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Georges Leekens: «N’en demandez pas trop à Eden Hazard»

Les deux matches contre le pays de Galles et aux Pays-Bas ont permis au Brainois de retrouver du temps de jeu, mais son manque d’impact dans le secteur offensif soulève certaines questions. A-t-il encore assez de souffle pour porter les Diables ?
Analyse

Les deux derniers rendez-vous du mois de septembre avant l’annonce de la liste des 26 qui iront au Qatar ont livré leur lot d’enseignements. Pour les ultimes rêveurs qui espèrent voir leur nom couché sur les petits papiers de Roberto Martinez, mais aussi pour ceux qui savent qu’ils feront quoi qu’il arrive partie du voyage. Comme la grande majorité du noyau des Diables, Eden Hazard sait que son sélectionneur ne le lâchera pas au dernier moment, que leur relation est plus forte que les mises sur le banc hebdomadaires à Madrid et que son talent, éternel celui-là, le fera toujours passer avant les autres. Un constat tuant presque dans l’œuf les nombreuses interrogations qu’ont soulevé ses prestations face au pays de Galles et aux Pays-Bas, avec une question que l’on ose à peine poser du bout des lèvres : Eden Hazard a-t-il encore sa place dans le onze de base de notre équipe nationale ?

1 Deux fois une heure de jeu, c’est le maximum qu’il peut fournir actuellement

Le sujet se veut forcément provocateur mais il fait sens après deux rencontres intenses à l’issue desquelles Eden Hazard n’a pas réussi à tirer son épingle du jeu, même si le plus important pour lui et pour le staff technique national ne résidait peut-être pas encore dans sa capacité à se montrer décisif. « On a besoin qu’il soit frais, qu’il ait des minutes dans les jambes donc on lui a donné du temps de jeu », répète Thierry Henry, plus que jamais sur la même longueur d’onde que Roberto Martinez. « Nous voulions qu’il joue à chaque fois plus d’une heure, c’est ce qu’il a fait », s’est réjoui le Catalan, heureux d’avoir pu offrir 65 et 64 minutes à son poulain.

Aujourd’hui, Eden Hazard n’est pas capable de tirer plus fort sur la corde. À l’Euro, l’avoir fait contre le Portugal l’a privé d’un quart de finale contre l’Italie, preuve que les limites de son corps sont désormais bien visibles. Il ne peut en être autrement lorsque vous jouez en quatre jours presque autant de minutes (129) qu’en deux mois de compétition avec le Real Madrid (158). « Je pense que Martinez a bien fait de le faire jouer, de lui accorder une place de titulaire, car cela envoie un message fort », souligne Georges Leekens, ancien coach du Brainois en sélection nationale. « Son sélectionneur ne le laisse pas tomber, c’est un bon exemple pour les autres. » Sauf, peut-être, pour ceux comme Leandro Trossard qui convoitent sa place sur le terrain avec le sentiment d’un combat perdu d’avance.

Peut-être Eden Hazard serait-il plus utile en sortie de banc, dans une dernière grosse demi-heure où sa fraîcheur et son talent useraient un peu mieux une défense affaiblie ? « Avant d’imaginer cela, il faut d’abord parler du niveau des autres joueurs. Avec Eden, on parle d’un joueur du top, d’un joueur au talent incomparable. C’est comme pour Debast, vous ne pouvez pas le comparer à Kompany, Alderweireld ou Vermaelen », tempère d’emblée Leekens, rappelant au passage qu’à Madrid, Hazard n’a jamais vraiment montré qu’il était capable d’agir comme un joker de luxe.

2 Sans son coup de rein fétiche, a-t-il encore sa place sur une aile ?

Avant d’être décisif, il faut aussi pouvoir se sentir bien et avoir l’impression de faire partie d’une équipe qui compte sur vous, comme les Diables rouges le transmettent à De Bruyne, systématiquement cherché et souvent trouvé dimanche à Amsterdam. « Contre les Pays-Bas, Eden avait toujours un homme collé à lui, comme Kevin (De Bruyne) et d’autres, ce qui a forcément compliqué son match », juge son partenaire Timothy Castagne. « Il n’a pas beaucoup joué récemment, ce n’est pas facile de revenir à son meilleur niveau si rapidement. Mais personnellement, j’ai vu de belles choses venant de sa part, notamment aux entraînements. »

Entre ce qu’il voit à Tubize et lors des rencontres officielles, Roberto Martinez semble ne pas vouloir faire de différence, préférant privilégier un Eden Hazard volontaire et en quête de temps de jeu plutôt que de sanctionner une inactivité qui condamnerait presque n’importe quel joueur. Aux Pays-Bas, dans une rencontre qui sentait bon le Mondial malgré un contexte très favorable aux Oranje (trois buts d’avance, devant leur public), le Brainois a tout de même peiné à faire parler ses qualités premières, à l’image de ce dribble manqué lors des premières minutes de jeu, comme s’il n’arrivait plus à faire peur à son adversaire direct. Est-il finalement encore à sa place, sur une aile où vitesse et percussion sont des atouts de base à avoir dans ses manches, lui dont le profil se rapproche de plus en plus d’un De Bruyne ? « Mais Eden Hazard a-t-il vraiment une position sur le terrain ? », nuance Georges Leekens. « Depuis toujours, Martinez tient à ce que ses joueurs, Eden et Kevin (De Bruyne) en l’occurrence, aient beaucoup de liberté(s) sur le terrain. Pourquoi faudrait-il que cela change ? »

3 Un but en trois ans, mais il se sent prêt à avoir un impact au Mondial

Peut-être parce qu’être un capitaine élégant et bourré de talent ne suffit forcément pas, Eden Hazard chasse, comme Lukaku et De Bruyne, les buts et les passes décisives. « Il est prêt pour avoir un impact à la Coupe du monde », assure Roberto Martinez, sans que l’on sache si cet impact se traduira par des chiffres. On veut en tout cas y croire.

Cependant, dans ce domaine, il faut reconnaître que le joueur du Real Madrid patine quelque peu. En 2022, Eden Hazard n’a délivré qu’une seule passe décisive en six matches de Ligue des Nations. Sur ses seize dernières capes, il n’a marqué qu’une seule fois et donné trois assists, alors que depuis début 2021 De Bruyne a été décisif à treize reprises (5 buts, 8 assists). Depuis sa blessure et l’année 2020 blanche, Hazard n’a plus cet impact tant recherché. « Il y a beaucoup de négatif autour des prestations d’Eden, mais je trouve que depuis qu’il est libéré de cette plaque qui handicapait sa cheville, il est bien mieux sur le terrain. Bien sûr, ce n’est pas encore le grand Eden, mais il faut savoir ce que l’on veut. Qu’il marque trois buts, qu’il délivre trois assists par match ? Il ne faut pas non plus en demander trop. » Georges Leekens persiste et signe, notamment sur la question de son éventuelle mise à l’écart, sur le banc, pour démarrer la Coupe du monde. « Personnellement, je reste assez positif avant le Mondial, je pense qu’Eden sera décisif. »

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