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EDITO – Italie: le péril du populisme menace l’Europe

Il faut toujours regarder la vie politique italienne comme un laboratoire où l’on teste les tendances futures de nos démocraties. Et que nous dit le scrutin de ce dimanche ? Que le péril du populisme menace désormais l’Europe entière.
Edito

Même si elle était largement annoncée, la victoire de l’extrême droite en Italie marque un tournant historique pour l’Europe et pour nos démocraties.

Bien entendu, le côté extrémiste de Giorgia Meloni et de son parti ont de quoi inquiéter. Un héritage fasciste jamais renié, une préférence catholique et nationale assumée et un schéma « famille-patrie-crucifix » qui se soucie peu des différences et des libertés fondamentales. Oui, c’est bien l’extrême droite qui a triomphé dimanche dans les urnes italiennes. Mais politiquement, c’est moins un simili-fascisme que l’avènement d’une nouvelle culture et d’une nouvelle vision de la démocratie. Il faut toujours regarder la vie politique italienne comme un laboratoire, comme une fashion week où l‘on présente et l’on teste les tendances futures de nos démocraties. Et que nous dit le scrutin de ce dimanche ? Que le péril du populisme menace désormais l’Europe entière. La victoire de Meloni est aussi celle des formations anti-système, comme le nouveau Mouvement 5 étoiles.

Aujourd’hui, tous ceux qui gouvernent, bien ou mal, sont sanctionnés par défaut. Tous ceux qui tentent des solutions raisonnables, nuancées, par nature complexes, deviennent inaudibles face aux populistes de tout poil, qui hurlent, utilisent les formules chocs et maquillent leur post-vérité. Aujourd’hui, nos démocraties sont menacées par ces formations et leaders qui pensent que des régimes plus forts, plus autocratiques, répondent mieux aux crises que nous traversons. Le péril populiste nous menace et seule une prise de conscience rapide du danger peut l’écarter. Aucune solution miracle n’existe. Mais nos gouvernants seraient bien inspirés de se préoccuper des vrais problèmes en oubliant les gadgets qui crispent les électeurs (l’écriture inclusive par exemple), en retournant sur le terrain et en excluant toute alliance avec les populistes. Car sans le soutien de Berlusconi, Meloni ne serait pas à la tête d’une puissance mondiale. Elle serait restée une Marine Le Pen italienne. Forte, mais hurlant ses slogans depuis les bancs de l’opposition.

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