’à 2100.

Les travailleurs de la centrale nucléaire ne seront certainement pas indifférents à l’arrêt de Doel 3, estime le directeur. Un hommage est prévu plus tard pour le personnel.

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